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Quand l'industrie cosmétique se met - vraiment - au vert

Quand la cosmétique se met vraiment au vert

Et pendant la pandémie? Les défis auxquels le monde doit faire face ont probablement accéléré la prise de conscience des marques de luxe sur leur rôle et leur influence. Exemples dans cet article.

© Pavel Terlekij / Getty Images

Ça va de petites choses, un bouchon de baume à lèvres en matériau biosourcé ou la suppression de la notice d’utilisation, jusqu’à l’usine qui tourne à l’énergie verte. Timidement, mais de plus en plus fermement, la branche cosmétique diminue son impact sur l’environnement et ce qui fut au départ qualifié de greenwashing se transforme en lame de fond.

Horizon 2025

Ainsi, l’exemple du bouchon de stick pour les lèvres est une initiative de Kneipp, qui s’est donné jusqu’en 2025 pour supprimer complètement les emballages plastique.

Toutes les grandes marques privilégient désormais des matériaux recyclés ou recyclables et allègent le poids de leurs produits, ce qui se traduit par des tonnes de CO2 en moins lors du transport. A la clef, des choix parfois cornéliens: le verre est plus écologique, mais plus lourd à transporter; les actifs végétaux sont naturels, mais les molécules de synthèse évitent qu’on puise dans les écosystèmes… un équilibre fragile qui a des impacts énormes au vu de la quantité de matières premières nécessaires à la fabrication des soins et leur mise à disposition des consommateurs par les géants du marché.

L’Oréal a lancé, en 2013, un programme de développement durable qui va du traçage des ingrédients à la distribution des produits finis, en passant par leur production. Objectif pour 2020, diminuer de 60% le bilan carbone de ses sites. La cible a été atteinte, et même dépassée, en 2018 déjà, avec une réduction de 77%. Prochaine étape, une empreinte carbone neutre de l’ensemble des sites industriels, administratifs et de recherche de L’Oréal pour 2025. «Notre usine de Libramont, en Belgique, est un modèle du genre, explique Danielle Bryner, directrice de la communication de L’Oréal Suisse. En 2009 déjà, elle devient la première usine 100% énergie verte du groupe grâce à la mise en place de la biométhanisation. Elle a aussi réussi à utiliser l’eau en circuit fermé, jusqu’à devenir aujourd’hui 100% sèche, c’est-à-dire que l’eau utilisée pour les procédés industriels est purifiée et recyclée en boucle sur le site.»

Côté packaging, L’Oréal s’est associé à une start-up issue de l’EPFL, Quantis, spécialiste mondiale de l’analyse du cycle de vie des objets, services, entreprises, etc., pour mesurer leurs impacts environnementaux. Ensemble, ils ont créé SPICE (The Sustainable Packaging Initiative for CosmEtics), un projet collectif sur la durabilité des emballages auquel ont adhéré la plupart des acteurs de la branche (de Chanel à Estée Lauder).

Biodiversité en jeu

Entreprise familiale française présente dans 150 pays, Clarins a une histoire intimement liée aux plantes. A ses débuts, dans les années 50, l’environnement n’était pas une préoccupation. Elle travaille aujourd’hui à revoir chacune de ses formules grâce à un outil interne appelé Green Score. En 2025, 100% des compositions devront être biodégradables et tous les actifs bios et équitables.

«Nous ne sélectionnons jamais d’espèces végétales menacées. Si besoin, nous montons nos propres cultures pour ne pas déséquilibrer l’écosystème, précise le docteur Olivier Courtin-Clarins, directeur général du groupe. Les espèces exotiques sont récoltées par la population locale, qui bénéficie d’un savoir-faire ancestral et s’assure de la durabilité, car de ces cultures dépendent leurs revenus. Pour assurer notre approvisionnement, l’idéal est d’avoir nos propres domaines. Nous en avons un dans les Alpes, par exemple, et nous établissons un cahier des charges très précis avec nos agriculteurs.»

D’autres ont le développement durable dans leur ADN, comme L’Occitane et ses coopératives de femmes au Burkina Faso autour du karité. Cette année, la marque a lancé un fonds d’aide en faveur des régions touchées par des catastrophes naturelles, comme l’Amazonie et l’Australie, ravagées par des incendies, avec des plans de reforestation.

