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L'édito

L'édito de Géraldine Savary: «Infirmières québécoises, merci!»

Geraldine savary edito

«J'aime les infirmières canadiennes. J’aime leur forfanterie verbale, presque aussi efficace qu’un calmant, qui égaie le vert fade des chambres. J’aime leurs mots gentils quand vous échouez dans la cafétéria d’un hôpital le dimanche, qu’il fait beau dehors et que vous êtes pétrie par l’angoisse.»

© Anoush Abrar

L’accent du Québec, ce n’est pas seulement Céline Dion, dans deux ans, à Nyon. L’accent du Québec résonne aussi dans nos oreilles quand nous franchissons les portes d’un hôpital. A chaque fois qu’on souffre de grandes douleurs ou de petits bobos, il y a presque toujours, pas loin, une infirmière canadienne. Que serait la vaccination scolaire si elles n’avaient pas murmuré quelques encouragements à nos côtés, comment survit-on à une ablation des amygdales sans elles qui nous amènent des glaces à la vanille pour apaiser notre gorge? Et ce sont les premières voix qu’on entend au sortir d’une longue anesthésie et qui nous confirment qu’on a dérivé à gauche de Montréal plutôt qu’à la droite de Dieu.

J’aime les infirmières canadiennes. Je les ai aimées dans tous les établissements hospitaliers où je suis allée.

J’aime leur forfanterie verbale, presque aussi efficace qu’un calmant, qui égaie le vert fade des chambres. J’aime leurs mots gentils quand vous échouez dans la cafétéria d’un hôpital le dimanche, qu’il fait beau dehors et que vous êtes pétrie par l’angoisse. J’aime leur professionnalisme enjoué, parfois un peu brusque. J’ai toujours été reconnaissante qu’elles aient traversé l’Atlantique pour me soigner, pour accompagner mes proches malades, pour guérir mes enfants.

Injustice

Aujourd’hui, une ordonnance fédérale concoctée par une administration bernoise – et, faisons l’hypothèse, plutôt alémanique – remet en cause leurs compétences et considère que ne valent plus ni leur diplôme ni leur expérience. La Suisse romande est allée les chercher, elles ont quitté leur pays, leur famille, elles sont installées dans nos régions depuis presque trente ans, elles hantent les couloirs des hôpitaux, les salles d’opération, elles ont nettoyé nos peaux fiévreuses, posé leurs mains sur notre front, nettoyé nos larmes et notre vomi. Elles ont travaillé à triple comme tout le personnel infirmier pendant la crise sanitaire et voilà qu’aujourd’hui, on décrète qu’elles doivent soit se déclasser, soit se former. Tabernacle, il est des décisions politiques aussi injustes qu’une sale maladie. 

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