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Toutes unies contre le cancer du sein

Parce qu’en Suisse le cancer du sein est le plus fréquent chez la femme. Parce qu’il touche 5500 d’entre nous chaque année, soit plus de 15 nouveaux cas par jour. Parce que cela peut être vous, nous, nos mères, nos sœurs, nos filles, nos amies très chères, notre si jolie voisine. Parce qu’il bouleverse nos vies, brise nos corps, emporte avec lui une part de notre féminité. Parce que son diagnostic marque le début du reste de nos vies. Mais aussi parce que le dépister tôt, c’est mettre davantage d’armes de notre côté pour le vaincre. Parce qu’en parler c’est toujours l’affaiblir et qu’aujourd’hui, grâce aux progrès de la médecine, 80% des femmes sont en vie cinq ans après le diagnostic, Femina s’engage, et vous informe, en cet octobre rose.

Solidaire en beauté

Le groupe Estée Lauder (dont Bobbi Brown, Clinique et La Mer) s’engage depuis deux décennies dans la lutte contre le cancer du sein. Au total, ce sont ainsi 58 millions de dollars qui ont pu être récoltés en faveur de la recherche. Cette année encore, craquez pour un produit de beauté, et apportez par ce geste votre soutien à la cause.

Le dépistage, comment ça marche?

A un stade précoce, le cancer du sein ne présente aucun symptôme. D’où l’intérêt de la mammographie. En Suisse, certains cantons, dont tous les cantons romands, disposent d’un programme de dépistage (presque) gratuit. Chaque vingt-trois mois, les femmes de plus de 50 ans reçoivent une invitation à aller pratiquer une mammographie de contrôle dans l’un des centres agréés de leur choix. Cet acte est remboursé par l’assurance de base hors franchise. Seule la quote-part de 10%, soit 19 fr. 70, reste à la chargede la patiente.

Angelina Jolie: la force de l’exemple


©Keystone/Camera Press/James Veysey

«La connaissance est le pouvoir.» C’est ainsi qu’Angelina Jolie terminait sa tribune dans le «New York Times», ce printemps, annonçant au monde qu’elle avait subi à titre préventif une ablation des ovaires et des trompes, deux ans après une double mastectomie (elle aussi médiatisée). Une décision difficile. Porteuse d’une anomalie génétique qui la prédispose à développer un cancer du sein ou des ovaires (le tristement fameux BRCA1), avec une mère, une grand-mère et une tante mortes des suites d’un cancer, l’actrice avait fait ce choix. Et avait surtout décidé de le faire savoir, «pour alerter les autres femmes». Ça a marché. Depuis, le nombre de demandes de dépistage génétique – dans le monde et en Suisse – a explosé (+ 40% au CHUV, par exemple). Les experts parlent désormais de «l’effet Angelina Jolie».

Radiothérapie moins traumatisante

Pour préserver au maximum les organes sains, les traitements par radiothérapie sont aujourd’hui plus ciblés. Alors qu’auparavant on «visait large» autour de la tumeur, aujourd’hui, on réduit considérablement les tissus irradiés. Un scanner de planification permet de bien délimiter la zone à traiter, et de localiser précisément la peau et les organes alentour (poumons, cœur…) pour les préserver. L’IMRT («Intensity Modulated Radiation Therapy») permet de moduler le faisceau et son intensité par rapport à ce que l’on traite et de délivrer des doses de rayon plus homogènes sur la cible, en évitant au maximum les tissus sains. On irradie mieux, on protège mieux.

Antécédent familial


©iStockphoto.com

Depuis le 15 juillet 2015, les IRM – examens d’imagerie par résonance magnétique – effectués à des fins de dépistage chez les femmes présentant un risque héréditaire élevé, sont remboursés par l’assurance maladie obligatoire.

Le chiffre

40… c’est le nombre d’hommes qui sont touchés chaque année par le cancer du sein, en Suisse.

La mammo, bientôt oubliée?

Pour poser le diagnostic de cancer du sein, la mammographie laisse peu à peu la place à la to mosynthèse, technique qui, par l’acquisition de multiples images à très faible dose, permet de séparer les différentes profondeurs du sein. Ce dernier est comprimé, comme pour la mammographie, mais le tube à rayons X se déplace en arc de cercle au lieu de rester immobile. L’image est ainsi plus complète.

Chirurgies conservatrices


©Getty Images/Tetra images RF

Comme le souligne le professeur Delaloye, responsable du Centre du sein au CHUV, à Lausanne, «les femmes atteintes d’un cancer redoutent de perdre leur sein». Aujourd’hui, la chirurgie est de plus en plus conservatrice, et c’est tant mieux! «Même en présence de deux tumeurs dans le sein, on peut parfois le conserver.» Autre avancée majeure, l’oncoplastie, soit la présence d’un chirurgien plasticien lors de la tumorectomie ou de la mastectomie pour reconstruire le sein immédiatement. «Nous avons l’obsession de passer au maximum en tissus sains, et de faire une belle chirurgie pour préserver l’esthétique et la qualité de vie de la patiente, explique le professeur. La chimiothérapie néoadjuvante est également utilisée pour diminuer la taille de la tumeur avant l’opération et réduire l’importance de la chirurgie.»

