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Octobre rose

«Je voudrais que demain, toutes les femmes de moins de 50 ans puissent se faire dépister»

Cela fait désormais 3 ans que Myriam Lejeune vit avec le cancer du sein. Elle sait déjà qu’un jour, ce dernier l’emportera, car la maladie a été détectée alors que le cancer était déjà métastasé. Dès lors, impossible d’en guérir. Pourtant, Myriam a demandé un dépistage à 3 reprises. «Mon mari y tenait beaucoup, car il était anxieux vis-à-vis de cette maladie qui avait emporté plusieurs proches», raconte Myriam. Mais son gynécologue lui avait déconseillé cet examen qu’il jugeait inutile.

Myriam avait 44 ans lorsque le diagnostic est tombé: 5 lésions cancéreuses ont été découvertes. Le sein était atteint, ainsi qu’un cancer secondaire dans les os. En racontant son histoire, la jeune mère de famille a alors pris conscience qu’elle était loin d’être la seule à être détectée trop tardivement. Elle décide alors de créer son association, L’aiMant Rose, pour exiger un dépistage gratuit à tout âge pour celles qui le demandent. Afin de sensibiliser la population, une traversée du Léman a été organisée en août 2018.

«Lorsque j’étais extrêmement malade, que je ne savais pas si j’allais vivre ou mourir, dans les moments intenses de lutte contre le cancer, je ne pensais qu’à l’eau, à cette étendue immense», se souvient Myriam.

«Je rêvais de nager dans le Léman, de retourner dans cet élément de vie. Quand on se bat contre un cancer du sein, c’est la vie et la mort au quotidien. La traversée a marqué la création de l’association, un acte de solidarité entre 250 bénévoles pour nous amener d’une rive à l’autre.»

Des tulipes en hommage aux victimes

Depuis, L’aiMant Rose poursuit son combat pour une prévention précoce du cancer du sein. La campagne «1 Tulipe pour la Vie» rend hommage aux victimes du cancer et à leurs proches. Cette année, 402 communes participeront et planteront des bulbes aux couleurs du cancer du sein, soit une tulipe rose pour 7 tulipes blanches. Une façon de briser le tabou entourant la maladie et de rappeler qu’en Suisse, une femme sur huit est touchée par le cancer du sein. «Ce combat, c’est une histoire de femmes et d’hommes, souligne Myriam. Quand une femme souffre, derrière il y a toujours un homme, que ce soit un conjoint, un père, un fils, un ami. Quand une femme est atteinte, c’est tout son entourage qui souffre. Et malheureusement, les coûts réels du cancer, les dommages collatéraux, ne sont jamais pris en compte.»

De plus, durant Octobre rose, en collaboration avec 3R (Réseau Radiologique Romand), l’association permettra également la prise en charge d’un dépistage pour les femmes qui le demandent et qui ont moins de 50 ans. Cette année, une exposition d’art itinérante, «enVIE d’art», habillera les murs de plusieurs hôpitaux.

Quant au surdiagnostic, qui est souvent évoqué pour justifier l’opposition des professionnels face au dépistage précoce, Myriam le réfute: «Le surdiagnostic pour moi n’existe pas. Quand on a une lésion suspecte, on fait une biopsie: on analyse ainsi le type de cancer. On ne fait jamais de traitements si ça n’est pas nécessaire.» Par rapport au stress «indésirable» induit par des examens jugés «inutiles», également mis en avant par certains médecins, il reste «bien maigre par rapport aux vies et aux souffrances épargnées», estime la Vaudoise qui rappelle que les résultats sont connus dans un laps de temps court (entre un jour et une semaine).

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