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Sport et endométriose

Marta Peiró Giménez: «S’entraîner était devenu un enfer»

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«Il faut que la société reconnaisse que les règles peuvent être un réel problème, que l’endométriose existe et qu’elle est douloureuse à vivre.» - Marta Peiró Giménez

© Cristiano Mazzi/SPP Sport Press/Photo Alamy

FEMINA Pour commencer, comment allez-vous?
Marta Peiró Giménez Je vais bien. Je suis en Espagne, à Valence, avec ma famille et mes proches. Ce dont j’ai besoin actuellement. 

Vous avez annoncé devoir mettre votre carrière entre parenthèses à cause d’une maladie – l’endométriose. Comment impacte-t-elle votre football?
Je souffrais beaucoup. Depuis des années, j’ai des saignements internes, des douleurs à l’estomac qui m’empêchent de dormir. J’avais aussi des nausées. Je n’ai pas du tout compris ce qui m’arrivait et ma gynécologue n’a jamais rien vu d’inquiétant. J’avais des règles qui duraient sept, huit, neuf ou même jusqu’à quatorze jours! Je pensais que c’était normal. Les personnes ne parlent pas de leurs règles entre elles, c’est tabou.

À quel moment avez-vous su qu’il s’agissait de cette maladie?
J’ai été opérée pour une appendicite en octobre et c’est là que les médecins ont pu poser le diagnostic. Heureusement, parce que je connais enfin le problème et peux agir. Il y a deux ans, j’ai pensé qu’il y avait quelque chose de bizarre donc je suis allée voir plusieurs gynécologues, mais aucun n’a jamais rien trouvé.

«La maladie [l’endométriose] touche environ une femme sur 10. Cela représente beaucoup de personnes qui souffrent. C’est important que la science trouve une solution pour elles.»

Marta Peiró Giménez

Joueuse du Servette FC Chênois

Existe-t-il un remède?
Non. C’est une maladie qui n’a pas de solution facile. Soit vous enlevez ce qui ne va pas, soit vous prenez des hormones. C’est ce que j’ai choisi, mais les effets secondaires sont vraiment forts. Je ne cours plus de la même manière, mon corps ne répond plus aussi vite et j’ai commencé à vomir au début des entraînements. J’ai aussi des douleurs, je vois parfois un peu flou. Quand tu es footballeuse professionnelle, tu pousses ton corps à ses limites chaque jour, mais je n’y arrive plus. Mes coéquipières avaient à chaque fois 10 longueurs d’avance sur moi. Je pense que je suis à 20% de mes capacités depuis que j’ai commencé le traitement. Ce n’est pas une belle vie. S’entraîner était devenu un enfer, manger bien et se reposer aussi.

Qu’en est-il de votre retour en tant que footballeuse?
Je vais revenir. Il faut pour cela que mon corps supporte le traitement, que je voie une évolution. J’aimerais être positive et je vais me battre pour jouer à nouveau. Si j’ai parfois des douleurs ou que je ne dors pas bien certaines nuits, ce n’est pas grave. Je ne peux qu’attendre que mon corps me permette de reprendre les entraînements progressivement. 

Qu’est-ce qui vous a manqué, quand vous avez appris le diagnostic?
Parce que les règles sont un sujet tabou, on ne sait pas vraiment ce qui est acceptable ou non. On a l’habitude de souffrir en silence, puisque le discours est souvent «c’est normal que ça fasse mal». J’aimerais que les personnes acceptent que l’on puisse en parler. Il faut que la société reconnaisse que les règles peuvent être un réel problème, que l’endométriose existe et qu’elle est douloureuse à vivre. La maladie touche environ une femme sur 10. Cela représente beaucoup de personnes qui souffrent. C’est important que la science trouve une solution pour elles. 

Aviez-vous peur des réactions en rédigeant votre post sur Instagram?
Je n’avais pas peur parce que je sais que ce n’est pas rien. Le club me soutient et ses membres se sont montrés très humains quand je leur ai annoncé cela. Je sors en plus d’une année très difficile. J’ai manqué la présaison, je suis revenue et j’ai retrouvé le rythme et les goals avant d’avoir cette appendicite. L’équipe m’a aidée dans les bons et surtout les mauvais moments. 

C’était important pour vous de briser ce tabou?
C’est important que l’on puisse en parler librement, que ça puisse servir d’exemple dans la société. Il faut réussir à comprendre et normaliser ce genre de sujets. Les règles, et les maladies qui peuvent en découler, c’est quelque chose de sérieux qui impacte ta vie. Si les gens qui lisent cette interview sont capables de comprendre et de compatir, nous aurons déjà fait un beau pas en avant.

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