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J’ai rencontré mon mari à 17 ans à l’autre bout du monde

J’ai rencontré mon mari à 17 ans à l’autre bout du monde

«Notre philosophie: au vu de notre multiculturalisme, de nos origines opposées, de nos différences et grâce à notre flexibilité, nous faisons de notre mieux pour rendre le quotidien plus créatif et positif pour nos enfants et cela toujours autour d’un bon petit plat!»

© Corinne Sporrer

Août 1994, l’été de mes 17 ans. Pour les vacances, nous avions visité le Vietnam, patrie de mon papa, et au retour, nous nous étions arrêtés quelques jours à Singapour. Ma petite sœur et moi n’aimions pas trop cette grande ville assez imposante, surtout après le Vietnam qui avait été un bain d’émotions. Nous passions l’essentiel de notre temps à nous reposer à l’hôtel. Le dernier jour, nous sommes sorties nous promener sur la grande artère commerçante de la ville. Mes parents nous ont laissé 10 minutes pour aller aux toilettes dans un mall. Il ne nous en a pas fallu davantage pour faire la connaissance de deux garçons!

Vous imaginez comme ça se passe à cet âge-là: on s’est croisée, observée, trouvés mignons et on a commencé à discuter, dans un anglais approximatif. Quand mes parents sont revenus, ils ont tout de suite vu que le courant passait bien. Cela peut paraître fou aujourd’hui, mais ils nous ont laissés nous balader avec eux, nous donnant rendez-vous un peu plus tard au même endroit. On est allés boire un jus de fruits, flâner, discuter, et vraiment ce fut le coup de foudre avec James. Je le trouvais tellement gentil, beau, avec ses cheveux longs, son look rock’n’roll. On a discuté musique, on s’est découvert des goûts communs. Cela m’a paru évident: c’était l’homme de ma vie. Mes parents ont immortalisé cette rencontre devant ce fameux mall et, à chaque fois que nous sommes retournés à Singapour depuis, James et moi, nous avons refait la même photo au même endroit, entourés de nos enfants. Mais revenons à ce jour-là.

Mélange des traditions

Comme nous rentrions en Suisse le lendemain, mes parents ont invité nos nouveaux amis à boire un verre à l’hôtel.

Nous avons ainsi passé une soirée ensemble avant de se faire des adieux déchirants. On s’est échangé nos bracelets en plastique (à la mode à l’époque) et nos adresses en nous promettant de nous écrire. Et nous nous sommes écrits, beaucoup.

Des lettres colorées, avec des images, des flyers de concerts, etc. Aux vacances suivantes, c’est-à-dire à Noël, James est venu en Suisse. Mes parents l’ont accueilli à bras ouverts. Il est revenu encore aux vacances de Pâques. Par la suite, c’est plutôt moi qui faisais le voyage, car les billets étaient moins chers dans ce sens. J’ai terminé mon gymnase et je suis partie le rejoindre pour de bon. Toutefois, sans CFC et sans visa, je ne pouvais pas travailler et lui devait faire son service militaire de deux ans. Nous sommes revenus en Suisse en avril 1998, car la vie y était quand même plus facile. Pour qu’il puisse rester, nous nous sommes mariés l’année suivante. D’abord au civil puis, quelques mois plus tard, nous avons organisé une grande fête avec nos familles. Nous avons opté pour une célébration mêlant traditions asiatiques et européennes avec cérémonie du thé, présentation des ancêtres et lecture des vœux. S’en est suivi un banquet médiéval avec animations et gros morceau de viande en train de cuire dans la cheminée. Je tenais absolument à ça, car pour moi cela représente totalement le côté festif!

«Grâce à un inconnu, je vis pour deux»
Nous avions pris un petit appartement ensemble et ce n’était pas facile tous les jours! Nous avons tous les deux de fortes personnalités et, souvent, le ton montait. J’ai pensé plusieurs fois que nous allions divorcer!

Malgré des hauts et des bas, ce qui nous a fait tenir, c’est la persévérance. Les quatre ans de relation à distance avaient été durs. J’étais quand même seule tous les week-ends pendant que mes copines avaient leur petit copain. Nous avons même passé une fois un an entier sans nous voir et c’était une souffrance. On dépensait des sommes folles en téléphone (aah, les cartes à 10 fr. pour cabine téléphonique qui nous offraient 3 minutes d’échange rapide!).

Pour limiter les frais, on s’envoyait des cassettes audio, on enregistrait notre voix pour se raconter des trucs et se faire découvrir des morceaux de musique. Après avoir vécu tout ça, je me disais que ce serait trop bête de tout abandonner.

Enfants et cuisine culturelle

L’arrivée de notre première fille, en 2003, a été une révélation. Je n’aurais jamais pensé avoir quatre enfants, mais cela s’est fait! James vient lui-même d’une fratrie de quatre, il était le dernier et a été tonton très jeune, il savait porter un bébé et aime vraiment les enfants. Moi, je pensais que deux, c’était suffisant, mais quelques années après, nous avons remis ça et accueilli notre troisième enfant, un garçon. Mon mari était ravi, enfin, un fils! Puis nous avons eu notre petite dernière. Oui, cela fait une grande tribu, pour notre plus grand bonheur.
James s’est très bien adapté à la Suisse. Après beaucoup de persévérance, de remises en question et diverses formations professionnelles, il a finalement trouvé un poste qui lui convenait parfaitement.

Notre multiculturalisme, nous le vivons surtout au travers de nos assiettes! Mon mari, en tant que vrai Singapourien, est obsédé par la nourriture! Heureusement pour moi, il adore cuisiner et cherche ses inspirations du moment sur internet ou, plus simplement, dans la vie de tous les jours et n’oublie jamais de me demander ce que je fais à manger pour le soir!

«J'ai traversé les Etats-Unis d'Est en Ouest dans une vieille voiture»

Depuis que nous sommes six, nous essayons de retourner tous les deux ans à Singapour. Comme la métropole est assez chère, on en profite pour voyager ailleurs en Asie et faire découvrir la culture d’autres pays à nos enfants.
Notre philosophie: au vu de notre multiculturalisme, de nos origines opposées, de nos différences et grâce à notre flexibilité, nous faisons de notre mieux pour rendre le quotidien plus créatif et positif pour nos enfants et cela toujours autour d’un bon petit plat!

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