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Carnet noir: Azzedine Alaïa, l’homme qui sculptait les femmes

Carnet noir: Azzedine Alaïa, l’homme qui sculptait les femmes

Azzedine Alaïa avec le mannequin et muse Farida Khelfa en 1990. Carrure large et taille cintrée, le corps de la femme est sculpté de manière architecturale.

© Getty

1957 C’est l’amour de la couture, transmis par sa sœur jumelle, qui emmène Azzedine Alaïa à Paris. Il quitte sa Tunisie natale, où il a étudié la sculpture aux Beaux-arts – une influence qui marquera tout son travail. Il entre chez Dior, sous l’égide d’Yves Saint-Laurent, mais n’y restera que cinq jours. «Je pense que la situation politique était en cause. On m’a dit: Jeune homme, on ne peut pas vous garder, vous n’avez pas de carte de séjour. Pourtant, si… je suis parti, j’étais en larmes», racontait-il. Ses rencontres le conduisent chez Guy Laroche, puis Thierry Mugler, où il fait ses armes. De fil en aiguille, il se constitue une clientèle et ouvre un atelier dans lequel il reçoit le Tout-Paris, Arletty, Greta Garbo ou les danseuses du Crazy Horse.

1979 Encouragé par Thierry Mugler, il ouvre sa propre maison de couture. Les années 1980 seront celles de la consécration. Ses créations, sculpturales, drapent le corps de jersey ou de cuir, subliment les courbes féminines soulignées de piqûres ou de zips. «Quand je travaille le vêtement, il faut que ça tourne autour du corps, de profil et de dos», expliquait le couturier. «Avec la disparition d’Azzedine, ce n’est pas une page qui se tourne mais un chapitre qui se clôt: celui de ces couturiers virtuoses qui ont établi le dialogue le plus proche et le plus mystérieux avec la féminité. Azzedine construisait ses robes comme des cathédrales vouées au culte de la femme. Entre ses mains, la femme devenait une déesse ou une conquérante - regardez Grace Jones, Farida Khelfa, Naomi Campbell ou Carla Bruni en Azzedine Alaïa», explique le créateur de mode Jean-Charles de Castelbajac à Madame Figaro.

1985 Triomphe pour Azzedine aux Oscars de la mode de la Fédération française de la couture. Il reçoit l’Oscar du créateur de l’année et le Prix spécial du jury des mains de Jack Lang, alors ministre de la Culture, devant les plus grands: Yves Saint Laurent, Sonia Rykiel ou Claude Montana. C’est une de ses muses qui l’accompagne à la cérémonie, Grace Jones, vêtue d’une robe en satin rose à laçage et à capuche, devenue iconique depuis. Elle posera également en Alaïa pour les photos cultes de Jean-Paul Goude.

2013 Une rétrospective lui est consacrée au Palais Galliera à Paris. «C’est mieux qu’on m’expose de mon vivant; je m’en balancerai quand je serai mort. Et là, au moins, je vais pouvoir lire ce qu’écrivent les journalistes sur moi!», déclarait-il à l’AFP. Olivier Saillard, directeur du Palais Galliera: «Azzedine Alaïa faisait partie de cette généalogie de couturiers, sculpteurs et architectes, qui sont les fils à plomb de l’histoire de la mode. Comme Balenciaga ou Madeleine Vionnet, Alaïa savait concevoir, réaliser, coudre et modéliser des vêtements qui étaient davantage qu’une hypothèse de mode.»

2017 Il revient sur la scène de la haute couture après six années d’absence, et ce sera son dernier défilé. Ce n’est pas la première fois que cet artisan du corps s’affranchit du rythme effréné des calendriers de la mode, puisque, à la fin des années 2000, il refusait déjà de rentrer dans le système des Fashion Weeks. «Je peux commencer une robe ou une veste une année et avoir le sentiment de l’achever dix ans plus tard. En m’opposant au rythme superficiel des saisons et des défilés, j’ai été l’un des seuls à oser rompre avec ce calendrier qui méprise la création au profit du rendement»,
déclarait-il en 2013. Le vêtement avant la mode.


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