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Romaine Morard, notre Marie Drucker helvétique

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© https://www.facebook.com/romaine.morard

Mon enfance n’a rien de spectaculaire, elle est juste heureuse», s’excuse-t-elle, gênée. Comme s’il ne fallait que des drames comme on le voit au fil de l’actualité pour faire de bonnes histoires. Faux, les gens heureux ont aussi un parcours. Et s’ils sont épanouis, c’est parce qu’ils ont su transformer chaque opportunité en chance d’appréhender la vie du bon côté. Le bonheur ne vient-il pas de l’intérieur? Romaine Morard, journaliste et présentatrice trois fois par mois des journaux du week-end sur la RTS, appartient à cette catégorie-là. Elle est un peu notre Marie Drucker helvétique. Maman de Gaspard, 3 ans et demi, et de Jules, 1 an, elle vit à Lausanne, depuis 2011, avec son compagnon Philippe, qui travaille dans la politique. Comme elle bosse à Genève à 80% pour avoir un jour avec ses petits, sa semaine est un vrai marathon. Mais elle a appris à gérer le stress. Rien ne transparaît sur son visage radieux.

Elle arrive toute simple, en jeans, avec une écharpe bleue nouée autour du cou, cheveux bruns mi-longs, légèrement maquillée. Si naturelle qu’on a de la peine à reconnaître la femme-tronc de la télévision. Première poignée de main et premier échange de regard. Ses yeux revolver d’un bleu profond ne laissent personne indifférent.

Bavarde à l’école

«Le Valais est vital pour moi. Mes parents et mes grands-parents y habitent encore. J’y ai vécu jusqu’à mes 19 ans. Puis j’ai déménagé huit fois en dix ans, juste pour le boulot.» Si la journaliste a le sens de l’adaptation, elle sait où se trouvent ses racines. «Ma famille vient de là, alors que mes amis sont de partout.» Elle retourne souvent avec ses enfants à Ayent, situé à 1000 mètres d’altitude, entre Sion et Anzère. «Mon fils Gaspard a toujours hâte de déguster les jalousies aux pommes de son arrière-grand-maman de 85 ans!»

«La maison de mon enfance épouse la pente, avec un escalier incliné et des jardins autour. On habitait tout en haut. Comme c’est un immeuble locatif divisé en cinq familles, nous étions une bande de gosses du même âge qui allions à l’école ensemble. Ma sœur Delphine, trois ans de moins que moi, faisait partie des plus jeunes.» Elle égrène un chapelet de lieux mythiques qui constituaient son horizon: Crans-Montana, la Plaine-Morte et le Christ-Roi à Lens. «Je me souviens que mon grand-père m’a beaucoup parlé de la construction des barrages en Valais, parce qu’il était cuisinier sur les chantiers. Il faisait aussi les repas des kermesses religieuses, comme la Fête-Dieu.»

Contrairement à ses parents qui ne sont pas littéraires, elle dévore les livres. «J’ai lu les 900 pages d’«Autant en emporte le vent» à 14 ans.» La môme d’Ayent aime aussi sortir, faire la fête. «J’étais plutôt bonne élève. La seule note qui m’intéressait, c’était celle du comportement. Comme la maîtresse inscrivait souvent dans mon carnet «Romaine babille trop», mes parents exigeaient que je ne descende pas au-dessous de 5 sur 6. J’étais une bavarde!»

D’aussi loin qu’elle s’en rappelle, la petite Romaine n’était pas une fille turbulente. Peut-être un peu têtue, mais plutôt sage. «J’avais décoré ma chambre avec des posters de chanteurs italiens, comme Eros Ramazzotti. Et en 1987, pendant le championnat du monde, j’ai mis les photos des skieurs suisses!» Son père, Gaby, travaille dans les assurances. Mère au foyer, Josette se consacre à ses filles. «Elle nous préparait toujours nos récrés et nos quatre-heures. Cela ne s’oublie pas.» Quand Romaine a 13 ans, Josette s’est remise à travailler à temps partiel dans une banque. «C’était le genre à cuisiner le soir le repas de midi du lendemain! Mes parents m’ont transmis la responsabilité, le fait d’assumer ses choix et le sens de la famille. J’aimerais en faire autant avec mes enfants.»

