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Ma vie a basculé il y a une année

Au sens propre comme au sens figuré. C’était le début de l’été, j’étais allée me promener à Bienne, pour faire les boutiques. Un jour comme un autre. J’étais peut-être un peu plus fatiguée que d’habitude. Alors que je marchais tranquillement, le sol s’est soudain dérobé sous mes pas. Et le monde s’est mis à vaciller autour de moi. C’est comme si je perdais l’équilibre. Comme si mon cerveau n’était plus connecté à mes jambes, à mon corps. J’ai senti une peur panique monter en moi. J’ai vraiment eu l’impression d’être en train de mourir.

J’ai eu le réflexe d’aller me réfugier dans le hall d’un grand hôtel

Je me souviens m’être assise sur l’un des fauteuils de l’entrée, un peu comme on s’accroche à une bouée. Je tremblais de la tête aux pieds. Je ne voulais surtout pas que les gens me voient dans cet état dans la rue. J’ai essayé de reprendre mes esprits, en vain. J’ai pensé alors que j’étais en train de perdre la boule. J’ai appelé mon homme au secours. Il a tout de suite compris que quelque chose n’allait pas.

La crise a duré une heure et demie

Une éternité. A l’hôpital, ils n’ont rien trouvé et ont conclu à une crise d’angoisse. Je suis repartie avec des calmants, sans trop me poser de questions: je venais de rompre avec une amie de longue date et cela me semblait cohérent. Dans «maladie», il y a «le mal a dit». J’ai toujours été persuadée que les émotions peuvent provoquer des maladies.

Les trois mois qui ont suivi ont été très durs

Personne ne savait ce que j’avais et les crises étaient régulières. A cause des vertiges, je ne pouvais plus sortir sans être accompagnée. La simple perspective d’aller prendre le courrier à la boîte aux lettres était au-dessus de mes forces. Je marchais comme une vieille, me tenant à tout ce que je pouvais pour éviter de chuter. L’horreur pour moi, qui ait toujours été très active et indépendante. J’avais aussi de la peine à accepter que moi, si «solide», puisse avoir des crises d’angoisse. Un psychiatre m’a prescrit de légers calmants pour passer le cap. Je crois que c’est là que j’ai été le plus mal. Ne pas savoir contre quoi lutter, il n’y a rien de pire.

Pour ne pas sombrer, je me suis mise à peindre

J’avais besoin de me concentrer sur quelque chose. Ça a été un moteur fantastique. Mais si j’ai pu tenir le coup, c’est surtout grâce à mes copines. Par un heureux concours de circonstances, elles étaient toutes libres: chaque jour, il y avait quelqu’un avec moi, pour me tenir compagnie ou pour m’aider à… vivre, simplement. Elles ont été de véritables anges gardiens. Sans compter mon compagnon, qui a été d’une patience à toute épreuve.

J’ai dû attendre la fin des vacances d’été et le retour des spécialistes pour effectuer des tests plus poussés. Le diagnostic est finalement tombé: maladie de Menière (dysfonctionnement de l’oreille interne qui provoque vertiges, acouphènes et surdité, ndlr) . Et encore, rien n’est sûr. C’est une maladie difficile à détecter, car orpheline. Dès le moment où j’ai su de quoi je souffrais, je suis allée sur Internet. Mais en lisant les témoignages, je me suis dit: ce n’est pas possible, c’est un truc à se tirer une balle dans la tête. J’avais besoin de signaux positifs, d’espoir, et non pas du témoignage de personnes qui vivaient cet enfer depuis dix ans. J’ai donc laissé Internet de côté et décidé de prendre les choses en main, à ma manière.

Je me suis acheté des tonnes de bouquins sur la métamédecine

J’ai ainsi découvert la pionnière en développement personnel, l’Américaine Louise L. Hay, ou encore la Suissesse Rosette Poletti pour la visualisation. Ces livres parlent d’une réalité que l’on se crée. Si je me suis créé cette maladie, je peux aussi la «décréer». J’ai donc dû l’accepter. Mais attention, acceptation ne signifie pas résignation. Il fallait que je ne la voie plus comme une ennemie, mais comme une amie qui veut me dire quelque chose, qui va me permettre de me dépasser.

J’ai cessé de prendre les médicaments prescrits pour lutter contre les étourdissements

Je crois de moins en moins en la chimie. Q uand elle fait du bien à un endroit, elle fait du mal à un autre. Et au final, on se sent souvent plus mal qu’avant. C’était du moins mon cas. Et puis, surtout, je n’avais aucune envie de faire le cobaye pour le monde médical. Lui-même ne sait pas ce qu’il faut faire pour soigner cette maladie. J’ai donc opté pour les médecines alternatives: l’homéopathie, les plantes. Et puis, je médite. Chaque jour. Pour me retrouver, pour essayer de comprendre. Je pense vraiment qu’on a le pouvoir de se soigner par soi-même si on arrive à la racine du mal.

Il n’y a pas longtemps, j’ai eu huit semaines de répit

Cela a été le bonheur intégral. J’ai même pu aller boire un café toute seule. J’ai cru à une rémission. J’avais d’ailleurs repris le boulot. Mais les étourdissements ont recommencé il y a quelques semaines. La rechute, c’est très difficile. Surtout quand on a cru s’en être sortie. Mais je n’abandonne pas. J’ai commencé depuis peu la musicothérapie: je suis la méthode Tomatis, sorte de thérapie de l’oreille avec de la musique. Trois fois par semaine, à raison de deux heures chaque fois, j’écoute ainsi Mozart, des chants grégoriens. Après les séances, je vais souvent mieux. Je ne sais pas encore si c’est lié.

Ma vie a changé: je ne peux plus faire les magasins, aller au cinéma, sortir avec des copines, prévoir de vacances. La nuit, je dois dormir avec une veilleuse: un point de repère pour ne pas avoir l’impression de tourner quand je me réveille. Pourtant, même s’il y a des moments où le «monde des vivants» me manque, je n’arrive pas à m’apitoyer sur mon sort. Il ne se passe pas un jour sans que je me dise que j’ai une chance incroyable. Je vis dans un bel appartement, avec un homme merveilleux. Je suis entourée de belles personnes. J’ai beaucoup plus conscience de la valeur des gens qu’avant.

J’ai été longtemps dans le «faire»

C’est difficile de ne vivre que dans l’instant présent, surtout dans notre société où l’on passe notre temps à faire des projets. On est soit en arrière, soit en avant. Aujourd’hui, je suis dans «l’introspection». Je ne peux plus faire de grands projets, mais j’ai appris à prendre les petits comme les grands bonheurs au jour le jour. Et ça, c’est déjà une première victoire. L’avenir? Je n’y pense pas. Ou pas comme tout le monde le fait. Je canalise toute mon énergie sur le moment présent. Là, je vais bien. Demain sera un autre jour.»

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