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Dressember: elles enfilent une robe tous les jours pour lutter contre la traite des humains

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«C'est notre uniforme, le drapeau de notre mouvement. Une opportunité de nous réapproprier la robe comme un symbole de pouvoir et de liberté. Un signe réclamant la dignité de tous les êtres.»

© Jessica Oliveira

«J'ai découvert ce challenge il y a quelques années, en tombant sur une photo postée par une amie canadienne: elle y pose dans la neige, vêtue d'une robe. Ce genre de cliché interpelle automatiquement. Je me suis donc renseignée sur ce défi dont on parle de plus en plus aux Etats-Unis, et encore très peu en Europe.»

En 2018, comme l'année précédente, Lina Sterckx participe au défi «Dressember»: durant 31 jours, elle n'enfilera plus que des robes. Un peu frisquet, pensez-vous? Les collants sont autorisés (ouf!). Et le but n'est évidemment pas d'attraper une pneumonie, mais de participer à une campagne de sensibilisation mondiale, relayée entre autres via les réseaux sociaux.

Semblable à «Movember» (mouvement invitant les hommes à arborer une moustache tout au long du mois de novembre), cette initiative est destinée à attirer l'attention sur une cause très importante. Si les Messieurs moustachus du mois dernier espéraient récolter des fonds pour la recherche sur les cancers masculins (comme celui de la prostate, par exemple), le défi vestimentaire de décembre s'intéresse au trafic d'êtres humains.

30 millions d'esclaves dans le monde

Les chiffres publiés par le site officiel du mouvement font froid dans le dos: selon leurs indications, 2 millions d'enfants seraient actuellement exploités et vendus comme objets sexuels, tandis que le trafic d'êtres humains produirait environ 150 milliards de dollars par an.

C'est en pensant à ces 30 millions d'individus réduits en esclavage dans le monde, que la blogueuse mode Blythe Hill a décidé d'agir: en 2009, elle lançait «Dressember», espérant que sa décision de n'enfiler plus que des robes suscite des questionnements, initie des conversations et mène à une sensibilisation plus générale. En 2013, le mouvement actuel était né, rassemblant de plus en plus de participants. Depuis, ces derniers sont parvenus à récolter plus de 5 millions de dollars.

Le site officiel propose plusieurs façons de soutenir la cause, en faisant une donation ou en participant au collectif «Dressember».

«Je me bats contre la traite d'êtres humains»

Pourquoi une robe?

«C'est notre uniforme, le drapeau de notre mouvement. Une opportunité de nous réapproprier la robe comme un symbole de pouvoir et de liberté. Un signe réclamant la dignité de tous les êtres.» Voici la définition que donnent les créatrices du mouvement. D'ailleurs, une version masculine est également possible, sachant que le port d'une cravate durant tout le mois de décembre s'apparente également à «Dressember».

Certaines des plus ferventes participantes vont d'ailleurs jusqu'à porter la même robe pendant 31 jours! Le lavage est évidemment autorisé (quelle question!).

«Je suis très sensible à la cause des femmes se retrouvant malgré elles dans le monde de la prostitution, ajoute Lina Sterckx, qui espère voir l'idée prendre racine en Suisse. Deux amies participent au challenge avec moi, cette année!»

La principale difficulté? Le froid. Le choix du mois de décembre n'est évidemment pas anodin: si le port de collants ou de bas est évidemment autorisé, ce défi vestimentaire suscite davantage d'interrogations en plein hiver (le port d'une robe serait en effet passé totalement inaperçu en été.) «Il faut être créative», souligne Lina, qui a déjà trouvé plusieurs techniques pour rester bien au chaud tout en respectant les règles du jeu.

Il est encore temps de s'y mettre, le mois de décembre est à peine entamé. Et lorsqu'on vous demandera pourquoi vous ne portez plus de jupes, ni de pantalons, vous saurez quoi répondre. C'est en travaillant ensemble que nous parviendrons à faire une différence: voilà sans doute le message le plus important et le plus urgent de ce mouvement.

#Dressember

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