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Pour Fanny, Joséphine, Nicole et leur joker Noémie, un but ultime: accomplir la distance Zermatt-Verbier en moins de dix heures. Chiche?

Monter, descendre, souffrir, souffler, se dépasser… elles connaissent. Au-delà de leurs différences, ces quatre filles ont un point commun: ne pas être des adeptes du farniente sur canapé. Toutes étudiantes, ce sont des sportives accomplies. Fanny Viret, 35 ans, et Joséphine Reitzel, 27 ans, sont aussi coursières à vélo à Lausanne. Pour arrondir les fins de mois et par passion pour la petite reine… Même job pour leur joker Noémie Berthod, 27 ans, qui pédale, elle aussi, mais à Neuchâtel. Quant à sa cousine Nicole Berthod, 24 ans, aspirant guide en Valais, elle devrait obtenir sa qualification en septembre 2013.

Le 28 avril 2012, à la nuit tombée, revêtues de leurs combinaisons moulantes, chaussées de leurs skis et peaux de phoque, et affublées d’un sac à dos contenant tout le matériel réglementaire, elles s’élanceront depuis Zermatt pour relier Verbier. Soit plus de cent kilomètres d’effort et quelque trois mille neuf cents mètres de dénivelé qu’elles espèrent, c’est leur challenge, accomplir en moins de dix heures. Gagner la Patrouille? Elles n’y pensent même pas: «C’est un autre niveau, explique Fanny. Il y a des équipes quasi professionnelles qui s’entraînent presque à temps plein, qui ont du matériel hypertechnique et performant. On n’a de loin pas assez d’heures d’entraînement pour prétendre rivaliser avec les élites», rigole-t-elle.

Pour la plus âgée de la bande, que l’on remarque autant pour son impressionnant gabarit – une jolie silhouette d’un mètre septante huit – que pour sa joie de vivre, l’état d’esprit est tout autre. Comme souvent quand il s’agit d’une bande de filles, tout commence par une histoire d’amitié. Celle qui unit la brune Fanny et la blonde Joséphine: «On a pas mal galéré dans nos vies les deux, on s’est toujours soutenues, encouragées et, superimportant, on bosse à Vélocité comme coursières», expliquent-elles. En commun aussi, elles ont l’amour du vélo, des sports de montagne comme le ski et la peau de phoque et leur intérêt pour la protection de l’environnement, matière que Fanny étudie d’ailleurs à l’uni: «Limiter le nombre de voitures, faire le max de trucs à pieds ou à vélo, c’est un mode de vie qui colle aussi à notre job de coursière. Quand on est sur une selle toute la journée dans la circulation, on sent bien l’impact de la pollution», justifie-t-elle, convaincue.

Si les deux jeunes femmes ont déjà fait la Patrouille chacune de leur côté dans des équipes mixtes, c’était dans un tout autre état d’esprit: «Disons qu’à ce moment-là, l’idée était déjà d’arriver à la fin. Cette année, on a une vraie équipe, des gens derrière nous. On veut faire un chrono!»

Une équipe de coursières

D’où l’idée, l’année dernière, de constituer une équipe de filles: «Au départ, on voulait faire un team de coursières, c’est pour ça qu’on a contacté Noémie qui pédale à Neuch’. Puis, finalement, même si elle en a totalement les capacités physiques, elle ne le sentait pas trop, a préféré rester comme remplaçante et nous a présenté sa cousine Nicole qui est aspirante guide et est superforme! L’équipe était au complet!» Fanny la boute-en-train superendurante au moral d’acier, Nicole la pro de la montagne efficace et technique, Noémie la sportive discrète et rassurante et enfin Joséphine aussi têtue et impulsive que joviale et sociable… Différentes mais complémentaires, elles sont prêtes à en découdre, dans cette course où, parmi les mille quatre cent cinquante et une patrouilles engagées pour cette édition 2012, les hommes sont toujours bien plus nombreux que les femmes.

Restait pour ces quatre étudiantes au budget limité à trouver un sponsor pour un coup de pouce financier. Fonceuse et éternellement optimiste, c’est Joséphine, par ailleurs championne du monde des coursières à vélo (lisez d’ailleurs notre portrait du 6 février 2011) qui s’y colle en activant son réseau: «Le fondateur de la marque de cornichons Reitzel, Hugo Reitzel, était mon arrière-grand-père. Même si je ne l’ai jamais connu, je me sens proche de lui, de son côté fonceur. J’ai d’ailleurs toujours quelques objets lui appartenant, explique-t-elle. Il y a quelques années, quand je me cherchais un peu, j’avais fait un stage dans l’entreprise à Aigle. J’avais gardé de bons contacts avec le directeur Bernard Poupon, que j’ai contacté et qui a dit oui tout de suite pour prendre en charge nos frais d’inscription, nos combis et même une petite rallonge pour le matos», raconte Joséphine.

Un Bernard Poupon qui, pourtant souvent sollicité, a eu un véritable coup de cœur pour ces filles et explique, hyperenthousiaste: «Je connaissais Joséphine, qui avait fait un stage chez nous. Et puis, on est resté en contact et j’ai suivi avec intérêt son trajet aussi bien coté étude que sportif. Une équipe féminine, c’est évidemment plus original! C’est en plus bougrement sympathique que l’arrière-petite-fille d’Hugo porte haut ses couleurs!»

Cornichons sans bocal

Combinaisons jaunes et noires aux couleurs de la marque, matériel à prix négocié dans le magasin Là-haut de Sion tenu par une femme, Céline, dans lequel Nicole fait des extras… Avec leur seule volonté et le soutien de ceux qui, nombreux, croient en elles, ces toutes jeunes filles ont déjà réussi à déplacer des montagnes. Reste pour elles à les franchir le plus rapidement possible. Pour finir, petit avertissement aux concurrents de la Patrouille: si, en plein effort, vous vous mettez à voir des cornichons, ce ne sera pas une hallucination due au mal des montagnes. Ce sera juste le signe que l’équipe Reitzel vient de vous dépasser!

Retrouvez le résultat de leur défi et des images de leur course dès le lundi 30 avril 2012

Isabelle Favre
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