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Du silence S.V.P!

L'édito de Sonia Arnal: A bout de souffle

L’édito de Sonia Arnal: Mes nuits fauves… (merci mon chat!)

Vingt minutes plus tard, je croisais le même spécimen dans sa version bien vaudoise. Ici aussi ça batoille via l’iPhone au sujet de l’apéro rapicolant de tout à l’heure avec ce toyet d’Alain.

© Ludovic Andral

Avant, quand on courait au bord du lac, on entendait le silence des autres coureurs, le raclement de leurs chaussures qui s’usaient sur le béton et, au printemps, le souffle court, voire l’asphyxie, de ceux qui venaient de décider de se reprendre en main.

Mes préférés, les quadras qui, en jouant au foot avec leur fils, découvrent un samedi matin qu’ils n’arrivent plus à courir 15 mètres derrière un ballon. On les reconnaît au bruit, donc, ce râle d’agonie caractéristique, mais aussi au fait qu’ils sont boudinés dans leur short, désormais trop petit, qu’ils ont ressorti du placard où il dormait depuis 15 ans, et à la couleur rouge vif de leur visage. Eh oui! ils sont partis au rythme qui était le leur quand ils avaient 20 ans et c’était pas une bonne idée, se rendent-ils compte après 1500 mètres.

Ça c’était avant, donc. Avant que nos écouteurs de smartphone fassent aussi micro et que les gens se mettent à… téléphoner en faisant leur footing. On a déjà droit au management façon mâle alpha des businessmen dans le train, ces types qui aboient sur leurs collaborateurs pour montrer à tous les voyageurs qu’ils en ont.

Du bavardage non stop

On n’échappe pas non plus aux disputes conjugales, aux listes de courses ou au débriefing de la soirée pendant laquelle Anne a dit à Paul que Michel avait dit de Laura etc.

Voilà maintenant qu’on est poursuivis jusqu’au bord de l’eau ou au fond du Jorat par des téléphoneurs compulsifs.

J’ai croisé la première un jour de semaine, manifestement une expat de multinationale, qui faisait l’étalage pour son interlocutrice de toute la gamme des émotions qu’elle vivait en Suisse avec cet enthousiasme dans l’expression de la joie et de la béatitude optimiste que seules les Américaines maîtrisent.

Je me suis dit que c’était une exception culturelle, un moment unique que je n’aurais plus jamais l’occasion de revivre, mais pas du tout. Vingt minutes plus tard, je croisais le même spécimen dans sa version bien vaudoise. Ici aussi ça batoille via l’iPhone au sujet de l’apéro rapicolant de tout à l’heure avec ce toyet d’Alain.

Mais à quoi ça sert qu’on se tue à vous dire dans Femina qu’il faut se déconnecter régulièrement et renouer avec la nature, les arbres, le lac, les mouettes, tout ça, pour aller mieux et se sentir revivre, hein? Rendez-moi mon silence à peine troublé par le râle des quadras au bout du rouleau!

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