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Comment arrêter de culpabiliser après un excès de table?

Comment arreter de culpabiliser apres un exces de table

«Le corps est capable d’emmagasiner davantage de calories que nécessaire, mais ce n’est pas pour autant qu’il ne parviendra pas à rééquilibrer cela sur les jours suivants. Le processus ne s’apparente pas à un phénomène d’action-réaction, on ne prend pas deux kilos de masse graisseuse en deux jours d’excès alimentaires.» - Céline Broillet, diététicienne diplômée et nutritionniste.

© Getty Images

«Quand j'ai terminé ma deuxième part de bûche, à Noël, il m'arrive de penser à combien de kilomètres il me faudrait marcher pour brûler tout ça», partage Manon, 32 ans. Même constat pour sa sœur, Béatrice: «J'essaie de ne pas m'en inquiéter, car les fêtes sont une occasion spéciale, mais c'est vrai que le lendemain, je culpabilise quand même un peu d'avoir mangé beaucoup plus que d'habitude.»

Après les réveillons de fin d'année et leurs traditionnels festins, la question des excès de table et du poids continuent de s'inviter dans les conversations - et dans l'esprit - de nombreuses personnes. Et pour ne pas arranger les choses, certains fitness sont déjà sur le qui-vive, prêts à nous envoyer l'annuelle missive du 27 décembre, histoire de nous rappeler qu'il va falloir brûler la dinde aux marrons. Le même jour, on entendra peut-être un voisin clamer, perché sur son vélo et rouge de transpiration, «Je compense mes folies d'hier soir!»

Que de bonnes résolutions, bien sûr, sachant que l'activité physique régulière et une alimentation équilibrée restent essentielles à la santé. Or, selon l'historique et la sensibilité de chacun-e, ce genre de discours post-Noël peut constituer un terrain délicat et susciter un phénomène de food shame (sentiment de culpabilité après avoir trop mangé). Par ailleurs, pour les personnes souffrant ou ayant souffert de troubles du comportement alimentaire, la période des fêtes peut s'apparenter à un véritable supplice ou une accumulation de triggers potentiels.

Afin de couper court aux éventuels discours intérieurs culpabilisants et adopter une approche plus saine des excès de table annuels (lorsque ceux-ci nous inquiètent un peu), nous avons demandé l'avis de Céline Broillet, diététicienne diplômée et nutritionniste. Entre deux réveillons, elle a pris le temps de répondre à nos questions en trois points:

L'organisme se rééquilibre, suite à un grand repas

Voilà qui devrait rassurer toutes les personnes susceptibles de s'inquiéter d'avoir trop mangé le 24 décembre: un ou deux copieux dîners n'auront pas d'effets importants. «Le corps est capable d’emmagasiner davantage de calories que nécessaire, mais ce n’est pas pour autant qu’il ne parviendra pas à rééquilibrer cela sur les jours suivants, explique notre experte. Le processus ne s’apparente pas à un phénomène d’action-réaction, on ne prend pas deux kilos de masse graisseuse en deux jours d’excès alimentaires.»

Mais alors comment se fait-il qu'on se sente parfois légèrement serré-e dans nos vêtements, après une délicieuse raclette entre amis? «Il peut arriver de se sentir un peu lourd ou inconfortable, car le tube digestif est alors plus rempli que d'ordinaire, ajoute Céline Broillet. Il peut également s'agir de rétention d’eau, provoquée par une consommation plus élevée de sel, avec un peu d’alcool, pendant les Fêtes.» Or, cela n'est pas bien grave, sachant que les occasions spéciales et ses gourmandises doivent avant tout être un plaisir, un moment de convivialité. «Si l’on a de bonnes pratiques la plupart du temps, on peut tout à fait se permettre quelques excès, que ce soit durant les Fêtes ou lors de nos repas familiaux du dimanche, par exemple.» Comme souvent, le problème se situe donc dans les mauvaises habitudes à long terme, et non pas dans les exceptions.

L'importance d'écouter son corps

«Il faut tout de même admettre que les fêtes de Noël peuvent occasionner une abondance, surtout lorsqu’on enchaîne les grands repas pendant deux semaines, prévient la nutritionniste. Cela vient d’un effet de rituel, du regroupement familial, associé aux températures froides de l’hiver pouvant réduire nos activités physiques quotidiennes. De plus, le métabolisme évolue au cours de la vie, signifiant qu’à partir d'un certain âge, deux semaines d’excès peuvent mener à une prise de poids qu’on n’aurait pas constatée quinze ou vingt ans plus tôt.» Cependant, pour en revenir au sujet de l'abondance occasionnelle, elle précise: «Un jour d'excès ne doit pas mener à une semaine entière de régime.»

Quels sont, dans ce cas, les meilleurs réflexes à adopter, après un copieux repas? La réponse est simple: ne pas s'autoflageller et laisser nos sensations nous guider. «Il n’est pas utile de tenir un discours culpabilisant, mais plutôt d’écouter notre corps, explique Céline Broillet. Après un grand déjeuner de fête, nous aurons moins faim, notre corps nous guidera vers le besoin calorique adapté et nous orientera naturellement vers quelque chose de plus léger. Sans aller dans l’idée du tout ou rien, il convient de rester conscient-e de cela et d’attendre que revienne la sensation de faim avant de manger. Notre corps sait ce qu'il nous faut!»

© Eiliv Sonas Aceron / Unsplash

Changer de discours intérieur

Si la culpabilisation n'est jamais bénéfique, l'idée de prendre quelques bonnes résolutions en début d'année, dans le but de favoriser notre santé, est évidemment très positive! Pour notre experte, tout dépend de notre discours intérieur et de l'intention que nous y mettons: «Lorsqu’on n’est pas dans un schéma de contrôle pathologique, cela peut juste s’apparenter à un élan de motivation bienfaisant, l’envie de soigner notre forme, de se sentir mieux. Tant que c’est ancré dans une idée d’amour de soi, en conscience et en bienveillance, c’est très bénéfique. Cela devient problématique lorsqu’on entretient des pensées négatives, des peurs ou un besoin de contrôle.» [Si vous vous reconnaissez dans cette seconde description et que votre relation à l'alimentation devient pénible ou invivable au quotidien, il est indispensable de demander l'aide d'un-e professionnel-le. Vous n'êtes pas seul-e, et un-e expert-e pourra vous soutenir, ndlr]

Ainsi, la grande distinction à établir est toujours la même, résumée par une question très simple: qu'est-ce qui me pousse à faire cela?

Notre intervenante poursuit: «J'essaie toujours de me baser sur trois axes: le corps, le cœur et le mental. Lorsqu'une personne décide de s'inscrire à un cours de fitness ou de pilates après les repas de Noël, on peut se demander dans quel axe s'ancre cette décision. Vient-elle de son cœur, d'une envie de prendre soin d'elle et d'une bienveillance envers son corps? Ou vient-elle du mental, d'une peur ou d'un manque de confiance?» De même, lorsqu'on saute un repas après un festin de réveillon, on peut se poser une question identique: «Est-ce mon corps qui choisit de sauter ce repas, car il n'a pas encore faim? Ou mon mental prend-il le dessus sur mes sensations naturelles, en imposant la décision de ne rien manger?»

Le fait d'écouter son corps et son cœur devrait donc tenir une place centrale dans notre discours intérieur. Remplacer la culpabilité par la gratitude (une raclette/bûche/dinde, c'est quand même très, très bon!) et renforcer notre bienveillance envers nous-mêmes: n'est-ce pas une belle résolution pour 2022, ça?

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