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Celebrating nature 🍃At L’Occitane, our mission is to protect biodiversity and the richness of our lands. Here’s a look at some of initiatives across the world to help give back: ⁣ ⁣🇬🇸Planting a tree program with PUR Projet to help restore the migration corridors in key areas for endangered flora and fauna species! ⁣ ⁣🇫🇷To help the Lavender decline, we work with French ecological research institutes to find ways save, cultivate and explore new varieties of plants! ⁣ ⁣How are you taking steps to preserve nature in your hometown? Let us know below👇 ⁣#LOccitane #NotJustABrand #RespectingBiodiversity #NaturalBeauty #Nature #Biodiversity

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Impossible de lister toutes les actions concrètes et les projets en cours. Pour Sandra Imsand, journaliste et référente environnement à la FRC, les entreprises cosmétiques sont obligées de répondre à la demande croissante en produits respectueux de l’environnement, l’enjeu économique est énorme. «Réticents au départ, certains géants essaient de rattraper leur retard à coups d’investissements parfois colossaux, de grandes annonces et de marketing appuyé. Dans ce contexte, il peut être difficile pour le consommateur de démêler l’engagement véritable de la simple poudre aux yeux. Il doit donc se renseigner, creuser. L’effort est là, tant mieux. Toutefois, il faut toujours garder un œil critique, demander des comptes et continuer à poser des questions.»

Et pendant la pandémie?

Les défis auxquels le monde doit faire face ont probablement accéléré la prise de conscience des marques de luxe sur leur rôle et leur influence. Exemples.

Dès le début de l’épidémie, Bulgari a adapté sa chaîne de production de gels douche destinés aux hôtels pour en faire des flacons de solutions hydroalcooliques offerts aux hôpitaux italiens. L’opération s’est poursuivie en Suisse, où l’entreprise a sa manufacture de parfum, avec 100 000 flacons distribués à fin avril 2020.

A Genève, Givaudan et Firmenich se sont également mis à produire des tonnes de gel hydroalcoolique pour les hôpitaux, les services de transports et divers services d’aide de proximité. Firmenich a étendu son action en offrant 100 tonnes de gel aux Etats-Unis.

En France, Clarins adapte ses usines pour participer à l’approvisionnement en gel hydroalcoolique (100 tonnes d’ici à fin avril 2020). Elle a également offert 30 000 crèmes pour les mains au personnel hospitalier.

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Day and night, the hands of healthcare professionals provide care and help, bring hope and comfort. This routine is hard on the hands, the skin suffers and becomes dry. “In the upcoming weeks, as a way of supporting these professionals in their fight against the epidemic, we will donate 30,000 moisturizing creams to hospitals.” Olivier Courtin-Clarins We have already produced and offered more than 18,000 bottles of hand sanitizer to AP-HP and hospitals in the Ile-de-France region. From now until the end of April, we will produce 100 tons of hand sanitizer gel. In the next few days, we will also do everything we can to respond to the demand from other hospitals across the world. We also wanted to allow our customers to contribute to this wave of solidarity. On our French website, they can donate 1 euro to support hospitals. Thank you to our Production, Research and Development teams, our suppliers and carriers, who have also been supplied with hand sanitizer so that they too can continue protecting themselves. Without them, none of this would be possible ❤️. Thank you to our clients for their generosity and for sharing the same values as we do. In this way, we humbly contribute to the extraordinary collective effort we are witnessing today.

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Dans le groupe L’Oréal, La Roche-Posay équipe en gel désinfectant ses partenaires en pharmacie, hôpitaux et soins à domicile. Garnier a offert plusieurs millions de flacons de gel pour les employés des supermarchés. La division de produits professionnels gèle les factures de ses distributeurs (salons de coiffure et commerces).

MAC Cosmetics, propriété du groupe Estée Lauder, soutient depuis 1994 les malades du sida via sa fondation MAC AIDS Fund. Cette année, elle anticipe la campagne de dons en versant 10 millions aux 250 structures apportant une aide d’urgence aux communautés encore plus fragilisées par la pandémie.

Petite entreprise familiale installée dans la campagne neuchâteloise, Phyto5 reverse des commissions aux esthéticiennes sur les ventes réalisées via Internet.

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