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On a bien failli la voir boxer des vampires et jouer la Lara Croft du bahut en guérilla permanente contre les forces du mal. Mais Katie Holmes a refusé le rôle ultracharismatique de Buffy, qu’on lui proposait en 1997, pour celui d’une ado mal dans sa peau, coincée depuis sa naissance à Capeside, une bourgade de province impossible à situer sur la carte. La trinité vestimentaire jeans/T-shirt/baskets, au lieu du bustier moulant de la chasseuse de monstres… Katie avait tout pour passer inaperçue à la télé. Raté. Dans la peau de Josephine «Joey» Potter, 15 ans selon le synopsis de «Dawson», 20 ans selon ses artères, elle a connu une ascension en mode trampoline.

Pourtant, aux commencements de la série, son personnage n’est pas parti pour crever l’écran. Joey Potter, jeune fille indépendante, peintre à ses heures et dessinatrice du dimanche, n’a réellement goûté à la saveur de la vie qu’avec son complice d’enfance, un certain Dawson, qu’elle rejoignent à coup de rames sur l’autre rive du lac. De l’amitié avant toute chose, saupoudrée d’un peu de sentiments. Loin d’une soufrière à la «Liaisons dangereuses». Mais c’était sans compter sur l’arrivée impromptue de Jennifer, sublime New-Yorkaise à brushing (Michelle Williams), à la fois plus sûre d’elle et tourmentée. Il n’en fallait pas plus pour que Dawson voie son cœur virer de bord. Et que la brochette d’ados s’engouffre dans un labyrinthe amoureux qui s’étendra de 1998 à 2003.

Revanche d’une timide

D’abord créditée à la suite de Michelle Williams au générique, Katie Holmes finit par gagner des galons et lui passe devant au bout de quelques saisons, son personnage étant quasi devenu l’héroïne principale de la série. Joey, qui a connu les splendeurs et les misères de l’amour passionnel avec Dawson, avant de rompre avec lui, va petit à petit trouver le chemin d’une relation moins destructrice et plus mature avec Pacey (Joshua Jackson). Ils se perdent de vue, avant de se remettre ensemble au bout d’un break de cinq ans.

Kleenex et rideau? Pas tout à fait. Car derrière le happy end de «Dawson» (certes pas happy pour tout le monde, puisque Jennifer décède d’une maladie) il y a une nouvelle route à suivre pour Katie Holmes: le cinéma. Aidée par son jeu d’actrice à fleur d’épiderme et sa plastique, plutôt à l’aise devant l’objectif (elle a débuté sa carrière comme mannequin), cette native de l’Ohio va d’abord enchaîner les rôles de lycéenne espiègle et émancipée, comme dans «Mrs. Tingle», où une mémorable scène d’amour achève de la consacrer sex-symbol de toute une génération. On la revoit ensuite aux côtés de Colin Farrell, en 2002, dans «Phone Game», maîtresse d’un golden boy de pacotille piégé dans une cabine téléphonique par un sniper. Dès 2005, la comédienne accède à un rang de célébrité inédit grâce à son rôle de Rachel Dawes dans «Batman Begins», un personnage créé de toutes pièces par le réalisateur Christopher Nolan, qui souhaite donner une amie d’enfance (l’effet «Dawson»?) au justicier Bruce Wayne. Côté carrière, tout semble alors possible pour Katie Holmes.

Oui mais… Prise dans le vertige d’une idylle soudaine avec Tom Cruise, voilà qu’elle épouse l’acteur de «Mission: Impossible» en 2006. Dès lors, sa filmographie prend des airs de désert de Gobi: un éloignement brutal des plateaux de tournage, dû à la naissance de leur petite Suri la même année au mois d’avril, mais également aux principes inflexibles de son scientologue de mari. Conséquence: la suite de «Batman» se fait sans elle, son nom étant remplacé au générique par celui de Maggie Gyllenhaal.

