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La série Netflix «Insatiable», taxée de grossophobie et d’homophobie, divise comme rassemble

Insatiable

Selon le «Daily Beast», le verdict est sans appel: «"Insatiable", c'est l'exemple terrible d'un projet qui part sur de très belles intentions mais dont le résultat est affreux. C'est une satire absolument inélégante. Elle ne réussit ni à faire passer le message progressiste qu'elle défend sur l'image du corps et du poids, ni à développer ses intrigues sur la sexualité, le racisme et l'acceptation de la transidentité.»

© DR

La série, au style très ostensiblement décalé, met en scène Patty (Debby Ryan), adolescente obèse et objet de moqueries incessantes qui, à la suite d'un accident, devient filiforme. Dès lors, elle n'aura de cesse de se venger de tous ceux qui s'en sont pris à elle, notamment en participant à des concours de beauté.

Dès la mise en ligne de la bande-annonce, de nombreuses critiques s'étaient élevées pour dénoncer ce qui apparaissait comme une apologie de la minceur, seule voie de salut supposée pour les rondes. Elle perpétuait, selon une pétition lancée en juillet 2018;

«non seulement la toxicité de la culture des régimes mais aussi l'objectification du corps féminin».

S'appuyant jusqu'ici essentiellement sur la seule bande-annonce, les commentaires négatifs ont redoublé avec la diffusion de la série elle-même.

Le 13 août 2018, la pétition, qui réclame le retrait pur et simple du programme, compte plus de 231 000 signatures.

Être lesbienne, «c'est bien pire»

La vindicte s'est étendue à la façon qu'avait «Insatiable» de dépeindre l'homosexualité, faisant notamment un ressort comique du désir refoulé de Nonnie, sa meilleure amie, pour Patty.

Dans une scène de la série, une jeune fille qui diffuse, par accident, une photo d'elle nue explique qu'elle craignait, au départ, que les gens la prennent pour une «traînée», mais qu«ils pensent maintenant que je suis lesbienne», «c'est bien pire».

Dans une autre, Patty et une femme transgenre comparent les gros aux trans, les deux ambitionnant, selon elles, de changer leur corps.

«Dietland»: la série qui recadre le féminisme et la grossophobie

«Au minimum, cela va provoquer des discussions», a estimé, lors d'une interview à la chaîne E!, l'actrice Alyssa Milano, qui joue dans la série.

«J'ai bien conscience que ce n'est pas une série pour tout le monde, mais nous sommes vraiment fiers de ce que nous avons fait.»

Une satire au ton outrancier

La vice-présidente en charge des contenus maison chez Netflix, Cindy Holland, a expliqué que «la série (avait) été conçue comme une satire», «dans un style très outrancier».

«La série est une leçon qui montre à quel point il peut être destructeur de croire que l'apparence est plus importante» que la personnalité, avait écrit Lauren Gussis, la créatrice d'«Insatiable», qui a expliqué s'être inspirée de sa propre histoire.

«S'il vous plaît», avait-elle plaidé, «donnez une chance à cette série».

«Cette série (...) ironise la grossophobie en la rendant ridicule»

Sur Twitter, les premiers fans de la série se dessinent et n'hésitent pas à poster des messages afin d'encourager la Toile à regarder le show atypique.

«Aussi vide que cynique»

Pendant ce temps-là, de l'autre côte de l'Atlantique, la presse américaine a détesté «Insatiable» la scandaleuse, le site RogerEbert.com la décrit même d'«aussi vide que cynique» et poursuit «C'est presque fascinant de constater à quel point Insatiable rate tout ce qu'elle entreprend (...) L'absence d'intérêt véritable que la série porte à ses personnages n'a d'égal que le manque de respect qu'elle a pour ses téléspectateurs.»

Selon «Variety», le show «ressemble à une douzaine de séries différentes et toutes aussi ahurissantes les unes que les autres, coincées en une seule - et aucune ne semble savoir où ses véritables forces se trouvent.»

Pour le «Daily Beast», le verdict est sans appel: «'Insatiable', c'est l'exemple terrible d'un projet qui part sur de très belles intentions mais dont le résultat est affreux. C'est une satire absolument inélégante. Elle ne réussit ni à faire passer le message progressiste qu'elle défend sur l'image du corps et du poids, ni à développer ses intrigues sur la sexualité, le racisme et l'acceptation de la transidentité.»

Le site Vulture semble enfin donner le coup de grâce: «La série est pire que vous tout ce que vous pouviez imaginer (...) c'est une catastrophe.»

Moralité? On vous conseille de vous forger votre propre avis. Pour notre part, nous débutons, un peu sceptiques, le deuxième épisode ce soir...

En mode «Body Positive»: Enfin des mannequins comme vous et moi!

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