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Comment adopter le «Niksen», l'art de ne rien faire venu des Pays-Bas

Niksen art de ne rien faire pays bas

Pour adopter ce concept hollandais, vous avez besoin de... rien du tout! (Bon, allez, quand même une chaise, un bon roman, une boisson fraîche, un truc à grignoter, votre chat, votre ordi... Mais sinon, rien!)

© Christopher Burns

Jusqu'ici, les tendances lexicales venues du Nord ne nous ont apporté (presque) que du bien. Depuis l'arrivée du «Hygge» (l'équivalent danois de «cosy», subitement célébré à l'internationale), les couvertures, bougies parfumées, bains moussants et petites soirées tranquilles sont devenus le paroxysme du cool.

Depuis le «Lagom» (adverbe suédois signifiant «ni trop, ni trop peu»), on a le droit de copier la déco minimalistes des pays scandinaves, de faire des pauses «fika» au travail et de s'asseoir par terre dans la forêt pour méditer. Parce que tout ça, c'est terriblement tendance: et on ne va pas s'en plaindre!

Mais comme l'été n'est pas une saison adaptée aux couvertures en laine, voilà qu'un petit nouveau fait son apparition sur le devant de la scène. Il s'appelle «Niksen» et vient tout droit des Pays-Bas. Signifiant littéralement «ne rien faire», ce mot néerlandais fait allusion à une habitude de vie très agréable, un concept que les Hollandais appliquent durant le weekend ou leurs jours de congé: ne rien faire, dans le but de se ressourcer et de compenser un rythme de vie stressant.

En quelques semaines, le terme a fait son apparition dans le journal «Time», puis dans «Vogue Australia», avant d'être relevé par plusieurs médias hollandais, étonnés de voir que ce verbe avait attiré l'attention de tels titres internationaux.

À tenter absolument

Une bonne idée? Oui, selon le psychologue FSP Julien Borloz: «Des moments de pause sont nécessaires, estime-t-il. La réussite, que cela soit dans le business, le sport ou la vie en général, est une question de timing et de rythme.

Si vous êtes constamment en train de produire, vous n'avez plus de temps pour la réflexion, pour penser à de nouveaux projets ou faire le bilan de vos actions, afin d'évaluer si vous allez dans la bonne direction. Autrement dit, vous avez "la tête dans le guidon".»

Plusieurs études ont également démontré que des instants d'oisiveté étaient très bénéfiques pour le système immunitaire, la créativité et le bien-être général. Voici comment s'y mettre, à notre tour:

1. Réapprendre à ne rien faire (du tout)

On pourrait penser que la «dolce farniente» est l'activité la plus facile au monde: mais il n'en est rien. Car s'asseoir sur une chaise pour écouter les oiseaux, lorsqu'on a l'habitude de courir dans tous les sens, en accomplissant cinq activités en même temps, peut prendre des airs de mission impossible.

«C'est difficile, car cela va à l'encontre de l'état d'esprit de notre société capitaliste, qui ne jure que par la productivité et le "toujours plus", souligne notre expert. C'est pourquoi l'on a toujours des horaires de bureau de 8h à 17h, quand bien même il a été démontré qu'il est impossible d'être concentré et productif pendant une si longue période de temps. La difficulté vient donc de "mauvaises habitudes" que l'on a intégrées depuis longtemps, et qu'il est nécessaire de questionner et de modifier.»

Or, transformer une habitude n'est jamais chose aisée. Il faudrait donc s'accorder le temps de prendre conscience de ce rythme effréné, avant de le modifier progressivement. Selon Carolien Hamming, directrice du centre de coaching hollandais CSR Centrum, la pratique du «Niksen» peut effectivement sembler un peu étrange aux individus multitâches qui ne s'octroient aucun instant de paix totale.

«Il faut oser être oisif, explique-t-elle au "Time". Il s'agit de permettre à la vie de suivre son cours et de se libérer de toute obligation, pendant un petit moment.»

Aussi conseille-t-elle à ses clients de s'obliger quotidiennement à ne rien faire, ne serait-ce que pendant quelques instants. On commence donc par passer cinq minutes par jour, assis dans un coin tranquille, en regardant par la fenêtre ou en écoutant de la musique. Et on se réserve au moins une ou deux soirées d'oisiveté obligatoire, chaque semaine, pour paresser à la maison sans culpabiliser.

2. S'entraîner à faire quelque chose, sans avoir de but particulier

Quand on pratique le «Niksen», l'essentiel est de ne poursuivre aucun objectif.

Par exemple, si on lit un roman, ce n'est pas pour pouvoir citer Hemingway en société. Si on fait du yoga, on ne pense pas à ce nœud douloureux qu'on cherche à faire disparaître. Si on s'octroie une promenade, interdiction de vérifier le nombre de pas effectués, une fois rentrées à la maison.

«Le bien-être viendra d'un équilibre entre période de calme et de réflexions, et d'autres périodes d'action et d'activité», rappelle Julien Borloz.

Vous l'avez compris: alors que nous recherchons toujours l'efficacité et l'immédiateté, il est grand temps de s'accorder des moments complètement inutiles, rien que pour nous. Des moments consacrés à ce que nous avons vraiment envie de faire, comme lorsque nous étions petits et que nos jeux n'avaient aucun but particulier, puisqu'on voulait juste s'amuser: c'est aussi ça, la détente!

3. Adopter une activité quasi-méditative

Pour certaines personnes, la méditation régulière ou l'immobilité sont aussi désagréables qu'impossibles à maintenir dans la durée. Mais il existe un grand nombre d'activités relaxantes, qui offrent une pause bien méritée au cerveau.

On peut par exemple s'adonner à une nouvelle passion créative qui ne requiert pas une concentration trop intense et devient presque automatique, comme le tricot, le dessin, le coloriage ou la calligraphie.

Les pâtissiers en herbe peuvent aussi se tourner vers leurs fourneaux, et réaliser un gâteau sans raison particulière: juste parce qu'ils ont envie!


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