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Qu’est-ce qui rend les aliments allergènes?

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© Getty Images/Tetra images RF

Les yeux qui grattent, le nez qui coule, parfois de l’urticaire qui apparaît… En Suisse, une personne sur trois est sensibilisée aux allergènes, contre une sur cinq il y a trente ans. Et 20 à 25% des individus ont déjà présenté des symptômes allergiques. Avec l’arrivée du printemps et de ses pollens à foison, leur vie se complique. Mais un autre facteur vient corser la situation: les aliments, de plus en plus source d’allergie et d’intolérance. «Chaque jour, nous recevons davantage d’appels de personnes qui s’en plaignent, constate Sereina de Zordo, conseillère en services spécialisés au aha! Centre d’Allergie Suisse. Depuis l’époque de nos grands-parents, beaucoup de nouveaux aliments sont apparus, avec une influence sur la prévalence des allergies alimentaires.» Nos habitudes alimentaires ont évolué, certes. Cependant, si ce type d’allergies se révèle en progression, c’est aussi parce qu’elles se développent en réactions croisées aux allergies aux pollens. Un lien de cause à effet qui désarçonne les patients et complique la tâche des spécialistes.

Intolérance ou allergie?

Avant toute chose, il faut faire une distinction entre intolérance et allergie alimentaire. Si, au départ, les symptômes primaires sont similaires – c’est-à-dire démangeaisons, gonflements, maux de ventre ou encore urticaire – les mécanismes ne s’avèrent pas identiques. Dans le cas d’une intolérance alimentaire, qui touche une personne sur cinq en Suisse, les capacités nécessaires au corps pour digérer une substance donnée sont insuffisantes ou inexistantes (comme dans le cas du lactose ou du fructose, par exemple). L’allergie, quant à elle, est une maladie du système immunitaire, qui produit des anticorps spécifiques (IgE) contre des éléments nutritionnels normalement inoffensifs.

Mais comment savoir si on est intolérant ou allergique? Le premier réflexe en cas de symptômes forts gênants devrait être de consulter un spécialiste. «Face à ces symptômes qui sont identiques, il s’agit d’établir l’historique du patient, explique le Dr Fabienne Gay-Crosier, spécialiste fédéral en allergologie et immunologie clinique à Genève. Il faut ensuite imaginer à combien de familles allergéniques il pourrait réagir, parmi plusieurs dizaines répertoriées. Avant de commencer un traitement, chaque jour, le patient devrait noter le pic de ses symptômes saisonniers et les aliments suspects, idéalement pendant une année.»

Réactions croisées

Le diagnostic posé, reste à comprendre pourquoi nous sommes si sensibilisés aux aliments. Selon le aha! Centre d’Allergie Suisse, on estime en effet entre 20 à 70% le nombre d’allergiques aux pollens qui développent des réactions croisées à des denrées alimentaires. Ainsi, une personne allergique aux pollens de bétulacées (ndlr: noisetier, aulne…) pourrait réagir aux noix ou aux fruits à pépins. Auteur d’un livre publié en novembre 2015 dans lequel elle décortique la situation des allergies à Genève, le Dr Fabienne Gay-Crosier confirme, chiffres à l’appui: «Entre 2005 et 2010, sur une cohorte de 300 patients à Genève, la prévalence des allergies alimentaires associées à l’asthme était de 32%. Entre 2012 et 2013, de 45%.

Les phénomènes ont donc augmenté en nombre et en gravité.» Mais la modification de nos habitudes alimentaires n’explique pas à elle seule le nombre croissant d’allergiques en Suisse. Le réchauffement climatique joue un rôle majeur, avec l’apparition dans nos régions de certaines plantes du sud: des périodes définies d’allergies qui duraient de un à deux mois s’étendent actuellement jusqu’à huit mois parfois. De quoi aggraver l’état des allergiques. Sans oublier la pollution générée par les particules fines, notre rapport aux animaux domestiques omniprésents dans nos appartements et une propension à une hygiène de vie extrêmement soigneuse qui a rendu notre système immunitaire paresseux. En zappant le combat contre certains microbes, notre organisme se retourne contre des protéines inoffensives avec lesquelles il entre en contact par la peau, la respiration ou l’alimentation.


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Traitements à la carte

Sur le front des allergies, c’est donc toute l’immunité qui est perturbée en général, et qui évolue différemment durant la vie. Une situation globale qui se complique, mais face à laquelle les spécialistes s’avèrent de plus en plus armés. De la désensibilisation pour diminuer les risques et les symptômes, en cas d’allergie diagnostiquée par un allergologue, à l’établissement par un diététicien d’un régime sur mesure en cas d’intolérance alimentaire, la palette des traitements est adaptable. Et les réponses existent. Main dans la main avec les spécialistes, à chaque patient d’évaluer son seuil de tolérance individuel et son pedigree allergique.

3 pistes pour s’informer et prévenir

Une journée de prévention Lors de la Journée nationale de l’allergie du 17 mars 2016, dans 7 gares de Suisse des spots seront diffusés et des brochures distribuées pour informer et sensibiliser la population autour du thème annuel. Sur le site de aha! Centre d’Allergie Suisse, on trouve des documents informatifs à télécharger gratuitement. Des conseillers répondent à vos questions via la aha! infoline tous les matins.

Une appli SOS Pratique et gratuite, l’appli «PasseportAllergie» permet de lister dans son smartphone toutes les informations relatives à ses allergies ou intolérances. On peut y introduire les noms des personnes à contacter en cas d’urgence, ou ceux des médicaments à prendre. On y trouve aussi les prévisions polliniques, les bulletins météo, les plantes allergènes…

Un livre pointu Le livre du Dr Gay-Crosier apporte des explications, avec des témoignages de patients (en français) démontrant l’efficacité des traitements de désensibilisation, y compris pour les personnes très allergiques.

«Geneva’s White Paper on Allergy. Allergology in a Swiss Private Practice», Dr Fabienne Gay-Crosier, novembre 2015.

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