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«Eva» de Simon Liberati en phrases clés

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© Getty

Le 23 mai 1977, Eva Ionesco, 11 ans, pose totalement nue en couverture de «Spiegel». La photographe, sa mère, Irina Ionesco, la met en scène depuis ses 4 ans dans des poses érotiques. Irina en tire une notoriété dingue. L’histoire connue internationalement, a inspiré des films comme «Pretty Baby» de Louis Malle avec Brooke Shields. A son insu, Eva est une sorte de Lolita, une légende des seventies singulière et scandaleuse comme il ne pourrait plus exister aujourd’hui.

L’histoire est également connue comme objet d’une longue bataille judiciaire entre la mère et la fille. En mai 2015, la Cour d’appel de Paris a interdit à Irina Ionesco l’exploitation des photos prises de sa fille quand elle était mineure. Disponible début septembre en librairie, le roman du dandy Liberati, a bien failli ne pas voir le jour. Ce dernier est largement consacré aux rapports qu’Eva entretenait avec sa mère. Voilà pourquoi Irina Ionesco, 85 ans, s’opposait à certains passages la concernant et réclamait la suppression. Mais la justice en a décidé autrement.

Vendredi 28 août, l’auteur, au micro d’Augustin Trapenard sur France Inter dans l'émission «Boomerang» raconte, entre autres, comment notre société est obsédée par le passé et comment il est tombé amoureux d’Eva Ionesco, alors âgée de seulement 13 ans.

«Eva avait 13 ans, j’en avais 19»

Une anecdote digne du cinéma. Car bien avant qu’il ne la rencontre réellement en 2013, puis l’épouse, Simon Liberati avait déjà rencontré Eva Ionesco au mythique Palace. Il la retrouve plus de quarante ans plus tard, après s’être inspiré d’elle pour un personnage de prostituée de son premier roman («Anthologie des apparitions»), il sait aussi tôt «qu’ils ne se quitteront plus» et a la conviction au fond de lui, que leur amour fera l’objet d’un de ses livres.

«Les pulsions suicidaires d’Eva, son intransigeance hautaine et malveillante à l’égard du sexe masculin, ma propre fuite en avant, ma misogynie et nos deux égoïsmes ne pouvaient être tempérés que par l’absolu de notre engagement.»

A propos des séances photos d’Irina Ionesco et de sa fille, l’auteur rapporte: «Les séances commençaient habillée et se terminaient nue, jambes écartées.» et écrit si «Souvent pictorialistes mais parfois brutalement pornographiques». L’auteur écrit également, Irina est une «corruptrice qui la poussait à ces jeux auto-érotiques», elle a «loué, pour ne pas dire vendu Eva à des amateurs».

Eva Ionesco avait confié avoir édulcoré sa propre histoire pour le scénario de «My Little Princess» (2001) où Isabelle Huppert y incarnait sa mère.

Liberati décrypte par ailleurs: «A part les saints de la Légende dorée et les enfants-stars d’Hollywood, je crois qu’il est unique qu’une fillette de moins de 13 ans porte à ce point de dandysme les traits et les valeurs du caractère qu’elle s’est choisi.»

«Cette poupée d’envoûtement répandait, selon sa fille (…) un fumet âcre de transpiration paludique, se signalait à l’attention par une voix criarde et rauque, des jets d’urine lâchés à n’importe quel coin de rue (…) ainsi que le parfum du haschich de Baudelaire et de Renée Vivien fumé à longueur de temps (…)»

Voilà une des phrases qu’Irina Ionesco aurait souhaité voir disparaître. Le romancier évoque également la filiation incestueuse d’Irina, née de l’union de sa mère avec le père adoptif de celle-ci.

L’avocate de l'écrivain et des éditions Stock avait déclaré: «Je trouve sidérant qu’une mère, après avoir saccagé l’enfance de sa fille comme elle l’a fait, puisse s’offusquer de quelques propos tenus sur elle.»

«Eva» de Simon Liberati, aux éditions Stock, 278 pages.

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