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Flux menstruel: les nouvelles règles du jeu

Flux instinctif libre regles syndrome choc toxique

Depuis que le tampon est accusé de tous les maux (dangereux, bourré de substances chimiques, écologiquement désastreux), des systèmes alernatifs sont portés aux nues.

© Getty

SCT. Syndrome du choc toxique. Trois lettres qui, à chaque (rare) fois qu’elles font la une des journaux, provoquent l’inquiétude. La semaine dernière, c’est la jeune Maelle, 17 ans, qui, alors qu’elle était en parfaite santé, décédait en moins de 48 heures de cette infection très peu fréquente cependant (elle ne touche qu’une femme réglée sur 100 000 et ne serait mortelle que dans 3% des cas). En cause? Le tampon hygiénique qu’elle portait ce jour-là. Dès lors, ce dernier est accusé de tous les maux (dangereux, bourré de substances chimiques, écologiquement désastreux) et des systèmes alernatifs, lavables, coupes ou culottes menstruelles sont portés aux nues.

Méthode douce

Certaines optent même désormais pour l’absence totale de protection et pratiquent le flux instinctif libre, qui consiste à contracter son périnée pour retenir les fluides et les expulser dans les toilettes quand le besoin s’en fait sentir. Toutes celles qui ont connu l’alerte serviette qui déborde, la fuite de tampon et la malédiction de la tache sur le pantalon clair s’interrogent déjà: comment est-ce possible?

Jessica Spina, 36 ans, est une spécialiste de cette méthode sur laquelle elle a écrit un livre (Le flux instinctif libre, l’art de se passer de protection périodique, Ed. L’Instant Présent) et qu’elle enseigne dans le cadre de sa profession de naturothérapeute.

Se réapproprier son corps

«Depuis des siècles, on pense qu’on n’a pas d’autres moyens que de laisser le sang s’écouler. Or, il faut savoir que le sang ne se déverse pas comme un robinet ouvert. Il coule par petites saccades et on en perd en fait très peu, quelques millilitres.»

La méthode, qu’elle a expérimentée puis observée sur elle-même grâce à des échographies pelviennes, est simple:

«On apprend à contracter le périnée à certains moments pour stocker ce flux dans une partie du vagin et on le relâche dans les toilettes au moment d’uriner, par exemple.»

Pour Jessica Spina, qui confie que cette pratique diminuerait les douleurs menstruelles et le niveau du flux, «les femmes ont été habituées à appréhender leurs règles comme une contrainte. Cette méthode permet de refaire la connexion entre sa tête et son corps. Au bout d’un moment, on ne se rend même plus compte qu’on pratique ses contractions, ça devient comme une respiration. Les femmes doivent vraiment réapprendre à s’écouter.»

Interview

3 questions sur le syndrome du choc toxique avec la doctoresse Martine Jacot-Guillarmod, médecin associée en gynécologie de l’enfant et de l’adolescente au CHUV.

Femina: Qu’est-ce que le syndrome du choc toxique?

C’est une maladie infectieuse rarissime qui peut être très agressive, voire fulminante, et peut entraîner un état de choc septique dû à la dissémination de germes, notamment certains streptocoques. Ces germes vont libérer des toxines qui vont vite se répandre, via le sang, à différents organes nobles. La manifestation classique du choc toxique est un syndrome grippal qui peut avoir une allure violente et être accompagné d’une rougeur cutanée, de chutes de tension et d’une altération de l’état de conscience. La prise en charge rapide et le traitement par antibiotiques peuvent contrôler cette maladie.

L’Agence nationale française de sécurité sanitaire de l’alimentation a encore mis en garde, lundi 20 janvier dernier, les utilisatrices de tampons, mais aussi de coupes menstruelles, face au choc toxique. Quel est le lien de ces deux dispositifs avec cette pathologie?

Les études sur le sujet ne sont pas claires, mais il y a fort à penser que, dans le cas des tampons, une rétention du sang de trop longue durée est en cause. Un mécanisme d’obstruction à l’écoulement fait qu’une bactérie, qui peut faire partie de celles qu’on a normalement dans l’organisme, se multiplie anormalement et se met à produire les toxines incriminées. D’autres pistes évoquent également la capacité d’absorption et la composition des tampons: plus un tampon est absorbant, plus le risque est grand. Certains cas décrivent l’apparition de ce syndrome chez les porteuses de coupes menstruelles.

Comment le prévenir?

Toutes les situations n’aboutissent pas à des situations létales ou catastrophiques. Toutefois, les symptômes de syndrome grippal rendent le diagnostic difficile. Il faut pouvoir faire une association entre les symptômes et le port d’un tampon ou d’une cup par les patientes. De mon côté, je conseille aux adolescentes de changer leur tampon toutes les 4 à 6 heures, ou de vider leur cup très régulièrement, et de mettre des serviettes la nuit pour observer une trêve dans la rétention de l’écoulement.

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