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Journée de la procrastination: Ma faiblesse étouffe mes défauts

Sonia header web edito MAUVE

Mon drame, c’est que je suis paresseuse, et ça contrarie diablement mon projet de me lancer moi aussi dans l’ajournement systématique des choses à faire.

© Ludovic Andral

Aujourd’hui, c’est la Journée mondiale de la procrastination. La tentation de prêcher par l’exemple et de rendre ma chronique demain, autant dire jamais, a été forte, je ne vous le cache pas. Pourtant, je l’ai écrite. C’est que, comme il y a des gauchers contrariés, je suis une procrastinatrice contrariée.

Intellectuellement, je suis à fond pour. Ne serait-ce que parce qu’il suffit souvent de remettre à plus tard un problème pour que, si on attend assez longtemps, il se résolve de lui-même sans que personne ne lève le petit doigt.

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C’est vrai pour les questions triviales, comme essuyer la vaisselle (elle sèche toute seule…), pour nombre de soucis de santé, genre la grippe (elle passe toute seule) et même pour des points plus fondamentaux comme l’éducation (ils finissent par grandir tout seuls…) ou le management (ils finissent par démissionner tout seuls). Cette idée que faire quelque chose va forcément améliorer la situation, alors que laisser faire est au fond souvent tellement productif, franchement…

De l’art de désamorcer les problèmes

En plus, c’est un peu punk de sciemment dépasser un délai quand on nous en fixe un pour tout, du yaourt et sa date de péremption à la déclaration d’impôt et sa taxation d’office.

Mon drame, c’est que je suis paresseuse, et ça contrarie diablement mon projet de me lancer moi aussi dans l’ajournement systématique des choses à faire.

Feignasse, en effet, c’est une tout autre approche, basée essentiellement sur deux piliers: d’abord, l’efficacité – comme l’a bien cerné Bill Gates: «Pour un travail complexe, j’embauche un paresseux. Parce qu’un paresseux va trouver un moyen facile de le réaliser.» – ; ensuite, l’anticipation. Dès lors, on cherche à éviter toutes les complications, car celles qui ne se résorbent pas d’elles-mêmes – et il y en a – sont terriblement chronophages, donc épuisantes.

Or, rien n’est plus efficace pour les désamorcer, ou passer à côté, que de les voir venir de loin. Comme tous les vrais flemmards, je ne suis, en bref, pas du tout dans la bonne temporalité pour m’adonner aux joies de la procrastination. Demain, peut-être?

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