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Les terreurs nocturnes chez l'enfant

Les terreurs nocturnes chez l'enfant
© Getty Images

Depuis quelques mois, certaines nuits, Paul, 5 ans, se met soudainement à hurler, assis sur son lit, les yeux écarquillés, mais toujours endormi. Puis il se calme, reprend son doudou et dort de nouveau comme un bébé, comme si de rien n’était. Ces crises étranges, qui concernent presque exclusivement les enfants entre 3 et 15 ans, dont surtout des garçons entre 3 et 6 ans, portent un nom: les terreurs nocturnes. Pouvant durer d’une à vingt minutes, il s’agit d’une forme de «parasomnie», c’est-à-dire un comportement intervenant durant le sommeil, au même titre que le somnambulisme ou la somniloquie (le fait de parler en dormant). Comme avec ces autres parasomnies, l’enfant qui fait des terreurs nocturnes n’en a pas conscience et n’en garde aucun souvenir à son réveil. En revanche, s’il est tentant de plaisanter avec un somniloque (en essayant, par exemple, de lui faire révéler quelques secrets), les terreurs nocturnes sont bien trop impressionnantes pour prêter à sourire. D’où leur nom de «terreur», car c’est bien ce sentiment qui semble saisir brutalement l’enfant. Pourtant, que les parents se rassurent: ces crises sont moins inquiétantes qu’elles n’y paraissent. Selon le peu d’études sur le sujet, environ 3% des enfants en seraient régulièrement victimes, mais il est fort probable qu’ils soient plus nombreux à en faire exceptionnellement l’expérience. Voici quelques éclairages afin de dissiper tout à fait les peurs… des parents.

Est-ce un cauchemar?

Non, les terreurs nocturnes n’ont rien à voir avec les cauchemars et il est essentiel de les distinguer pour savoir comment se comporter avec son enfant: les cauchemars interviennent durant la phase du sommeil paradoxal, c’est-à-dire en fin de cycle de sommeil (d’où leur fréquence le matin). A l’inverse, les terreurs nocturnes surviennent en phase de sommeil profond. Ainsi, le plus souvent, elles saisissent l’enfant environ une heure après l’endormissement.

Faut-il le réveiller?

Si un enfant fait une terreur nocturne, cela n’apporte rien de le réveiller pour l’apaiser, par exemple. Au contraire: sortant d’un sommeil profond, il sera confus et très fatigué. Et lorsqu’il se rendormira, il risque de refaire des terreurs nocturnes. En revanche, il est essentiel de s’assurer qu’il est en sécurité dans son lit et qu’il ne risque pas de tomber ou de se blesser. Pour le tranquilliser, on peut rester un peu auprès de lui et lui parler très doucement, en lui caressant le dos jusqu’à ce qu’il se calme.

Faut-il lui en parler?

Ce n’est pas indispensable; n’ayant pas conscience de ces crises, cela pourrait l’inquiéter outre mesure et lui faire appréhender les moments du coucher et de l’endormissement, au risque de générer des insomnies. Car s’imaginer perdre ainsi le contrôle de soi durant la nuit peut être très anxiogène. Mais s’il y a une fratrie, en parler peut être utile afin d’expliquer la situation à la famille et de la rassurer. Dans tous les cas, l’objectif sera de dédramatiser.

Est-il stressé?

Les causes exactes de ces terreurs nocturnes restent mystérieuses. Selon le Dr Eric Lainey, directeur du Centre du sommeil, à Lausanne, la piste psychologique est peu solide car le plus souvent, ces crises surviennent indépendamment de toute situation de stress particulier. Bien sûr, de grands bouleversements dans la vie sociale, familiale ou affective de l’enfant peuvent perturber son sommeil, mais ce sera davantage sous la forme de cauchemars. La piste génétique est, selon le spécialiste, bien plus probable: généralement, quand ils interrogent l’entourage, les parents retrouvent des antécédents familiaux de parasomnie.

Quelles mesures prendre?

Outre des mesures de sécurité, il est essentiel de veiller à ce que l’enfant ait une parfaite hygiène de sommeil, c’est-à-dire des horaires de coucher et de lever très réguliers et de longues nuits. Les terreurs nocturnes semblent être favorisées par la fatigue. Evitons aussi les activités intenses ou excitantes en fin de journée (télé, jeux vidéo) pour, au contraire, installer des rituels apaisants et rassurants, en famille: lecture, relaxation, écoute de musique douce…

A partir de quand faut-il consulter?

Le plus souvent, les terreurs nocturnes se résorbent d’elles-mêmes, au plus tard à l’adolescence. Il arrive aussi qu’elles tournent au somnambulisme et/ou à la somniloquie. Sans danger, elles ne méritent pas de consultation médicale, sauf si elles finissent par nuire au sommeil de l’enfant ou à celui de son entourage, et qu’elles se répètent plus de deux ou trois fois par semaine. Dans ce cas, le premier interlocuteur sera le pédiatre qui, si nécessaire, orientera le jeune patient vers un spécialiste du sommeil. En ultime recours, des médicaments peuvent être prescrits pour raccourcir la phase de sommeil profond chez l’ enfant. Mais avant d’en arriver là, des cours, des livres et des CD de relaxation, yoga ou méditation pour les petits peuvent avoir de grands bienfaits.

3 exercices de relaxation à faire avec son enfant

1. Debout, pieds écartés à largeur du bassin,
dites à votre enfant d’inspirer par le nez
et en même temps de lever les bras vers le ciel
comme pour toucher le plafond, en regardant ses mains,
puis d’expirer par le nez tout en relâchant le haut du corps en avant,
ambes un peu pliées, et de se laisser pendre ainsi,
tel un petit singe.
Répétez 3 fois.

2. A quatre pattes, proposez à votre enfant d’inspirer lentement
tout en levant la tête vers l’avant et en étirant le dos,
puis d’expirer en faisant le dos rond.
Répétez trois fois ces postures du chien et du chat, puis finissez par la souris:
assis sur les talons, le visage au sol entre les genoux et les bras le long du corps,
en silence, pendant 10 secondes ou plus.

3. Allongés sur le dos, dites à votre enfant de fermer les yeux
et de penser (sans parler) à sa couleur favorite, celle qui lui fait du bien.
Puis demandez-lui d’imaginer qu’à chaque inspiration par le nez cette couleur entre en lui,
dans sa tête, dans son corps et qu’à chaque expiration elle l’envahit un peu plus et lui colore tout le corps.
Cet exercice de relaxation est à faire durant 3 à 5 minutes, le soir.

Illustrations: Sylvie Pinsonneaux/Comillus

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