L’Italie dans la peau

La journaliste reconnaît qu’elle est une épicurienne qui apprécie volontiers un bon verre de vin rouge. Méditerranéenne dans l’âme, elle craque pour l’italien. «J’ai toujours aimé les sonorités de cette langue, je l’ai apprise seule, par passion. L’Italie, c’est la mer, la culture, les saveurs, c’est aussi les vacances et l’été, ma saison préférée. Je n’ai aucun sens artistique – la déco, c’est mon mec – mais je connais par cœur tous les tubes des chanteurs transalpins, de Toto Cutugno à Gianna Nannini. D’ailleurs, je chante en italien avant de passer à l’antenne, pour me déstresser.»

Alors comment lui est venue la passion du journalisme? «Mes parents n’ont pas fait de grandes études et ne parlaient pas politique à la maison. Moi, j’ai toujours voulu être journaliste.» Elle l’a même écrit dans le livre de souvenirs d’un camarade: elle avait 8 ans. C’est en écoutant la radio depuis toute petite qu’elle s’est mise à rêver de voyages et de reportages. Accro à la voix qui parle dans le poste, elle ne manquait jamais les infos grâce à son radio-réveil. «Ado, même si je me couchais à 3 h 45 du matin, j’attendais le flash d’actualité de 4 heures sur la Radio suisse romande avant de m’endormir. Aujourd’hui, j’ai un poste dans chaque pièce à la maison. Quand j’allume l’interrupteur, la radio s’enclenche automatiquement à la salle de bains!»

Elle a hésité pourtant avec le droit avant d’entrer à l’université. «Je voulais défendre les gens. Le sens de la justice est profondément ancré en moi. J’ai finalement tenu à mon rêve d’enfant.» Licenciée en 2002 à l’Institut des Hautes Etudes internationales à Genève, elle fera bien entendu son stage de journaliste à la Radio romande. «Je n’ai pas de plan de carrière, j’y vais au plaisir. Mais je ne me vois pas devant la caméra dans dix ans. Ma vie d’avant n’est pas celle d’aujourd’hui, ni ne sera celle de demain.» On la sent solide tel un cep de vigne valaisan, mais elle révèle toute sa sensibilité dès qu’elle redevient maman: «Gaspard collectionne les superhéros. Moi, il m’appelle Elastigirl, une héroïne de dessin animé. Il croit même que j’ai des superpouvoirs!»

Questions d’enfance

Une odeur d’enfance Celle de l’herbe.

Un jouet fétiche Une poupée nommée Pamela. Ma mère regardait «Dallas» quand j’étais petite et l’avait nommée ainsi en souvenir de l’héroïne. Je lui tripotais tout le temps les cheveux avec mon index. Ce que mon fils Gaspard reproduit avec moi. Mais Pamela, qui est toujours là, lui fait peur!

Un dessert enchanteur La forêt-noire.

Mon bonbon préféré Je ne suis pas très bec à sucre. Mais je me souviens des tartines au pain de seigle, au beurre et à la confiture de fraises que ma mère me préparait pour la récré.

Mon premier livre J’ai lu très tôt énormément, notamment toute la série des «Alice» de la Bibliothèque verte.

Un légume détesté Je les aime tous. Je me souviens en particulier du bon goût des tomates qui poussaient dans les vignes.

Mes premières vacances En Italie! J’avais 6 ans et ma sœur Delphine 3. Nous, les enfants, on n’avait pas envie que nos parents nous fassent visiter Venise parce qu’on ne voulait pas manquer un jour à la mer, à Lido di Jesolo.

Pour chaque carnaval, sa mère confectionnait des costumes pour Romaine et sa sœur.
Vacances au Tessin: sa mère est enceinte de sa sœur.
Une photo que Romaine adore, prise dix jours après la naissance de son aîné.
En 2003, en vacances à Venise avec son amie Iris.

A lire aussi: Claire Chazal: une page se tourne

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