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Photographie: «As Time Goes By» capture la réalité du temps qui passe

Qu’est-ce que le portrait d’une personne raconte d’elle? Comment une photo peut révéler l’intimité d’un couple? Comment un look peut être le marqueur fort de toute une génération? C’est ce que Barabra Davatz s’est efforcée d’étudier depuis maintenant quatre décades avec «As Time Goes By». Tant son travail en noir et blanc interpelle et intrigue, ces clichés de couples ont déjà fait le tour du Web outre-Manche et a même suscité l’intérêt d’Ashton Kutcher sur son site d’actualité «Aplus».

FEMINA Comment avez-vous choisi les personnes pour cette série photos «As Time Goes By»?
Barabara Davatz J’ai seulement «choisi» ces personnes une seule fois, en 1982! A cette époque, j’étais fasciné par un couple, Nicola et Kurt. Ils avaient tous les deux des têtes blondes, des coupes de cheveux très courtes, étaient habillés en noir et portaient des vêtements tout à fait particuliers. Ils étaient superbes. C’est cette rencontre déclic qui m’a fait m’intéresser aux couples stylés zurichois qui «jouaient» de leur apparition en duo. Ainsi m’est venue l’idée de faire cette série de portraits, un documentaire qui reflétait l’air du temps en somme. J’ai trouvé 12 couples à photographier en 1982, et c’est eux ensuite, qui ont souhaité se faire à nouveau prendre en photo en 1988, 1997 et 2014.

Qu’aimez-vous dans le fait de photographier des couples?
La différence entre une photo d'une seule personne et une photo de couple, c’est l’émotion! Avec un tandem, on se demande toujours quel type de relation ils entretiennent… Il y a davantage de mystère, de drame imaginé! Il y a aussi bien sûr, de l'amour ou des conflits… Et dans mon projet, on ne sait pas si les deux hommes sont amoureux ou amis, si ces deux femmes sont sœurs ou amoureuses etc. Cela donne une double lecture fascinante aux clichés.


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Avez-vous gardé des liens avec vos «modèles» entre 1982 et 2014?
Certains sont mes amis, même s’ils ont, pour la plupart, 10 à 20 ans de moins que moi. La plupart ont des points communs avec ma vie (milieu social, artistique etc.). Je vois donc généralement, un certain nombre d'entre eux lors d'événements à Zürich ou entre les sessions photographiques. Et j’adore suivre leur actualité (expos, spectacles), je garde les articles de journaux précieusement, dans une boîte à souvenirs. Telle une mère très fière!

Qu’est-ce que vous avez préféré dans ce projet?
Plusieurs aspects en fait. J'ai trouvé fascinant le fait d'observer les relations humaines, voir les familles se construire! J'ai aimé analyser également l'évolution stylistique, le mood des époques... Mon travail évoque aussi le Zeitgest (NDLR: une notion empruntée à la philosophie allemande signifiant «l'esprit du temps»), le style d'un instant T. Et enfin l’évident et inévitable fait de vieillir.

Barbara Davatz est née en 1944 à Zürich et a grandi aux Etats-Unis (1948 – 1963). Entre 1964 et 1965, elle suit des cours préparatoires à la Schule für Gestaltung de Bâle puis étudie la photographie de 1965 à 1968 à la Schule für Gestaltung de Zürich. Elle se spécialise ensuite dans le portrait. Les photos de l’exposition sont à retrouver dans le livre «As Time Goes By, 1982, 1988, 1997, 2014», aux éditions Patrick Frey, 2015 (78 fr.). Plus d’infos sur l’exposition et le musée.

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Beni et Andi en 1982 puis la famille de Beni en 2014.

© Barbara Davatz
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Lili et Franciska en 1982 et 1997.

© Barbara Davatz
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Bianca et Enesto en 1982 et en 1997 puis Bianca et son nouvel ami en 2014.

© Barbara Davatz

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