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Attention, drame

En dix ans, le nombre de mariages a, selon les chiffres de l’Institut français de la statistique et des études économiques, diminué de plus de 16%. Il y a ceux que cela chagrine: les accros à la larme délicatement essuyée par les parents du marié, les «indéscotchables» de la piste de danse, avides d’occasions de faire la fête. Et puis il y a les autres. Quand elle se rend à un mariage, Marine, 33 ans, n’est pas à la noce: «J’y pense des semaines à l’avance, la boule d’angoisse au creux du ventre. Et je reconnais avoir quelques excuses bien troussées pour m’y soustraire quand vraiment je ne me sens pas d’y aller.»

Mauvais souvenirs

Gestalt-thérapeute et thérapeute familial, Richard Marchand reconnaît que cette question est parfois évoquée en thérapie, «où sont alors racontés les souvenirs de mariage un peu glauques, quand tout le monde fait la chenille». Et le praticien de souligner la façon dont certaines «coutumes» triviales peuvent marquer un imaginaire enfantin. Tel le «jeu» de la jarretière, rarement exempt de grivoiserie, ou celui de la banane (des couples dansent avec chacun une extrémité du fruit dans la bouche), dont la dimension sexuelle peut difficilement passer inaperçue. Bonne nouvelle: ces animations tendent à tomber en désuétude.

Cela me rend triste

Pour la psychopraticienne Laurie Hawkes, cette réticence peut aussi concerner des célibataires «pour qui le mariage fait partie du scénario de vie». Les années passant, les unions se multipliant, la réception d’un énième faire-part peut presque être perçue «comme une insulte». D’autant, note la praticienne, que les mariés sont toujours bourrés de bonnes intentions, du style: «Tu verras, on a plein d’ami(e)s célibataires, on va te les présenter.» La déception est d’autant plus grande quand la promesse ne débouche sur rien, sinon sur cette inquiétude: «N’y a-t-il donc personne qui veuille de moi?»

Cela prouve mon hyperlucidité

Pour Marine, la question n’est pas là: «Le barnum qui entoure ce moment m’agace.» Laurie Hawkes la range dans la catégorie des «hyperlucides»: «Ils sont presque trop rationnels pour bien jouer le jeu social. Là où d’autres vont se dire: «Chic, une occasion de faire la fête!», eux pensent à la tenue qu’il va falloir trouver, au repas interminable à subir, à l’hébergement à dénicher… Et c’est vrai que, quand on les regarde de loin, beaucoup de rituels humains peuvent sembler absurdes!» Richard Marchand pointe aussi l’existence de ces «purs et durs qui font passer leurs valeurs avant leurs relations». En refusant de se rendre à une cérémonie religieuse, par exemple. Quitte à sacrifier des amitiés sur l’autel… d’une église. Un ami vaut bien une messe, non?


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Que faire

Evaluer les conséquences «Décliner une invitation à un mariage a quelque chose de très blessant», souligne Richard Marchand, puisque l’on s’abstient de participer au jour censément le plus important de la vie d’un proche. Le thérapeute invite donc les récalcitrants à réfléchir aux conséquences qu’un refus peut avoir sur les relations avec les futurs mariés.

Baliser le terrain Si les cérémonies de mariage constituent une angoisse pour certains – peur de s’ennuyer, de ne trouver personne avec qui parler – Laurie Hawkes propose de se faciliter la tâche en amont. «Si l’on connaît bien les mariés, rien n’empêche de parler franchement de ses appréhensions, estime la psychopraticienne. Par exemple en leur demandant s’il est possible de nous placer à la table de personnes que nous connaissons ou de venir avec un ami.» Le terrain balisé, nous devrions voir l’anxiété diminuer.

Se confier à un proche Aux célibataires, Laurie Hawkes conseille une certaine bienveillance: «Plutôt que de s’autoflageller parce que l’on ressent de l’envie, mieux vaut se montrer compatissant envers soi-même.» Elle propose d’«ouvrir les vannes» avec un ami proche à qui l’on pourra dire tout ce que l’on a sur le cœur. Voire d’y lire une occasion de réfléchir au sujet dans le cadre d’un travail thérapeutique.

Ma solution

Agnès, 42 ans, cadre «Je viens d’une famille nombreuse, où les mariages se succèdent à une cadence industrielle. Au début, j’ai tenu le rythme. Au bout de quelques années, une lassitude s’est installée. Sans compter les frais quand un cousin se marie en province et que nous devons y aller à cinq, mon mari, mes trois enfants et moi. Désormais, je ne m’oblige plus à aller à chaque mariage. Je privilégie les membres de ma famille avec lesquels j’ai le plus d’affinités. Pour les autres, j’envoie un cadeau ainsi qu’un beau bouquet le jour J. Avec un mot que je peaufine. Qu’ils sachent, comme il est d’usage de l’écrire sur les faire-part, que je suis avec eux par la pensée.»

A lire

«Petit traité de lucidité sur soi-même et sur les autres», de Laurie Hawkes (Ed. Payot). Aller ou pas à un mariage, mais, au moins, faire ce choix en toute liberté. Un bon vade-mecum.

Rubrique réalisée en partenariat
avec «Psychologies Magazine»
dont le numéro 363 est
disponible en kiosque.
A consulter aussi sur psychologies.com

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