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Octobre rose

L’édito de Géraldine Savary: «L’angoisse invisible»

Geraldine savary edito poésie ode aux alexandrins

« La vie est censée reprendre comme avant. La compréhension des proches s’est épuisée, tout le monde a envie de passer à autre chose.» - Géraldine Savary

© ANOUSH ABRAR

Ce jour-là, la lumière était douce, l’esprit en harmonie avec un corps fidèle. La voix du médecin qui, soudain, a prononcé le mot cancer a résonné comme une déflagration. Le ciel s’est obscurci, une masse noire a fondu l’air et accéléré la circulation du sang.

Puis est venu le temps de la bataille, de la douleur et des larmes. À la fatigue succède la colère, puis la colère balaie la fatigue, à la longue ça donne le vertige, ce roulis de sentiments. Tous les matins ressemblent à de gros râteaux face à son miroir, de se voir telle qu’on est, faible, chauve, terne. Les proches sont là, les soignants soignent avec professionnalisme et encouragement, les collègues prennent des nouvelles, se débrouillent pour vous remplacer en montrant que vous manquez. Durant le traitement, les personnes malades découvrent aussi à l’intérieur d’elles-mêmes des forces insoupçonnées face à la maladie, des gentillesses inattendues, l’espoir de guérir, l’envie d’aimer la vie.

Héros de guerre, cassés et traumatisés

Et puis un jour, un jour où la météo a perdu de son importance, les traitements se terminent, le médecin dit: «on se revoit dans un mois». La vie est censée reprendre comme avant. La compréhension des proches s’est épuisée, tout le monde a envie de passer à autre chose, de penser à de nouveaux projets, de raconter ses vacances plutôt que d’évoquer le cancer, de prévoir de faire des enfants. Les personnes qui ont traversé les traitements se retrouvent comme des héros de guerre qui rentrent dans leur foyer. Cassées, avec des images traumatisantes dans la tête, n’osant ou ne pouvant pas partager complètement la joie des retrouvailles.

La période de l’après-cancer sonne comme une libération, on se retourne et on se rend compte avec étonnement qu’on a passé l’épreuve! Pour d’autres, les mois de rémission ne sont pas moins difficiles. Le corps est fatigué, il doit se reconstruire, expurger les effets secondaires des traitements, brûlé par la radiothérapie, secoué par les décharges hormonales, marqué de cicatrices. Celles de l’âme sont tout aussi douloureuses, aiguisées par la nostalgie de celui ou de celle qu’on a été avant. Renaître n’est pas une mince affaire. En octobre, on pense à toutes celles et tous ceux qui avancent, convalescentes et convalescents sur le chemin de la guérison.

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