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Concert

MJF 2019: On vous raconte le magnifique concert d'adieu d'Elton John

Montreux Jazz festival 2019 Elton John concert

Entre deux tubes, le chanteur a pris le temps de délivrer un très beau message de tolérance.

© Lionel Flusin

Les joues déjà rouges, des flyers en guise d'éventails improvisés dans les mains, la foule ravie débarque des 40 navettes mobilisées pour l'occasion. À l'entrée du stade de la Saussaz, à dix minutes de Montreux, les bouteilles d'eau sont vidées d'une traite, puis abandonnées avec de brefs gémissements désespérés. Les casquettes et autres chapeaux sont extirpés des sacs, à 19 heures passées. Il fait très, très chaud.

Néanmoins, une fois que les baskets foulent le sol du stade (dont le gazon a été totalement protégé pour l'occasion), le soleil brutal est pardonné.

Les files d'attente menant aux foodtrucks serpentent inlassablement autour des grands bars et autres parasols rouges, mais les quarante minutes de patience sont vite oubliées, elles aussi. Car en ce samedi 29 juin 2019, par une température tropicale inhabituelle en Suisse, c'est un événement unique qui rassemble plus de 15 000 spectateurs, toutes générations confondues. Sir Elton John est venu nous dire adieu.

Même les jeunes amateurs de musique contemporaine auront du mal à être crédibles en déclarant «Je ne connais aucun de ses morceaux»: Elton John a chanté tant d'événements, tant de causes, et surtout durant tant d'années, que ses refrains et accords au piano réveillent forcément un souvenir.

Et alors que de nombreuses personnes attendent toujours leur burger au moment des premières notes de musique, d'autres sont déjà assises tout devant, sous le soleil de plomb, afin de s'assurer une place à proximité de la star. Mais les retardataires ne se laissent pas décourager: les files d'attente, d'abord statiques, deviennent subitement mouvantes, tandis que les plus hardis se déhanchent au son de «Guess that's why they call it the blues».

Quelqu'un s'est d'ailleurs exclamé: «Il commence par ma préférée!» (Bon, ok, c'était moi. Mais je n'allais pas repartir sans mon cornet de frites!)

Le rock endiablé se relaie habilement avec les morceaux plus romantiques et la foule adapte ses mouvements à l'alternance du rythme. De l'électrisant «Rocketman» au magnifique «Candle in the wind», en passant finalement par «Yellow Brick Road». La voix d'Elton John n'a pas changé d'une octave. Au fur et à mesure que le soleil prend congé, les lunettes violettes qu'arborent certains fans parsèment l'obscurité de petits éclats de lumière colorée.

Plus d'amour, please!

Et puisqu'il s'agit malheureusement d'une tournée d'adieu, l'artiste n'a pas manqué de délivrer un message qui lui tient particulièrement à cœur, avant de passer à la dernière partie du concert:

«J'en ai tellement marre de la haine, du racisme, de l'homophobie. Je suis mortellement fatigué des personnes qui se disent religieuses, mais qui sont si loin de Dieu. Nous devrions nous apprécier les uns les autres. Nous devons accepter tout le monde, même si nous ne sommes pas toujours d'accord.»

Un monde avec plus d'amour: voilà ce dont rêve Sir Elton John. Et c'est précisément dans ce monde-là qu'il voudrait voir grandir ses deux jeunes enfants, avec lesquels il prévoit de passer beaucoup plus de temps, dorénavant.

Adieu, Yellow Brick Road

La stade est grand, et une bonne partie du public n'aura aperçu que la silhouette du chanteur, facilement repérable grâce aux strass qui ornent ses vêtements de scène. Mais trois écrans géants diffusent constamment des images, permettant même aux claustrophobes, tapis tout derrière, de suivre chaque détail du show.

De temps en temps, des photos nostalgiques, souvenirs d'une longue et belle carrière, volent la vedette aux plans tournés en direct. Evidemment, un rugissement d'applaudissements rappelle le chanteur sur scène, après sa première révérence. Elton réapparaît alors en training, son nom gravé en lettres scintillantes dans son dos.

C'est plutôt parlant: le nom restera certainement gravé dans les mémoires de cette façon. Comme les paroles et les refrains. Ceux que j'entonnais déjà à cinq ans, dans la voiture de mon père, incapable d'en comprendre le sens et dans un langage «yaourt» frisant l'absurde. Elton John est immortel: tant que nous saurons chanter «Can you feel the love tonight», la légende ne s'éteindra pas.

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