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Casse célèbre: Ciel, on a volé la Joconde!

Casse vol joconde

Une affaire un peu similaire à celle de la Joconde éclate en décembre 2019, quand deux jardiniers du Musée d’art moderne Ricci-Oddi, en Italie, découvrent une mystérieuse trappe cachée derrière du lierre. A l’intérieur, un sac-poubelle contenant un tableau disparu depuis son vol, deux décennies plus tôt: le Portrait d’une Dame, de Gustav Klimt.

© Getty Images

Ce matin du 22 août 1911, le Salon Carré du Louvre attend encore ses visiteurs. Louis Béroud, peintre, et Frédéric Laguillermie, graveur, s’y sont donné rendez-vous à la première heure pour dessiner un tableau qui fait déjà figure de star chez les connaisseurs: la Joconde, de Léonard de Vinci. Mais en arrivant dans la salle, c’est le choc. Le mur où est accrochée l’œuvre depuis 1870 est nu.

Louis Béroud en informe les gardiens, qui lui répondent que la belle Italienne est probablement au service photographie du musée. Mais une visite infructueuse effectuée quelques heures plus tard à l’atelier, puis une fouille méthodique de chaque recoin du vaste bâtiment par le personnel en panique confirment les pires craintes: le tableau s’est volatilisé. «Comment? Depuis quand? On ne sait pas. Il nous reste le cadre…» titre le journal Le Petit Parisien en Une de son édition du lendemain.

Le ou les voleurs ont en effet pris soin de laisser sur place l’imposant cadre en bois doré accompagnant la petite toile de 77 sur 53 centimètres, qui aurait constitué un élément aussi repérable qu’encombrant. Dès la découverte du méfait, la police a pourtant réagi avec panache. Le périmètre est bouclé. Plus de soixante inspecteurs de police, épaulés par Alphonse Bertillon, grand criminologue précurseur de la police scientifique moderne, débarquent au musée en quête du moindre indice.

L'enquête piétine

Une trace de doigt relevée sur une vitre à proximité de l’emplacement du tableau disparu semble pointer une piste sérieuse. On recueille alors les empreintes des 257 employés du Louvre. Mais le recoupement des dactylogrammes par les experts du laboratoire de Bertillon ne débouche sur aucun match positif. La situation est tendue et l’opinion publique réclame des responsables. Acculé par la polémique, le directeur du musée finit par abandonner son poste.

Le quotidien Paris-Journal propose même une récompense faramineuse – 50 000 francs français de l’époque, soit plus de 200 000 francs suisses actuels – pour toute personne pouvant identifier le coupable.

Apollinaire en garde à vue

Le 28 août, un homme, nommé Joseph Géry-Pieret, se manifeste. Cet excentrique aventurier d’origine belge et secrétaire de Guillaume Apollinaire, quelques années auparavant, avait volé, dans le passé, des statuettes phéniciennes au Louvre pour les revendre au poète et à son ami Pablo Picasso, alors en pleine exploration de l’art premier, comme en témoigne son chef-d’œuvre Les demoiselles d’Avignon.

Géry-Pieret s’accuse du vol de la Joconde et réclame une rançon de 150 000 francs-or pour la restituer au musée. Mais l’étrange aventurier reste introuvable. Apollinaire et Picasso, par contre, finissent au poste dès le 7 septembre, la police soupçonnant un nouveau coup monté par les trois compères. Pourtant, il devient évident qu’ils ne sont pour rien dans la disparition de Mona Lisa. Tandis que l’ancien secrétaire est condamné à dix ans de prison ferme par contumace, les deux artistes sont libérés après avoir payé une amende pour recel des statuettes.

Retour au bercail

L’affaire prend un tournant surréaliste quand l’écrivain italien Gabriele d’Annunzio, figure de la société mondaine européenne, et auteur, quinze ans plus tôt, d’une pièce de théâtre dédiée au tableau, affirme avoir subtilisé la Joconde. Encore une fausse piste. Alors, qui s’est emparé de la toile de Léonard de Vinci? La réponse vient enfin, deux ans après, lorsqu’un antiquaire florentin contacte la police.

Un vitrier nommé Vincenzo Peruggia lui aurait proposé Mona Lisa sous le manteau. Les inspecteurs arrêtent le suspect dans sa chambre d’hôtel. Bingo, la Joconde est retrouvée. Peruggia écope d’un an de prison, mais le mystère continue de planer sur ses motivations réelles. Ses avocats ont vanté (avec succès) la motivation patriotique d’un vol qui aurait servi à ramener un chef-d’œuvre sur ses terres – bien que le tableau ait été apporté en France par De Vinci, au début du XVIe siècle, puis acquis par François Ier.

Les historiens, eux, s’interrogent. Le kidnappeur du tableau aurait pu être manipulé par un escroc jouant sur sa fibre patriotique. Le vitrier était l’homme de la situation. Il travaillait au Louvre, peu de temps avant le vol, sur des plaques de protection pour les toiles. Il n’a eu qu’à emprunter une porte discrète, le jour de la fermeture, pour enlever Mona Lisa. Qui n’en a pas perdu son légendaire sourire.

La dame de Klimt, une Joconde autrichienne

Une affaire un peu similaire à celle de la Joconde éclate en décembre 2019, quand deux jardiniers du Musée d’art moderne Ricci-Oddi, en Italie, découvrent une mystérieuse trappe cachée derrière du lierre. A l’intérieur, un sac-poubelle contenant un tableau disparu depuis son vol, deux décennies plus tôt: le Portrait d’une Dame, de Gustav Klimt.

Etait-il là depuis le début, ou une personne liée au rapt a-t-elle ramené le chef-d’œuvre sur place? Car comme souvent, les toiles trop célèbres s’avèrent difficiles à revendre.

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