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    Critique: «Interstellar», le dernier film de Christopher Nolan

    Avec un casting de rêve (Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Jessica Chastain, Matt Damon…), «Interstellar» met la barre très haut dans la catégorie «films apocalyptiques à haut potentiel émotionnel»..

    Publié le 
    4 Novembre 2014
     par 
    Muriel Risse

    Joseph Cooper (Matthew McConaughey), son beau-père (John Lithgow) et ses deux enfants, Tom et Murphy, vivent dans une ferme située dans le Midwest des Etats-Unis. Ex-ingénieur spatial, Cooper a dû se reconvertir en paysan pour subvenir aux besoins de sa famille. Il cultive la dernière céréale qui ne rouille pas encore sur Terre: le maïs. Tous vivent dans un monde recouvert de poussière et les tempêtes sont fréquentes.

    Une relation très spéciale lie Murph, une petite fille de 10 ans, et son père. Tous deux se passionnent pour l’espace et les chiffres. Grâce au coup de pouce d’un «fantôme», Murph parvient à décrypter des coordonnées qui les conduiront au siège de la Nasa. Cooper se laisse alors enrôler dans une mission destinée à trouver une autre planète viable pour les habitants de ce monde, car comme l’affirme l’un des chercheurs: «Nous sommes nés sur Terre, rien ne nous oblige à y mourir.»

    Réalité scientifique à repenser

    Malgré ses 170 minutes affichées au compteur, le long-métrage ne souffre d’aucunes longueurs. Les images de la galaxie sont à couper le souffle et nous rappellent la poésie de «Gravity». Néanmoins, la patte de Christopher Nolan est tout à fait perceptible: les lois physiques telles la gravité sont repensées, les univers se déforment, l’espace-temps devient un réel concept à l’instar de ce que l’on pouvait déjà constater dans «Inception». Les scientifiques bornées risquent de ne guère apprécier la liberté prise avec certaines théories comme la physique quantique, mais tous les autres succomberont à coup sûr au lyrisme nolanien.

    Côté timing, «Interstellar» ne pouvait tomber plus juste. Dans un rapport rendu public le dimanche 2 novembre 2014, le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a, une nouvelle fois, fais part de ses inquiétudes concernant le réchauffement climatique de notre planète. Le monde de Cooper est envahi par la poussière, alors que le nôtre se retrouve inondé et de plus en plus soumis à des phénomènes naturels extrêmes. «Interstellar» peut probablement également se lire comme une fable, une allégorie de ce qui nous attend si l’homme ne remet pas en question sa manière d’agir et de consommer.

    Des acteurs au sommet de leur art

    Enfin, le remarquable jeu des comédiens est à souligner. Matthew McConaughey, parfait dans le rôle d’un homme frustré par ce que la Terre a fait de lui, est à des années-lumière des films de bas étage qui ont composé le début de sa carrière («Un mariage trop parfait», «Comment se faire larguer en 10 leçons», «Playboy à saisir», «Hanté par ses ex», etc.). Anne Hathaway (Dr Amelia Brand) et Jessica Chastain (Murphy adulte) sont tout aussi remarquables. Elles nous éblouissent par la lumière qu’elles parviennent à dégager, leur beauté naturelle, leurs troubles émotionnels. Bref: un casting 5 étoiles pour un film qui n’en compte pas moins. Et ne vous étonnez pas si, vous aussi, vous scrutez le ciel à la recherche d’autres planètes une fois la porte du cinéma refermée.

     

     

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