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Infertilité masculine, que dit la médecine?

Infertilité masculine, que dit la médecine?
© Getty Images/Moment Open

Répudier sa femme parce qu’elle ne tombe pas enceinte? Heureusement, il y a longtemps que la tradition a disparu. Et pour cause: on sait désormais que dans 30% des cas l’infertilité est à chercher du côté de l’homme, soit une responsabilité équivalente à celle des femmes. Les 40% de problèmes restants étant le fait des deux partenaires. Des proportions qui, selon Laurent Vaucher, restent stables, contrairement à ce qui est parfois lu ou entendu. «C’est une étude danoise parue en 1992 qui a, la première, tiré la sonnette d’alarme. Elle montrait qu’entre 1940 et 1990 la concentration de spermatozoïdes était tombée de 113 à 66 millions par millilitre.» Ces résultats avaient fait grand bruit, et le lien avec notre environnement toujours plus pollué et stressant a rapidement été envisagé. «Sauf que ces conclusions comparaient des populations très différentes, choisies sur des critères eux aussi divergents.»

Depuis, plusieurs travaux sont venus appuyer cette hypothèse d’un déclin de la fertilité masculine. Mais ils ont été contrecarrés par d’autres, menés dans différents pays, prouvant aussi que la diversité géographique du problème est importante. «De nouvelles études prospectives ont été lancées récemment. Elles devraient permettre d’y voir plus clair, puisqu’elles comparent, dans une même population, l’évolution de la concentration en spermatozoïdes sur vingt ans. A la question de savoir si l’infécondité au masculin est en hausse, le responsable de la consultation d’andrologie du CHUV ne peut du coup que répondre: «C’est probable, mais on ne sait pas!»

L’état des lieux

On estime à 15% la part de couples infertiles dans le monde. Un diagnostic posé suite à un an de tentatives infructueuses. Après consultation et premiers examens médicaux, un bilan de fertilité est proposé, dont le spermogramme s’avère une étape centrale, puisqu’il permet de mesurer le nombre et la mobilité des spermatozoïdes, le volume et la qualité du sperme. Un second spermogramme devra être réalisé 72 jours plus tard au minimum: c’est le temps qu’il faut à la semence pour se renouveler et, donc, pouvoir vérifier la stabilité des résultats initiaux. En dessous de 15 millions de spermatozoïdes par millilitre, on parle d’oligozoospermie plus ou moins sévère, et d’azoospermie en l’absence de spermatozoïdes. Ce sont là les premières causes d’infertilité masculine, avec l’asthénospermie (faible mobili té des spermatozoïdes), la tératospermie (spermatozoïdes anormaux surnuméraires) et les problèmes de production et d’émission du sperme dans lesquels sont transportés les spermatozoïdes.

Les causes reconnues…

Ces différents cas de figure peuvent être d’origine hormonale, génétique, malformative, liés à la présence de varicocèles (varices dans les testicules), suite à des opérations ou des traitements (exposition à la radiothérapie, par exemple) ou conséquence d’un traumatisme. «Certaines causes se révèlent corrigibles, remarque le Dr Laurent Vaucher, que ce soit par voie médicamenteuse ou chirurgicale.» La prise en charge permet alors soit de soigner la pathologie diagnostiquée, soit de faciliter le prélèvement pour une fécondation in vitro.

… et celles qui demeurent floues

Reste 40% d’hommes auxquels il s’avère impossible de donner une explication claire et définitive à leur situation. Une multiplicité de facteurs est soupçonnée: l’exposition intra-utérine à des toxiques, la consommation de tabac, d’alcool, de cannabis, d’antidépresseurs, le stress, le contact récurrent avec de fortes sources de chaleur, un épuisement physique ou, tout simplement, le faible nombre de rapports sexuels…

Le principal conseil alors délivré est d’améliorer son hygiène de vie et d’éviter les polluants de toutes sortes. «Il semble que la prise de vitamines antioxydantes puisse également réduire l’infertilité idiopathique, ajoute notre expert, ce qui tend à confirmer l’influence du stress.» Sans oublier l’activité physique, qui favorise une meilleure vascularisation globale, si on prend garde à éviter les excès. Les très grands efforts, tels qu’un marathon, peuvent en effet altérer profondément le spermogramme et réduire, du même coup, les chances de fabriquer une graine de champion.

3 gestes pour favoriser la vascularisation

1. Le poirier.

A environ 20 cm du mur, placez vos mains au sol (largeur des épaules), index pointé vers l’avant, cou dans l’alignement de la colonne vertébrale. Pliez une jambe et montez l’autre avec un peu d’élan. Entraînez-vous jusqu’à ce que vous puissiez poser cette jambe contre le mur, puis l’autre. Dans la posture du poirier, poussez sur vos mains, éloignez les oreilles des épaules, tout en allongeant le ventre et en tirant les jambes vers le plafond. Cette inversion favorise la circulation tout en musclant les épaules, la sangle abdominale et le dos.

2. Le massage doux et profond

Offrez-vous, une ou deux fois par mois, un massage du corps, en alternant massage doux et massage intense. Tandis que le premier travaille sur le système lymphatique, le massage franc agit, lui, sur la circulation profonde (veines et artères). De quoi favoriser l’irrigation sanguine, activer l’élimination des déchets dans les muscles, mais aussi apporter un afflux de sang frais.

3. Le pont

Allongez-vous sur le dos, genoux pliés, pieds posés à la largeur du bassin, près des fessiers. A l’inspiration, concentrez-vous sur la sensation d’allonger la colonne et, à l’expiration, sur la sensation d’enfoncer le dos dans le sol. Puis, sur l’inspiration suivante, montez les hanches de sorte que vous ne voyez plus vos genoux devant vous (position du pont). Maintenez 5 respirations dans cette posture, puis descendez sur l’expiration, en posant d’abord au sol le haut du dos, le milieu et enfin le bas. Répétez cet exercice 3 fois par jour afin d’augmenter l’afflux sanguin vers les parties génitales et de stimuler également les hormones.

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