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Enora Malagré: le terrible récit de son avortement

Enora Malagré: le terrible récit de son avortement

Lors de la seconde intervention, l'une des infirmières a asséné un «ça t'apprendra» à la jeune femme qui venait alors de subir un avortement.

© Getty

C’est à l’occasion de la Journée mondiale du droit à l’avortement, le 28 septembre 2018, qu’Enora Malagré a dévoilé le traitement inhumain qu’elle a subi. Car si l’IVG est légale, celles qui y ont recours ne cessent pas pour autant d’être discriminées. Avec des mots touchants, elle livre ainsi son calvaire sur son site internet, «La WTF».

La jeune femme de 38 ans a subi deux avortements. Alors qu’elle souffre d’endométriose, il est aujourd’hui très difficile pour elle de tomber enceinte, comme elle le rappelle: «Il ne se passe pas un jour sans que j’imagine ces deux potentiels enfants, moi qui aujourd’hui hurle de tristesse contre ces entrailles qui ne veulent plus me faire ce cadeau, rongées par cette saloperie d’endométriose».

«Mon ventre vide, je l'ai haï»: le poignant témoignage d'Enora Malagré, atteinte d'endométriose

L'hôpital, cet antichambre de l'enfer

La douleur fait partie de son quotidien devant sa difficulté à être mère, mais Enora ne regrette pas pour autant ses choix. Jamais. «Je suis fière d’avoir eu le courage de le faire», écrit-elle. Lors de la première intervention, elle a à peine 20 ans. Ne se sentant pas prête à élever un enfant, elle prend la décision d’avorter. Elle est soutenue par ses parents, reçoit une aide psychologique du planning familial et ne connaît pas de complication médicale.

Les conditions sont totalement différentes lors de sa seconde IVG: «J’étais plus âgée, installée dans un couple qui fonctionnait bien, avec une situation financière confortable et un toit sur la tête. Mais l’homme avec qui je partageais ma vie faisait un métier instable. Il n’était pas souvent là et je sentais que ce n’était pas le père que j’aurais voulu pour mon enfant. L’avenir m’a donné raison…» C’est l’enfer, «tout du moins son antichambre», qu’Enora découvre alors en se rendant à l’hôpital:

Dans un premier temps, le salaud de gynéco a fait exprès de me faire écouter le cœur qui bat (pour bien me faire culpabiliser). Une fois ravagée par la honte, ils m’ont mise dans la chambre d’une femme enceinte…

Par chance, la jeune femme en question ne rentre pas dans le jeu du personnel hospitalier, ne juge pas Enora et demande à changer de chambre. Après la prise de médicaments, le corps de l’animatrice réagit très mal: elle s’évanouit de douleur dans la salle de bains, au moment d’expulser la cellule de son corps. «Alors que j’étais étendue sur le sol, à demi réveillée, une infirmière s’est approchée de moi et m’a glissé à l’oreille: ‘ça t’apprendra’. Je ne l’oublierai jamais. Elle m’a laissé sur le sol, a enjambé mon corps meurtri et est retournée s’occuper de femmes plus acceptables.»

J’ai longtemps culpabilisé d’avoir dû avorter

«Personne ne doit choisir pour vous»

Enora termine son courageux récit en encourageant les femmes concernées à ne pas rester isolées: «Il y a des gynécos merveilleux, des plannings familiaux d’exception et des associations incroyables. Vous n’êtes pas seules, ne vous infligez pas davantage de douleurs. Continuons à poursuivre le combat de nos mères! Vous êtes merveilleuses les filles, vous êtes fortes et votre décision sera la bonne. Personne ni aucun dogme ne doit choisir pour vous.» Un témoignage capital qui, espérons-le, contribuera à faire évoluer les mentalités. Car en 2018, le combat des femmes à disposer de leur corps doit encore être gagné.

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