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L'édito de Géraldine Savary: «Des médailles et des revers»

Geraldine savary edito poésie ode aux alexandrins

«Ce dimanche de fin de Jeux olympiques d’hiver, on rend hommage à nos sportives, en sachant qu’il faut apprivoiser beaucoup d’ombres pour arracher la lumière.» - Géraldine Savary

© ANOUSH ABRAR

Sur les podiums des Jeux olympiques d’hiver, les médailles se multiplient pour les sportives suisses. Lara Gut-Behrami, Michelle Gisin, Wendy Holdener, Corinne Suter, Mathilde Gremaud ont triomphé. Elles se parent d’or, de bronze et d’argent, dévalant les pentes en portant leurs rêves de victoire. Les nôtres aussi. Il y a quelque chose de libératoire à voir ces chevelures flotter au vent sur le blanc artificiel de la neige de Pékin et ces bras qui se dressent à l’arrivée de la course. À sourire de leur sourire d’adolescentes, à admirer leur maturité de femmes qui ont bravé des centaines d’années d’obstacles.

Car ces récompenses ne viennent pas de nulle part, elles ne doivent pas occulter la dureté des carrières sportives pour les femmes qui s’y sont engagées. On devine dans les épaules frêles de la patineuse russe Kamila Valieva les sacrifices consentis, alors qu’elle n’a que 15 ans, la pression physique et psychologique subie. Combien de larmes, de sevrage alimentaire, de douleurs et de blessures en tous genres ces jeunes femmes ont-elles endurés pour arriver au sommet?

Plus généralement, les performances sportives ne font pas toujours bon ménage avec les parcours féminins. Parfois la puberté signe le coup d’arrêt des ambitions de certaines athlètes qui ont pourtant passé leur enfance à s’entraîner, les changements hormonaux agissent sur la masse corporelle, le développement des muscles et des organes; le cycle des règles affecte les capacités physiques. Et comment mener grossesse et carrière de haut niveau?

«Là je n’y arrive plus»

Et puis, il arrive que performance sportive et contingences physiques deviennent inconciliables. Marta Peiró Giménez, joueuse professionnelle au sein du Servette FC Chênois, dont on peut lire l’interview dans le numéro du jour (et le 21 février 2022 en ligne), a annoncé qu’elle se retirait provisoirement du football parce qu’elle souffre d’endométriose, une maladie difficilement diagnostiquée et dont on découvre progressivement les effets. Règles ultra-abondantes et longues, nausées régulières, douleurs à l’estomac… Impossible de continuer à s’entraîner et à jouer.

Et les traitements, puissants, altèrent tout autant ses capacités. «Quand tu es footballeuse professionnelle, dit Marta, tu pousses ton corps à ses limites chaque jour. Là je n’y arrive plus.» Ce dimanche de fin de Jeux olympiques d’hiver, on rend donc hommage à nos sportives, en sachant qu’il faut apprivoiser beaucoup d’ombres pour arracher la lumière.

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