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Pourquoi aime-t-on tant dire «Je suis vraiment surbookée»?

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© Getty

Cette fameuse phrase, nous l’entendons aussi souvent que nous la prononçons - surtout aux alentours des fêtes de fin d’année: «Je suis vraiment très, très occupé(e) en ce moment.» Un véritable refrain.

Nous l’utilisons si souvent qu’elle devient une réponse quasi-automatique à un simple «Comment ça va?» Nous n’avons pas le temps, c’est un fait. Mais nous adorons également en informer haut et fort notre entourage, ou quiconque daignera nous demander comment se portent les pages de notre agenda: et bien noircies, avec des post-its partout, de furieux traits de stabilo rose fluo, des flèches de tous les côtés… (Bon, ça c’est la version vintage; d’autres auront simplement saturé la mémoire de leur agenda numérique.) Mais d’où nous vient cette habitude?

Les Universités américaines de Columbia, d’Harvard et de Georgetown se sont penchées sur la question. Lors d’une expérience étonnante dont les résultats ont été publiés sur le site de la Harvard Business Review, le 15 décembre 2016, ils ont découvert que le surbooking nous indique l’appartenance à une classe sociale plus élevée.

Pas de panique, on vous explique tout.

Je suis busy, donc j’ai une vie

Et ainsi va le syllogisme: Je suis busy, donc j’ai une vie; j’ai une vie donc je suis cool; je suis busy, donc je suis cool. Non, en fait, c’est un tantinet plus complexe que cela:

Lors de l’expérience menée par les universités, deux groupes de personnes ont été constitués. Les premières se sont attelées à la lecture de la biographie fictive de Jeff, un homme âgé de 35 ans dont le quotidien est très chargé et qui travaille énormément. En revanche, au second groupe a été présentée une autre version, dans laquelle Jeff dispose de beaucoup de temps libre et ne travaille pas.

Suite à cette lecture, on leur a demandé de remplir un questionnaire, lequel a révélé que la version occupée de Jeff était bien mieux perçue que son oisif doppelgänger. Apparemment, nous associons un statut social plus élevé à ceux qui n’ont pas une minute à eux… De même, selon d’autres tests, les pragmatiques faisant leurs courses sur Internet sont également mieux perçus que les braves gens qui s’aventurent dans les magasins. (La flemme est-elle devenue stylée?)

Notre société valorise le travail

Auparavant, ne pas être obligé de travailler et disposer de beaucoup de temps pour soi était le signe d’une appartenance à une classe sociale importante et aisée. Toutefois, notre société actuelle est terriblement exigeante, bâtie autour de l’idée qu’un travail ardu et acharné mène au succès, et s’est permis de renverser ce paradigme.

En un siècle à peine, le statut conféré aux individus travailleurs et constamment occupés a donc entièrement changé. En effet, on comprend que quelqu’un de «busy» est forcément quelqu’un de très sollicité, d’important, dont les autres ont besoin et dont ils demandent le temps. Et cela, bien qu’inconsciemment, nous ne le savons que trop bien…

Mais n’oublions pas l’importance de s’accorder quelques moments de repos tout de même, histoire de ne pas finir avec une grippe ou un burnout: car pour s’en remettre, il nous faudra rester au lit un petit moment… et dire adieu à notre statut social de rêve!

10 phrases des surbookées professionnelles

  1. «C’est la folie, je n’ai pas une minute à moi ces jours-ci!»
  2. «Je n’ai pas eu le temps de faire une machine, alors j’ai été chez Zara…»
  3. «Oui bien sûr, on peut se voir jeudi: entre 20h25 et 21h40, ça te convient?»
  4. «Attends une seconde, je cherche une petite place dans mon agenda...»
  5. «Je rêve, ou tout le monde a besoin de moi en décembre?!»
  6. «En janvier c’est impossible; tu es libre le 23 février?»
  7. «Je vais faire un burnout, je te juûûûûûuure!»
  8. «Les vacances, c’est pour les faibles.»
  9. «Un week-end? C’est quoi ?» (Les fans de «Downton Abbey» comprendront)
  10. «Tiens, comme ça fait du bien de dormir cinq heures de suite!»

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