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L'édito

L'édito de Sonia Arnal: Langueurs de piscine et souvenirs d’enfance

Langueurs de piscine et souvenirs d’enfance

«Maintenant, les vacances finissent en un instant, on passe du 21 juin à la rentrée d’août en un jour et la pelouse que l’on croyait immense mesure en vrai 40 mètres.»

© Ludovic Andral

Les dalles irrégulières et froides sous les pieds nus quand on passait le couvert de buis pour s’installer près de la pataugeoire, à l’ombre. Les moineaux qui s’approchaient de plus en plus près quand nous étions étendus sur les linges, dans l’espoir de grappiller quelques miettes des sandwiches – petit pain mou et Parfait, ou salami, toujours les mêmes – du pique-nique. La glace qu’on essayait de soutirer aux parents, moi une Winnetou pour ses belles couleurs, ma sœur une Pralinato, à cause du chocolat; elle était plus chère, les négociations étaient tendues.

Ce temps si relatif

La distance entre notre camp de base et la grande, la piscine profonde pour ceux qui savaient nager, était incommensurable. Il fallait traverser une pelouse pour aller de l’une à l’autre, un no man’s land qui semblait interminable, nous courions, marchant sur les trèfles et parfois les abeilles, pour enfin nous jeter dans l’eau dont, même bleus, nous ne ressortions pas.

Ça, c’était l’été d’avant, celui de l’enfance, où le temps durait très longtemps et l’espace s’étirait. On avait l’impression d’une répétition infinie des mêmes jours; les vacances, c’était au moins deux ans. Maintenant, elles finissent en un instant, on passe du 21 juin à la rentrée d’août en un jour et la pelouse que l’on croyait immense mesure en vrai 40 mètres – on le sait, on y est retourné avec les enfants.

Tout s’accélère et tout s’est rabougri – sauf le prix des glaces.

Mais ce n’est pas grave, parce que l’été, c’est des dizaines de madeleines de Proust qui nous saisissent quand on s’y attend le moins. Longer une piscine publique, sentir l’odeur qui s’en échappe, celle de la crème solaire Piz Buin qu’on mettait tous et se retrouver projeté d’un seul coup sur le plongeoir des 5 mètres. Remanger une Winnetou et, dans l’instant, être à nouveau couché sur le linge bleu avec oreiller gonflable incorporé qu’on a traîné au moins 12 ans.

Fouler des dalles froides et inégales et sentir dans sa main les fameuses sandalettes rouges, qu’on a traînées un moment aussi. Et c’est un beau moyen de faire, de nouveau, durer tous nos étés très longtemps. Profitez bien du vôtre!

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