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    Ghosting et compagnie: le nouveau langage de la drague

    A l’heure de Tinder et du glisser à gauche (ou à droite, c’est selon), le vocabulaire des rencontres amoureuses s’émancipe. Pour espérer comprendre quelque chose, jetez-vous sur notre lexique.

    Publié le 
    15 Octobre 2017
     par 
    Julien Pidoux

    Submarineing

    Ou le coup du sous-marin. Disparaître des radars, ne plus donner signe de vie (numérique), puis revenir tout sourire, comme si de rien n’était. Une élégante manière de faire qui s’apparente au zombie-ing, direz-vous? Que nenni! Cette fois, on ne prend même plus la peine de s’excuser ou d’expliquer notre absence. «Oui, cela fait 11 mois qu’on ne s’est pas vus. On va au Burger King?»
     

    Breezing

    Ou la non-prise de tête (de breezy, désinvolte). Ne pas suranalyser les 3 mots et demi qu’il nous a envoyés. Ne pas passer des heures devant son armoire pour choisir LA tenue qui le titillera sans le rendre priapique. Lui avouer tout de go qu’on n’est pas fan de «Game of Thrones», histoire de crever l’abcès. Etre soi-même, en gros, et faire fi des convenances. Pour une fois qu’un mot se terminant en -ing n’est pas anxiogène, profitons-en.

     

    Monkeying

    Ou le syndrome Tarzan. Comme un ouistiti, un bonobo ou Alexander Skarsgard, passer d’un arbre (lire: partenaire) à un autre sans pouvoir s’arrêter. La multiplication des apps de rencontre alimente dangereusement cette pulsion. Un peu comme le site Doctissimo chez les hypocondriaques.

     

     

    Ghosting

    Ou faire le fantôme. Il n’avait d’yeux que pour vous, mais voilà qu’il fait le mort sur les réseaux sociaux, sur Whatsapp. Partout, quoi. Il vous ghoste, donc. N’espérez pas le voir rappliquer discrètement derrière vous et vous aider à malaxer la glaise sur le tour de potier, il ne reviendra pas. A ne pas confondre avec le haunting, quand un ex vient vous hanter (par exemple en changeant son statut de célibataire à marié avec…).

     

    Netflix&Chill

    Ou la soirée télé qui dégénère. Avant, on disait passer à la casserole. Ou, pour les plus chastes, prendre un verre à la maison. Mais ça, c’était avant les vidéos en streaming et le dieu Netflix. Désormais, si quelqu’un vous invite à une soirée de binge-watching en toute détente, vous saurez à quoi vous attendre. Et si, en plus, vous commencez par un épisode de «Sense 8», vous ne devriez même pas avoir le temps de plonger la main dans le bol de pop-corn.

     

    Stashing

    Ou la relation invisible (to stash, cacher). Il est adorable. Attentionné. Mais il n’assume pas. Exclu de vous présenter à ses amis, ou à ses parents. Inimaginable de s’avouer en couple sur Facebook. Un selfie tous les deux? Vous rigolez. Du coup, il peut facilement se comporter en célibataire quand on a le dos tourné. Dur dur pour l’estime de soi.

     

     

    Cushioning

    Ou la roue de secours. Oui, il vous a invité pour un verre-et-plus-si-affinités, c’est magnifique. Mais il a blindé ses arrières: si vous hésitez trop longtemps (ou si vous lui dites carrément non), il a prévu le coup et déjà sondé le terrain auprès de trois autres candidates, toutes prêtes à fondre sur leur proie. Les amateurs de sports d’équipe préfèrent le terme de benching (en référence aux joueurs qui restent sur le banc mais peuvent éventuellement être appelés).

     

    Breadcrumbing

    Ou le sadisme du Petit Poucet (breadcrumbs signifiant miettes de pain). Il est comme le personnage du conte: il essaime par-ci par-là un petit like, un «ça va?» ou une émoticône souriant à l’une de vos publications. Mais quand vous l’invitez à boire un verre, nada, il fait le mort. Un psychiatre parlerait de pervers narcissique.

     

    Cuffing season

    Ou la saison des menottes. Plus ou moins simultanément à la période de la chasse, les hormones du désir connaissent un pic chez l’être humain. De très sérieux professeurs allemands et norvégiens sont arrivés à cette conclusion. Coïncidence? C’est en automne que Facebook enregistre le plus de changements de statut. Même les célibataires les plus endurcis ne pourraient résister à cet appel de la nature. Entre le blues hivernal et la montée de sève automnale, on a vite fait son choix. Mais on se dépêche, il paraît que c’est dans les deux semaines précédant Noël que le site de Mark Zuckerberg comptabilise le plus de ruptures.

     

     


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