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Seule, et oui!

L’édito de Géraldine Savary: «Sainte Catherine ou Saint Valentin»?

Geraldine savary edito

«La fête de l’amour n’est pas exempte non plus d’obligations de service», rappelle Géraldine Savary.

© Anoush Abrar

Il y a quelque temps, je passais trois semaines à Berlin, complètement seule pour la première fois de ma vie. Trop court pour souffrir du sentiment d’abandon, mais assez long pour constater la difficulté de manger en tête à tête avec soi-même, la condescendance de ceux qui vous observent en douce et la quasi-impossibilité de boire un cocktail dans un bar sans avoir l’air d’une abandonnée de la vie en quête désespérée de compagnie. Une amie à qui je racontais l’expérience m’a dit:

«Essaie le verre de rouge, ça fait poétesse.»

Solitaire sans souffrir de solitude

Joli stratagème pour éviter les jugements. Car il en faut, à lire le dossier que Geneviève Comby consacre dans ce numéro au célibat et aux regards souvent désapprobateurs qu’il fait naître. Toutes ces saintes Catherine assumées racontent pourtant l’envie de se retrouver elles-mêmes, d’avoir «une chambre à soi», de renoncer provisoirement à la quête d’un ou d’une partenaire; elles revendiquent le besoin du temps long, d’un itinéraire personnel résistant aux impatiences sociales ou familiales. Histoire de montrer qu’on peut être solitaire sans se sentir seule pour autant. Parfois, la nécessité a eu valeur de loi (divorce, rupture, séparation), parfois aussi de ces périodes difficiles, l’envie de liberté s’est enracinée.

On vous en parle donc dans ce numéro, le jour de la Saint-Valentin, comme un pied de nez aux injonctions. La fête de l’amour n’est pas exempte non plus d’obligations de service. Importée des Etats-Unis, comme le Black Friday ou la nuit d’Halloween, elle convulse, dans la même dévotion, la fièvre de consommation et les grands sentiments. Encore une fois, les interdits d’assumer pullulent.

Vous aimez? Vous êtes vendue au grand méchant d’outre-Atlantique. Vous détestez? Vous êtes rebelle au romantisme.

Dans une époque où les baisers s’égarent, privés de destination, et où les individus se confinent par obligation, il n’est pas inutile de rappeler que la beauté des rencontres n’est pas incompatible avec celle des impérieuses solitudes.

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