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Je ne pourrais pas vivre sans mes chats

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Quand un de mes chatons est adopté, j’éprouve une certaine tristesse.

© Francesca Palazzi

J’ai grandi entourée de chats, des chats de gouttière et de race. Ma mère m’a transmis son amour et sa passion pour eux. Nous avions toujours au moins deux ou trois chats à la maison, ils faisaient pour ainsi dire partie de notre quotidien. Lorsque j’ai quitté le foyer familial, il était clair pour moi que j’adopterai à mon tour des félins. Leur présence m’est nécessaire, elle m’apaise et me réconforte.

Mon compagnon et moi avons choisi une jolie minette de gouttière en emménageant ensemble. Nous avons partagé notre quotidien avec elle durant plusieurs mois avant de partir pour un tour du monde en amoureux. Durant notre périple, nous avons laissé notre chatte à mes beaux-parents qui en ont pris soin. Malheureusement, lorsque nous sommes revenus, elle avait pris ses habitudes chez ses hôtes; je l’ai laissée chez eux avec un gros pincement au cœur.

J’ai toujours été attirée par les chats de race. J’apprécie leur beauté, leur majesté et tout particulièrement celles de la race des «british shorthair». Ils possèdent un poil magnifique, des yeux orange ensorcelants, un corps trapu, une tête toute ronde, bref de vrais nounours. Après notre retour de voyage, j’ai décidé de m’offrir un de ces chats. Je gagnais correctement ma vie, n’avais pas d’enfants et souhaitais réaliser mon rêve. Trouver l’animal idéal n’a pas été une mince affaire: j’ai passé beaucoup de temps sur internet afin d’établir des contacts avec les éleveurs. Il faut être très vigilant car pas mal d’offres douteuses circulent sur la toile. Et les personnes sans scrupule qui élèvent des chats pour gagner de l’argent existent: un «british shorthair» coûte près de 1500 fr. Après plusieurs mois de recherche, la pêche a finalement été fructueuse. J’ai trouvé mon premier chat au Liechtenstein. Mon ami et moi avons fait le déplacement et les choses sérieuses ont commencé…

Suite à cette première adoption, je me suis inscrite dans un «cat club» affilié à la Fédération Féline Helvétique. Il s’agit d’une organisation de passionnés de chats qui participent à des expositions et s’intéressent de près à l’univers félin. J’ai commencé, sans grand succès pour mon matou, à participer à des concours. Davantage que le fait de gagner, je recherchais alors des gens avec lesquels partager ma passion. J’ai pris beaucoup de plaisir à rencontrer des éleveurs et des spécialistes animaliers. Une fois mieux renseignée et encouragée par mes amis, je me suis dit qu’il fallait que je trouve une femelle pour mon «british». Je voulais un bel animal qui corresponde en tout point aux critères physiques qui me plaisaient. J’aimais beaucoup le chat que je possédais mais ne voyais que ses défauts. Il me fallait obtenir la compagne idéale, celle qui saurait faire une belle portée équilibrée et qui produirait de beaux chatons bien typés.

Le milieu des éleveurs de race est assez fermé de prime abord. Et pour réaliser mon rêve, j’ai dû faire preuve d’obstination. Certains d’entre eux se montrent méfiants lorsque vous les contactez en leur disant «je rêve de débuter mon élevage familial». Il faut montrer patte blanche, réussir à leur prouver que vous êtes vraiment motivé, que vous avez la même vision de l’élevage qu’eux et que vous êtes conscient des sacrifices et des soins à apporter à l’animal pour qu’une adoption ait finalement lieu.

C’est en Hollande que j’ai trouvé mon bonheur. J’ai échangé des mails plusieurs mois avec l’éleveuse avant de recevoir mon chaton, en décembre 2012. Je ne regrette pas d’avoir attendu si longtemps car elle est parfaite. Je cherchais une petite structure car les animaux y sont souvent mieux traités. Pour moi, ils doivent vivre en liberté et bénéficier de toute l’affection de leurs propriétaires. Ma première portée a vu le jour en mars 2014, ça a été un grand moment! Les 4 chatons ont tous rejoint une famille. Lorsqu’un de mes chatons est adopté, j’éprouve toujours une certaine tristesse en l’amenant chez ses nouveaux propriétaires même si je sais qu’il sera aimé et choyé. Je ne peux malheureusement pas tous les garder. C’est aussi l’occasion de belles rencontres avec les familles adoptantes que je sélectionne avec soin. En juin 2014, j’ai acheté une seconde femelle dans un élevage en Belgique, et en 2015 j’ai gardé une femelle née chez nous. Aujourd’hui 4 chats vivent avec nous en permanence.

Mon compagnon aime aussi les chats mais me dit souvent «on vit chez nous, pas chez nos chats!» Sa vision est juste. Elle me permet de rester raisonnable et de ne pas transformer notre appartement en chatterie car si je m’écoutais nous en aurions bien plus! Et ce serait moins bon pour leur qualité de vie et la nôtre. Lorsque je m’absente quelques jours, je suis toujours contente de rentrer à la maison et de retrouver mes animaux.

Maintenant que nous avons de beaux chats, dans les critères de la race, nous participons plus régulièrement et avec davantage de succès aux expositions et aux concours organisés par les «cat club». Nous en faisons trois ou quatre par année. C’est l’occasion pour nous de rencontrer des amis, de partager notre passion et d’obtenir des conseils de la part des éleveurs. Les concours sont des moments intenses. Les animaux y sont jugés par race avant d’être comparés entre tous. De nombreux facteurs influencent la décision du juge: le physique général, les yeux, la tête, la qualité du poil. Chaque critère est doté d’un certain nombre de points. L’animal qui en obtient le plus est le gagnant de sa catégorie. Lorsque l’un de mes chats gagne un concours, j’en éprouve une très grande fierté. Et je rêve que tous nos chatons obtiennent des titres, qu’ils perpétuent ainsi leur lignée.

Elever des chats pour en faire de futurs champions est un vrai travail. Il faut investir du temps, de l’amour, de l’énergie et un certain budget pour en faire des animaux en pleine santé. Acheter un chat de race est souvent un projet qui met du temps à se concrétiser, les familles doivent faire preuve de patience puisque dame Nature a le dernier mot au final! Aujourd’hui, la seule chose qui pourrait modérer ma passion serait d’avoir des enfants. Le temps que je consacre à mes félins devrait alors être adapté. Mais même en agrandissant ma famille humaine, je sais qu’il me faudra toujours vivre entourée de mes compagnons à poil: ils font partie de ma famille de cœur.

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