Les hormones pour se protéger

Les trois quarts des cancers du sein sont hormonosensibles, c’est-à-dire que les œstrogènes jouent un rôle «d’engrais» pour le cancer. En faisant baisser le taux d’œstrogènes ou en bloquant leurs effets, on protège le sein traité et même, préventivement, l’autre sein. Certains anti-œstrogènes, autrefois réservés aux femmes ménopausées, peuvent désormais être proposés aux femmes plus jeunes sur des durées plus ou moins longues, selon le risque.

Livre: en rire,c’est permis

Rédactrice en chef du magazine «Biba», Delphine Apiou a l’humour chevillé au corps. Alors quand son médecin lui annonce son cancer du sein, elle commence par pleurer, puis décide de tenir une chronique. Nouvelles conquêtes, sécheresse vaginale, réactions de la famille et des amis, poses devant le miroir avec son nouveau sein… Un témoignage hilarant et honnête.
«Avant j’avais deux seins», de Delphine Apiou, Ed. Robert Laffont.

Un seul lieu pour être plus fort

Médecin, oncologue, radio-oncologues, radiologues, chirurgiens, infirmières référentes, généticiens… toutes les spécialités mobilisées dans le traitement de la maladie sont rassemblées au cœur du Centre du sein du CHUV, à Lausanne. Une nouvelle approche globale et pluridisciplinaire largement inspirée des méthodes anglo-saxonnes. Un vrai plus pour la patiente!

Lingerie militante

Le soutien-gorge n’est pas un vêtement comme les autres. Intime, il est devenu militant. Dans les années 1970, c’est bien lui que les féministes jetaient au feu. Aujourd’hui, il est le symbole logique de la lutte contre le cancer du sein. Normal, donc, que des marques en lien avec le prêt-à-porter l’utilisent en ce mois particulier. Ainsi, en achetant une pièce chez La Redoute d’ici au 15 octobre 2015, 3 francs iront à la Ligue contre le cancer. Tandis que Stella McCartney, dont la mère est morte de cette maladie, a créé un ensemble pour l’occasion, dont tous les bénéfices seront reversés à différentes fondations.

La phrase

Mais oui on se connaît bien, t’as même voulu te faire ma mère, hein? t’as commencé par ses seins; et puis du poumon à mon père, tu t’en souviens? [Stromae, dans son dernier clip, «Quand c’est?»]

Les hormones pour se protéger

Dans 5 à 10% des cas, le facteur génétique est principal dans la survenue d’un cancer. Des mutations sur les gènes BRCA1 et BRCA2 qui prédisposent certaines femmes aux cancers du sein et de l’ovaire, et qui entraînent des mesures spéciales de surveillance – voire des chirurgies prophylactiques, comme l’a fait Angelina Jolie. Pour les personnes concernées par ce risque de cancers héréditaires, le département de la génétique du CHUV va mettre en place, avec la collaboration du Centre du sein, de l’oncologie, de la gastro-entérologie et de la gynécologie, une clinique du risque. De quoi assurer un suivi adapté et personnalisé, même aux personnes qui n’ont pas déclaré de maladie.

Art: belles malgré lui


©Wiktoria Bosc

On reste admiratifs et admiratives devant ces portraits, sobres et purs; 24 femmes qui ont été frappées par le cancer du sein, 24 femmes qui ont osé se dévoiler – un peu, beaucoup – devant l’objectif de Wiktoria Bosc. Des clichés et autant de témoignages pour dire cette féminité meurtrie, sans fard mais sans pathos. Car ces «guerrières» (comme la photographe aime à les appeler) sont debout. Courageuses, elles ont affronté et la maladie… et leur peur de l’objectif. Des cicatrices et des sourires qui en disent long.
«Belle comme vous êtes», jusqu’au 1er décembre 2015 à la Galerie de la Source, à Lausanne. Lu-di 10 h-20 h.

Une maladie si intime

Au Centre du sein du CHUV, on se préoccupe toujours plus des conséquences de la maladie sur la vie de femme de la patiente. Et on brise les tabous! Le 8 octobre, c’est la question du désir sexuel et de l’intimité du couple qui sera abordée lors d’une conférence publique autour du professeur Jean-François Delaloye, gynécologue et responsable du Centre du sein, et de deux gynécologues et psychologues sexologues.
Plus d’infos sur chuv.ch/centredusein

Des thérapies plus ciblées avec la signature génomique

Grâce aux traitements postopératoires, le pronostic de guérison a considérablement évolué. Si, jusqu’aux années 1990, on cumulait souvent toutes les formes de thérapies (chimio, rayons…) par souci d’efficacité maximale, aujourd’hui, on peut utiliser la signature génomique afin d’affiner le traitement. Cet examen, remboursé par les assurances, analyse l’expression des gènes et mesure leur niveau d’agressivité. Il évalue par exemple le risque de rechute et permet de juger de la nécessité, ou non, d’une chimiothérapie.

Merci à tous les personnels, médecins, oncologues, radio-oncologues, radiologues, chirurgiens, infirmières référentes, généticiens, du Centre du Sein du CHUV, à Lausanne, pour leur accueil et leurs précieuses informations.

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