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Elle a un nom qui fait tilt: Chaplin. Et a dû se construire un prénom: Laura. Etre petite-fille de Charlie Chaplin est un héritage magnifique, mais parfois lourd à porter. «Les gens ne se rappellent jamais mon prénom. Ils ne retiennent que le nom de famille. Me faire ma place n’a pas toujours été facile car les attentes sont hautes. Il faut assumer. Après, je suis très fière de porter ce nom. Je me dis que je n’ai pas de quoi me plaindre, pour moi c’est une chance incroyable.»

Laura Chaplin a su se frayer un chemin dans une famille nombreuse. «De Bernadette et Eugène, nos parents, nous sommes cinq frères et sœurs. Plus les jumelles qu’a eues mon père après la séparation et la fille qu’a eue ma mère: au total on est huit… pour garder la tradition des Chaplin.»

Aujourd’hui, Laura est une artiste peintre reconnue. Sur ses toiles, elle aime représenter son aïeul. Elle porte au bras un tatouage composé d’un cœur, d’une canne et d’un chapeau melon. Elle a son grand-père dans la peau. «Je suis née dix ans trop tard, sourit-elle comme on s’excuse. Je ne l’ai pas connu, mais j’ai grandi avec lui. J’ai pu voir sa personne en tant que Charlie et pas Chaplin – voir son visage privé. C’était quelqu’un de perfectionniste. Il avait beaucoup de goût. Il savait trouver de la valeur aux petites choses de la vie comme aux grandes.»

Les pièces d’un puzzle

Pièce par pièce, à la manière d’un puzzle, elle a reconstruit l’image aimée. Prenant chaque bribe de souvenir pour l’assembler à toutes les autres. «Les amis me parlaient de lui. Les anonymes qui me croisaient dans la rue n’en revenaient pas que je sois la petite- fille de… Peu à peu, j‘ai pris conscience de l’importance de son personnage. J’ai commencé à creuser un peu plus son travail. Plus tard, j’ai fait des études de cinéma en Angleterre...»

Si vous lui demandez quel film de Charlot elle a adoré, Laura est comme une petite fille devant une vitrine de gâteaux. Elle voudrait les énumérer tous. «Petite, j’étais fascinée par «Le cirque». Aujourd’hui, je dirais «Le kid» pour son côté émotionnel, «Les lumières de la ville» pour son romantisme, «Le grand dictateur» pour son humanité si puissante. C’est difficile de n’en choisir qu’un: j’ai déjà envie d’ajouter «Les Temps Modernes»! Tous ses films comportaient des messages. Il se battait pour que ce monde devienne meilleur.» En suivant cette idée, Laura vient de sortir un livre intitulé «Le rire est le premier pas vers le bonheur».

De ce grand-père extraordinaire, elle a hérité l’âme artistique. Mais aussi la dimension humanitaire – et devient, en 2011, la marraine de la fondation valaisanne Moi pour Toit en faveur des enfants abandonnés de Pereira, en Colombie. De sa grand-mère, Oona O’Neill, elle a adopté la bienveillance, et le sourire. «Je me souviens de sa douceur, de son amour, de sa tendresse...»

Laura Chaplin a vécu au manoir de Ban, sur les hauts de Vevey. Dans la belle demeure aujourd’hui devenue musée, elle a connu le paradis. «Avec mes frères et mon cousin, nous adorions construire des cabanes dans les arbres centenaires.» La fillette aimait aussi faire du cheval dans le parc. «Enfant, j’avais trois petits shetlands. Je les prenais partout. Ils ont même trottiné dans le salon où se trouvait le grand piano. Ce jour-là, je me suis fait taper sur les doigts.»


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Les fêtes au manoir de Ban

Le lieu était aussi synonyme de fêtes, de joie. «Beaucoup de vedettes venaient nous rendre visite: Michael Jackson, Anthony Hopkins, Robert Downey Jr... Nous mangions autour d’une grande table qui pouvait accueillir une vingtaine de personnes. J’aimais beaucoup Michael Jackson, grand ami de la famille. Il était sensible et d’une infinie gentillesse.»

Ces soirées, la maman de Laura, Bernadette, les voulait somptueuses. «Elle était la maîtresse de maison et savait recevoir. Elle a grandi en Irlande, pendant la guerre, et n’a pas eu une enfance très facile. Pourtant, c’est elle qui a apporté un peu de folie dans la famille. Elle a le sens de l’humour. Mais, quand il le fallait, c’est aussi elle qui nous grondait. Mon père en était incapable.»

Comme sa mère, Laura est à la recherche de la perfection. Son art, elle le propose à la fois précis et un peu fou. Sa vie, elle la mène comme une cavalière son cheval. Elle sait où elle va. Dès l’âge de 13 ans, elle intègre la mode en tant que mannequin; puis, déçue par ce monde superficiel, choisit la peinture. «Mon premier amour. Toute petite, je dessinais déjà mon grand-père. Je le représentais en clochard avec des habits troués, ou alors en clown.»

Des clowns, elle en croisera beaucoup. Son père, Eugène, travaille pendant dix ans avec le Cirque Nock dont il est le metteur en scène. «Le cirque, comme les Chaplin, est une grande famille unie. Mon père est un homme adorable. Quand je faisais des bêtises, il cherchait à comprendre pourquoi, sans vraiment être fâché. Je ne l’ai jamais entendu crier. Il n’a jamais haussé la voix.»

De la gentillesse paternelle, Laura Chaplin tire sa bonne humeur et sa vision positive de la vie. Du cirque, elle garde le geste, le mouvement, les pirouettes qu’elle pose sur la toile. «Le cirque m’a amené la fantaisie et l’envie d’être créative, de raconter des histoires par la peinture. Beaucoup de belles choses ne se disent pas. Comme au cinéma muet.»

Exposition de peinture à la Galerie La Chaumière, à Montricher (VD), jusqu’au 2 juillet 2016.

Questions d’enfance

Une odeur d’enfance La vanille, parfum de ma grand-mère.

Mon dessert enchanteur Le banoffee pie de ma mère. Une pâtisserie anglaise à base de banane, biscuit écrasé, caramel et crème. C’est très léger!

Mon jouet fétiche Mes trois poneys. Ils étaient assez petits pour que je les emmène partout, dans le salon, dans la piscine. Imaginez comme mes parents étaient ravis…

Les vêtements dont j’étais fière J’avais des pantalons pattes d’éléphant de toutes les couleurs avec de grands cercles. Je me trouvais très stylée.

Le héros de mon enfance Michael Jackson. C’était un ami. Je l’ai toujours admiré pour son humanité et sa douceur. C’était un grand enfant. Il était très sensible, attentif, à l’écoute.

Mon premier amour A l’école, il y avait un garçon plus âgé, blond aux yeux bleus. Je le suivais en cachette et j’espérais qu’il m’embrasserait un jour. Eh bien non!

Ma première peur Avec ma sœur on se racontait des histoires de fantômes. Après, j’avais très peur de me balader la nuit dans le manoir. Surtout quand il y avait du vent.

Noël sous l’immense sapin installé pour l’occasion au Manoir de Ban.
De g. à dr.: Laura, Spencer, Kevin et Shannon Chaplin, les enfants d’Eugene et Bernadette Chaplin.
Laura (à g.) et sa sœur Kiera au bord de la piscine du même Manoir.
Laura dans le parc du Manoir de Ban, avec sa jument «Dolly».

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