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    Sondage: 90% des Suisses ne se sentent pas épanouis

    Selon une enquête menée par l’Institut de recherche Sotomo, et publiée le vendredi 27 octobre 2017, une désolante majorité de Suisses ne disposerait pas de suffisamment de temps libre pour se consacrer à des activités épanouissantes. Deux tiers des adultes interrogés déplorent également un haut niveau de stress, dont souffrent en particulier les femmes. 

    Publié le 
    30 Octobre 2017
     par 
    Ellen De Meester

    Réalisé au moyen d'un questionnaire soumis à 7958 personnes, le sondage de Sotomo met en évidence une désolante réalité: neuf Suisses sur dix estiment que leur activité professionnelle leur dérobe bien trop souvent des moments qu'ils voudraient dédier à leurs loisirs et à leur vie privée. Ainsi, 52% d'entre eux rêvent secrètement de voir leur taux d'occupation se réduire, afin de pouvoir consacrer davantage de temps à voyager et à profiter de leurs proches.

    De même, la moitié des sondés affirment être contraints de renoncer au sport, par manque de cases vierges dans leurs agendas toujours remplis. «Presque aussi souvent, les Suisses n’ont pas le temps qu’ils souhaiteraient avoir pour s’occuper de leurs amis (48%) ou se détendre (47%)», indique l'enquête, dont la suite des résultats ne sont pas pour nous réjouir: en moyenne, nous disposerions de seulement 5 heures de temps libre par jour, pour manger et pratiquer nos loisirs. Selon une auto-évaluation des sondés, le reste de la journée serait composée de 8 heures de travail, 7 heures et 18 minutes de sommeil, ainsi que de 3 heures dédiées à la paperasse et aux corvées ménagères. 

    Ces chiffres s'accompagnent malheureusement d'un sentiment de regret, qu'éprouveraient de nombreux Helvètes: 52% des adultes interrogés poseraient un regard impregné d'insatisfaction sur leur vie, avouant qu'ils auraient voulu explorer davantage le monde, et «vivre plus d'aventures».

     

     

     

    Un manque de moments à deux

    Les couples ayant eu des enfants vivent une situation légèrement différente, dans la mesure où la pénurie de temps se pourvoit d'un facteur supplémentaire: 54% d’entre eux déclarent ne pas disposer de suffisamment de temps libre pour profiter de moments d’intimité avec  leur conjoint. Pour les duos sans enfants, ce pourcentage se réduit à 36%. 

    Toutefois, les familles se plaignent moins souvent de ne pas réussir à prendre leurs repas à des horaires réguliers: les enfants structurent le quotidien, et leur présence semble aider leurs parents à organiser la journée d'une façon plus ordonnée. 

    Un haut niveau de stress

    Pour beaucoup de Suisses, il n’est pas facile de concilier les différents domaines de vie pour des raisons de temps, précise l'enquête. Moins d’un tiers des adultes se sent rarement ou jamais stressé au quotidien, à cause  d’un manque de temps. Près de la moitié d’entre eux se sentent parfois stressés et 30% environ sont souvent ou presque toujours sous l’emprise du stress.

    Autrement dit, deux tiers des adultes se sentent régulièrement stressés (et pourtant, Berne avait été votée ville la moins stressante au monde, en septembre 2017!). 

    De plus, il semblerait que les femmes en souffrent davantage que les hommes, dans la mesure où elles se chargent davantage des tâches ménagères: 35% d’entre elles se disent souvent ou toujours dans un état de stress, contre un quart des hommes.

     

     

     

    En Suisse, les principales sources de stress (en dehors du travail) comptent notamment le ménage et la paperasse (en première position!), les situations où le travail empiète sur le temps libre, les besoins des enfants, la consommation de médias, les besoins du partenaire et l'utilisation des réseaux sociaux. 

    Pour terminer sur une note légèrement plus positive, l'étude révèle aussi que les Romands trouvent tout de même davantage le temps de festoyer que leurs voisins: ils sortiraient en moyenne 2,8 soirs par semaine, contre 2,1 soirs pour les Suisses alémaniques.


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