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L'émotion de Roger Federer: «Le conte de fées continue, c'est incroyable!»

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«Parfois, la nervosité vous gagne d'un coup et je réalise que je peux perdre ce match. Je dois encore apprendre à mieux dominer ces émotions: si j'ai perdu le deuxième set, c'est à cause des nerfs.»

© Getty

«C'est incroyable» répète Roger Federer, lors de son «winning speech», prononcé le 28 janvier 2018 à Melbourne. Cette phrase semble résumer parfaitement son état d'esprit, après les cinq sets décisifs qui l'ont propulsé sur le podium de l'Open d'Australie: il a du mal à y croire. Et pourtant, le record est établi, sous les yeux ébahis de ceux qui évoquaient déjà sa retraite: le bâlois de 36 ans vient de remporter son 20e sacre en Grand Chelem.

Même ceux que le tennis laisse indifférents sont contaminés par l'effet Roger, tandis que ceux qui daignent demander ce qu'est un «Grand Slam» ressentent aussi toute l'importance de cette première. Roger Federer vient d'écrire une nouvelle page de l'Histoire, celle qu'il nomme lui-même son «conte de fées». A présent, le qualifier de «légende» tient de l'euphémisme. Toutefois, après tant d'années et tant de victoires, il s'étonne encore, s'émeut toujours de ses réussites, ainsi que le soulignent les commentateurs du match, en s'apercevant combien il est difficile pour le champion de retenir ses larmes, à la suite du set final. Au moment de remercier son équipe lors de son discours, sa voix se brise: Roger est épuisé. Il vient de passer la journée à cogiter nerveusement, en attendant la finale, laquelle n'a pu avoir lieu qu'en soirée, en raison du décalage horaire. «Je voulais juste que cela se finisse», ajoute-t-il, s'agrippant fermement à l'énorme trophée, le «Norman Brookes Challenge Cup».

Plus tard, une fois ses larmes essuyées, il débute le traditionnel marathon d'interviews, face à la presse internationale qui, comme lui, a du mal à s'en remettre. Plus lucide, il avoue ne pas toujours parvenir à maîtriser son stress:

«Parfois, la nervosité vous gagne d'un coup, et je réalise que je peux perdre ce match. Je dois encore apprendre à mieux dominer ces émotions: si j'ai perdu le deuxième set, c'est à cause des nerfs.»

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«Sans le soutien de Mirka, j'aurais arrêté le tennis depuis des années»

Comme à son habitude, Roger ne manque pas de se répandre en remerciements, dont la sincérité nous trouble toujours. En plus des hommages adressés à sa femme (cette héroïne! A la place de Mirka, on se serait certainement évanouies dans les gradins...), et à toute l'équipe rassemblée sur place, il s'est également tourné vers son public, lequel a retenu sa respiration durant tout le match, que ce soit en direct ou face à l'écran:

«A vous, vous qui remplissez les stades, vous qui me rendez nerveux et qui me motivez à aller m’entraîner, merci à vous.»

Une fois la nouvelle quelque peu digérée, Roger reprend ses attachantes habitudes de Twitter-addict: à ses fans encore éberlués, il montre les aventures de «Norman», son trophée, qu'il trimballe partout avec lui, et qu'il évoque comme s'il s'agissait d'un nouvel ami, ou d'un gentil animal de compagnie, dont la garde a été bien durement obtenue.

Sur la Toile, les messages de félicitations pleuvent, les memes naissent, les GIFS s'enchaînent, et l'incroyable histoire se poursuit. Que les fans soient étonnés, incrédules, immensément fiers ou déjà inquiets de savoir si leur champion sera de retour à Melbourne en 2019, ils se rassemblent au moins sur une même conviction: rien ni personne n'arrêtera Roger.

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