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Coupe du monde au Qatar: les vêtements des spectatrices dictés

Coupe du monde au Qatar: Les vêtements des spectatrices dictés

Sur le site officiel de la Coupe du monde 2022, on peut lire que les «visiteur-euse-s doivent couvrir leurs épaules et leurs genoux lorsqu'ils et elles visitent les lieux publics ou des bâtiments gouvernementaux».

© GETTY IMAGES/GIUSEPPE CACACE/AFP

Le 29 septembre 2022, un document baptisé «Do's and Don'ts» (à faire et à ne pas faire) d'une quinzaine de pages aurait été publié par le comité d'organisation de la Coupe du monde, présidé par Hassan Al-Thawadi, une figure influente de l'émirat. Dévoilé par de nombreux médias, le protocole s'adresse aux supporters et supportrices étranger-ère-s, ainsi qu'aux personnes accréditées, qui se rendront au Qatar entre le 20 novembre et le 18 décembre 2022 pour assister à la messe du foot.

Règles strictes concernant les vêtements des femmes

Les recommandations du comité seraient les suivantes: les vêtements trop serrés, trop transparents sont à éviter, de même que les hauts dévoilant les épaules, la poitrine, la nuque et le ventre, ainsi que les ourlets au-dessus du genou. Plus étonnant, les tongs ne seraient pas permises non plus, tout comme les bijoux, à l'exception des montres et des alliances.

Concernant le voile, il ne serait pas obligatoire, mais conseillé pour mieux s'intégrer à la culture qatari et éviter les «attentions indésirables».

À noter que les hommes également se verraient contraints d'adopter un style vestimentaire adéquat qui interdit les hauts sans manche ou encore les cols V échancrés. Se promener torse nu est également proscrit pour tout le monde.

Un protocole de bienséance accompagnerait ce règlement vestimentaire, dont par exemple la modération des démonstrations d'affection en public, une obligation de files d'attente séparées par genres dans les lieux publics, l'interdiction de toucher les hôtesses ou même de serrer la main à une autre personne.

Revirement et discours contradictoire

Après le tollé déclenché par la divulgation de ces informations dans les médias, les organisateurs ont répondu que le document n'était pas officiel. Vraiment? D'après RMC Sport, qui a dévoilé initialement le protocole, celui-ci a été rédigé par la FIFA et mis à disposition sur son site. Les autorités qataris compétentes ont toutefois promis un nouveau guide à l'attention des visiteur-euse-s, guide qui n'a toujours pas vu le jour à près d'un mois du début de la compétition.

Sur le site officiel de la Coupe du monde 2022, à la rubrique «Cultural awareness», on peut lire que «Les gens peuvent généralement porter les vêtements de leur choix», il est néanmoins précisé ensuite que les «visiteur-euse-s doivent couvrir leurs épaules et leurs genoux lorsqu'ils et elles visitent les lieux publics ou des bâtiments gouvernementaux» et que les torses nus sont prohibés dans les stades. Pas très loin finalement du fameux protocole supposément non-officiel.

D'ailleurs, sur la page d'accueil du site de la Coupe du monde de football, une vidéo promotionnelle pour le nouveau single «Light The Sky», paru le 7 octobre 2022 dans le cadre de la promotion des hymnes officiels de la compétition, met en avant un casting à large majorité féminine dans des tenues qui ne seraient pas approuvées au Qatar, si l'on en croit leur règlement: un joli crop top scintillant, un tailleur-minijupe argenté ou encore un top noir à bretelles asymétriques.

Le clip musical, mettant en scène les plus célèbres chanteuses du monde arabe, d'après la FIFA, Balqees, Nora Fatehi, Manal et Rahma Riad, se veut un hommage aux femmes, notamment aux 6 arbitres féminines qui officieront lors des matchs (elles aussi avec des vêtements non-conformes, en passant: des shorts de sport courts). Valoriser les femmes ou les dissimuler? Le message qatari est pour le moins contradictoire, sachant que les femmes sont encore largement discriminées en raison de leur genre dans l'émirat, comme le rappelle dans un rapport Amnesty International.

La Coupe des controverses

Soupçons de corruption, de non-respect des droits humains (droit du travail, droits des femmes, droits des personnes LGBTIQ), la compétition sportive est au cœur des polémiques depuis des mois, voire des années. Dépourvu d'infrastructures adaptées, l'État du Golfe s'est vu dans l'obligation de construire six stades, munis d'un système de climatisation, pour accueillir les compétitions. Outre le coût écologique exorbitant du projet, la presse internationale a révélé les conditions de travail déplorables au sein des immenses travaux, et que ceux-ci ont conduit au décès de nombreux ouvriers migrants sur les chantiers (le Guardian avance le chiffre de 6500 personnes mortes). Des révélations qui ont soulevé de nombreuses critiques dans le monde, ainsi que des appels à boycotter la Coupe du monde 2022. De plus, même si les autorités ont affirmé «accueillir tout le monde», on souligne que l'homosexualité est toujours pénalisée dans le pays hôte.

À l'approche de la compétition, certaines communes suisses, dont Neuchâtel et Lausanne - ainsi que des villes à l'étranger comme Paris ou Bruxelles - ont déjà annoncé renoncer aux fameuses fan zones et à leur écran géant, dans leur volonté de boycotter la manifestation. La Nati se rendra tout de même au Qatar et affrontera, au sein du groupe G, le Brésil, le Cameroun et la Serbie.

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