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L'édito de Géraldine Savary: «Sortir en boîte sans GHB»

Geraldine savary edito

«On conseille aux femmes de ne pas rentrer toutes seules, de faire de la boxe pour esquiver les agressions, de cacher un spray au poivre dans leur sac, on leur apprend à se défendre. Des applis proposent des codes d’alerte en cas de menace comme si sortir en boîte équivalait à jouer à l’espion pendant la guerre froide.» - Géraldine Savary

© Anoush Abrar

Légendes urbaines? Exagérations? Phénomènes de réseaux sociaux? La publication de cas de personnes victimes du GHB se répand comme une traînée de poudre. Des filles se repassent des histoires racontées sur Instagram évoquant des soirées qui se transforment en trou noir et des matins en cauchemars. En Suisse, des femmes se plaignent d’avoir été droguées sans leur consentement, se retrouvant à moitié conscientes, vomissant leurs tripes et leurs angoisses. En cause, le GHB, une substance qui peut être glissée dans un verre sans être repérée. Elle provoque un état comateux, une léthargie, des malaises, bref des symptômes proches de l’ivresse. Difficile à détecter, parfait pour culpabiliser. C’est de ma faute, se disent ces jeunes filles. Je n’aurais pas dû traîner si tard, j’ai trop bu, je me suis mal comportée. Seules trois plaintes pour intoxication au GHB ont été déposées en Suisse romande jusqu’à maintenant selon Le Matin Dimanche (28 novembre 2021). La réalité pénale ne représente vraisemblablement pas le nombre de cas réels.

En attendant d’être au clair quant aux moyens de détecter la drogue et de pouvoir accompagner les victimes tant du point de vue sanitaire que judiciaire et social, la responsabilité des clubs est engagée. Ils doivent s’assurer de la sécurité de leur clientèle et prendre toutes les mesures pour éviter que les pistes de danse ne se transforment en terrain de chasse.

Changement de discours

Enfin, la société doit changer de regard et de discours. Ce n’est pas aux femmes de faire attention (est-ce qu’on dirait à un piéton qui se fait renverser par une voiture sur un passage clouté qu’il aurait dû rester à la maison?), de se protéger ou de vivre en état de stress quand elles ont envie de s’amuser. On leur conseille de ne pas rentrer toute seule, de faire de la boxe pour esquiver les agressions, de cacher un spray au poivre dans leur sac, on leur apprend à se défendre. Des applis proposent des codes d’alerte en cas de menace comme si sortir en boîte équivalait à jouer à l’espion pendant la guerre froide. Et si on investissait toute cette énergie dépensée pour dire aux femmes comment ne pas se retrouver victimes, à faire comprendre aux hommes comment se comporter correctement?

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