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L'édito de Géraldine Savary: «Sous les pulls, les grenades»

Geraldine savary edito

«Personnalités connues, manifestantes féministes, infirmières, enseignantes, serveuses, artistes… de plus en plus de femmes libèrent leur poitrine. Certaines ont pris la décision par conviction, considérant que le haut de leur corps n’a pas à être transformé par un Wonderbra, d’autres simplement parce que c’est plus confortable.» - Géraldine Savary

© Anoush Abrar

En 1889, Herminie Cadolle, ouvrière, féministe, communarde, présente le premier soutien-gorge à l’Exposition universelle de Paris, à côté de Louis Eiffel et de sa tour. Armature pour armature, l’invention est sans doute un bien plus grand pas pour l’humanité, en particulier pour la partie qui étouffait sous les corsets. Plus d’un siècle plus tard, la poitrine d’Angela Merkel s’affiche dans une soirée et fait la une des médias du monde entier. «Wieviel Dekolleté darf eine Kanzlerin zeigen?» titre le journal Die Welt. En 2013, la présentatrice du JT de TF1, Anne-Claire Coudray, doit s’excuser pour avoir laissé deviner la forme de ses seins, dans un haut de cuir moulant.

Elles ont abandonné le soutien-gorge

«Plus jamais ça», clame aujourd’hui l’actrice Gillian Anderson en lâchant définitivement son soutien-gorge. Personnalités connues, manifestantes féministes, infirmières, enseignantes, serveuses, artistes… de plus en plus de femmes libèrent leur poitrine.

Certaines ont pris la décision par conviction, considérant que le haut de leur corps n’a pas à être transformé par un Wonderbra, d’autres simplement parce que c’est plus confortable. La science leur donne raison, ayant conclu dans une récente étude que le port du soutien-gorge n’a aucun effet sur la tenue et l’élasticité des seins.

Alors finies les bretelles qui vous trouent l’épaule et le porte-monnaie, finies les baleines qui serrent vos côtes, finis ces coussinets qui font de vos seins des produits uniformément ronds, lisses et artificiellement perchés? On vote pour, parce que le mouvement No Bra s’affiche comme une nouvelle «décorsettisation» du buste féminin. A nouveau les poitrines ont toutes les tailles, tous les âges, toutes les vies.

Les femmes qui ont brûlé leur soutien-gorge racontent à quel point elles se sentent bien, qu’elles ont l’impression de fendre l’air comme si elles nageaient dans la mer. Mais admettons aussi que ce n’est pas offert à tout le monde. Difficile de laisser flotter ses seins quand ils ont du volume, difficile d’abandonner les armatures quand le monde du travail impose ses (bêtes) règles, difficile aussi de revendiquer son corps quand il se fatigue.

Les freins à l’abandon du soutien-gorge restent nombreux, ils sont d’ordre esthétique, physique, social. Et personnel aussi. On a toujours le droit d’aimer les jolies dentelles et les balconnets impertinents. Une chose est sûre. Vos tétons vous appartiennent.

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