Comme une renaissance

Katie réapparaît en 2010 dans «Jack et Julie», une comédie potache où le parfois douteux Adam Sandler campe des jumeaux. Les critiques se font les dents sur Mme Cruise et la nomment au Golden Raspberry de la pire actrice quand, pendant ce temps, son époux plane sur les sommets via des films acclamés par la presse.


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La comédienne semble alors se fossiliser dans son dernier rôle: celui de la femme de, jouant la maman au foyer vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Jusqu’au séisme survenu en 2012. Un divorce express, dont elle sort avec la garde exclusive de Suri, peut-être pour préserver l’enfant de l’influence de l’Eglise de scientologie, dont les membres seraient devenus de plus en plus collants. On la revoit sur les écrans avec plusieurs films très différents. Elle pose topless en couverture du «Glamour» US en 2014, comme ultime étape de sa libération. Sur le plan sentimental, il y a aussi du neuf: elle serait dans les bras de Jamie Foxx, à qui elle aurait dit oui en catimini.

Cette fois, même folle amoureuse, la Joey de Capeside a mûri: elle sait avancer sans se noyer dans l’ombre de son «crush».

Katie Holmes

1978 Naissance à Toledo, dans l’Ohio, Etats-Unis. Sa mère est décoratrice, son père avocat.

1998 Début de la série «Dawson», qui rencontre un immense succès.

2012 Elle divorce de Tom Cruise, après six ans de mariage.

Et les autres que sont-ils devenus?

James Van Der Beek Le fameux Dawson qui prête son patronyme au titre de la série, c’était lui. Une mise en majesté qui n’a cependant pas beaucoup aidé le comédien à garder une vitesse de croisière après l’ultime saison. Malgré sa prestation remarquée, en 2002, dans «Les lois de l’attraction», film adapté d’une œuvre de l’auteur culte Bret Easton Ellis, l’Américain peine à marquer le grand écran. Il collectionne les bides en 16/9, se lance dans une série médicale, qui fait finalement un flop, avant de s’imposer au casting de «CSI: Cyber», dont la première saison débute en 2015.

Michelle Williams De tous les acteurs de Dawson, c’est sans doute la seule à être devenue une véritable étoile à Hollywood. Sa recette miracle? Contrairement à ses camarades de Capeside, elle a su éviter les ornières du cinéma bas de gamme, préférant fréquenter l’univers des réalisateurs indépendants. Elle est bouleversante de vérité dans «Blue Valentine», aux côtés d’un Ryan Gosling déjà sur les starting-blocks de la sexytude, en 2010. Une porte royale pour les blockbusters de qualité, tels «Shutter Island» de Scorcese ou «My Week with Marilyn», biopic qui la consacre star.

Joshua Jackson Le Pacey impulsif de Dawson a bien mûri. Dans la série «Fringe» (2008-2013), le chouchou des critiques interprète Peter Bishop, un génie éloigné des sentiers battus, intégrant une section du FBI dédiée aux phénomènes paranormaux. Sa sobriété, sa retenue constrastent avec l’excentricité de l’Australien John Noble, qui joue son père, tout juste sorti de l’hôpital psychiatrique. On l’a aussi aperçu dans «Ocean’s Eleven», affrontant George Clooney et Brad Pitt au poker, et dans la série «The Affair». Il est un abonné des rubriques people depuis qu’il s’affiche avec Diane Kruger, rencontrée en 2006.

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Les acteurs de Dawson: de gauche à droite, les principaux protagonistes des rebondissements sentimentaux de Capeside: Michelle Williams, James Van Der Beek, Joshua Jackson et Katie Holmes.

© Getty Images
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De retour sous les projecteurs, Katie Holmes, libre, sûre d’elle, plutôt rebelle, pose les bases d’une probable seconde carrière, post-Cruise. A quand une nouvelle fiction culte?

© WireImage
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Katie Holmes en compagnie de Tom Cruise en février 2012. Durant les dernières années de leur union, leurs apparitions ensemble se font rares.

© Getty Images
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Surprise par un paparazzi avec sa fille Suri, née en 2006. Avec son style étudié, la petite Cruise est rapidement devenue une it girl en dépit de son âge.

© FilmMagic

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