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Casse célèbre: Quand les Pink Panthers braquaient aux quatre coins du monde

Pink Panthers Casse JIJI PRESS A Fl

«En 2004, ils braquent une bijouterie du centre de Tokyo, arborant des masques anti-pollution. Pactole: 25 millions de francs. Les malfaiteurs quittent le lieu du vol… à vélo.»

© Jiji Presse AFI

C’est une scène qui aurait pu être écrite pour un film de Louis de Funès. Le 30 août 2005, à seulement 60 m de la gendarmerie de Saint-Tropez, la bijouterie Julian subit l’assaut de plusieurs malfrats. Pas de cagoules ni de grosse berline parquée devant la vitrine: les braqueurs ont une dégaine inattendue, presque iconoclaste pour une ambiance de polar: chemise hawaïenne, bermudas, et bob sur la tête. Des archétypes de touristes des années 80.

En dépit de cette garde-robe atypique, ils sont quand même venus lestés d’armes à feu et de sprays lacrymogènes, histoire d’être pris au sérieux. En quelques secondes, les bandits repartent avec plus de deux millions de francs en montres de luxe et vont s’infiltrer incognito dans la foule dense de badauds du célèbre bastion des jet-setteurs, alors en pleine haute saison. La police débarque sur les lieux en voiture, mais perd vite la trace des voleurs.

Ceux-ci, constants dans leur nonchalance, se sont contentés de rejoindre le port à pied avec leur butin tenant dans quelques poches. Là-bas, ils montent sur un hors-bord et filent vers le large, à grande vitesse cette fois. Une cible haut de gamme choisie avec soin? Une attaque sans violence et ultra-efficace? Une audace qu’on imagine ne voir qu’au cinéma? La signature du braquage oriente vite les enquêteurs vers les Pink Panthers, les panthères roses.

Trésor dans une crème pour le visage

A vrai dire, c’est parce qu’on ne sait pas grand-chose d’eux – hormis leurs décoiffants braquages – qu’on les a affublés d’un tel sobriquet en 2003, au hasard d’une perquisition. Après un spectaculaire casse dans une joaillerie londonienne, qui a vu s’envoler pour 14 millions de francs de pierres précieuses, les enquêteurs sont en effet en train de fouiller un appartement qui semble lié au braquage.

Au milieu d’un pot de crème hydratante, l’un d’eux découvre alors un impressionnant diamant bleu. Humour anglais oblige, Scotland Yard fait le rapprochement avec le film comique de Blake Edwards, La panthère rose, durant lequel un bijou est pareillement dissimulé dans un produit de beauté. La légende des Pink Panthers est née.

La science du casse

En 2004, ils braquent une bijouterie du centre de Tokyo, arborant des masques anti-pollution. Pactole: 25 millions de francs. Les malfaiteurs quittent le lieu du vol… à vélo. La police comprend petit à petit que, loin d’être des rigolos à l’ego surdimensionné, les Pink Panthers sont des pointures en matière de stratégie et de planification, sachant gérer les pires situations avec un zen bluffant. Et pour cause.

La plupart des membres de ces commandos sont issus de l’armée et des services de renseignement d’Etats de l’ex-Yougoslavie, dont la Serbie et le Monténégro. A la fin des années 90, cherchant à rebondir après une décennie de guerre ayant ruiné leurs pays, ils basculent dans le grand banditisme. Les Pink Panthers comptaient quelques dizaines de membres au départ, mais leur organisation s’est complexifiée en plusieurs commandos plus ou moins indépendants, multipliant leur effectif par dix.

Interdiction de tuer

Pour la plupart encore âprement recherchés, ils auraient commis au moins 300 braquages et dévalisé plusieurs centaines de millions de francs en 20 ans. Tout casse spectaculaire a ainsi tendance a leur être attribué, parfois par erreur. Ils ne sont ainsi pas les auteurs du vol de bijoux de la boutique parisienne Harry Winston, en 2008, lors duquel 90 millions de francs de marchandise avaient été emportés.

Toutefois, soulignent les enquêteurs, ils gardent une certaine éthique: refus de toute violence, du moins quand c’est possible, ciblage d’établissements de luxe pour ne pas léser les plus démunis, spécialisation dans les bijoux de grandes maisons de joaillerie plutôt que dans le braquage de banque, qui augmente les risques de dérapage sanglant ou de prise d’otage.

Digne d'un film d'action

De plus, les lieux sont souvent méticuleusement repérés avant le vol par de faux couples se faisant passer pour des clients, afin de maîtriser le sujet lors du casse. Interpol va d’ailleurs créer une section d’enquête dédiée aux Pink Panthers. Cette débauche de moyens va finir par payer. Certains cerveaux tombent, mais l’énergie des malfrats est sans limite.

En 2007, ils dévalisent une bijouterie du diamantaire Graff, à Dubaï, défonçant un mall avec des voitures-béliers dans une mise en scène quasi hollywoodienne. Imprévisibles, ils s’en prennent à des boutiques autrichiennes, françaises, allemandes, monégasques, suisses. Aujourd’hui regardés comme un groupe mythique, les Pink Panthers inspirent livres et documentaires. Par ailleurs, n’ayant fait aucune victime, leur qualificatif de gentlemen cambrioleurs par certains spécialistes tient toujours la route.

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