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L'édito

L'édito de Sonia Arnal: De la magie des rituels

edito 22 décembre 2019 rituels noël sonia arnal

«Et puis on vieillit et on réalise que ces rituels ont leurs petits défauts et de grandes qualités. Notamment celle d’exister.»

© Ludovic Andral

On les connaît, d’ailleurs quand on avait 16 ans on était comme eux. Eux, ce sont les rabat-joie qui vilipendent Noël et ses fêtes de famille sous prétexte que les blagues machistes et racistes de l’oncle Marcel soûlent plus que le mauvais rouge apporté par leur beau-frère. Ou qu’ils n’en peuvent plus de voir leur sœur portée aux nues par les parents alors que le reste de la fratrie n’existe pas à leurs yeux. Sous prétexte qu’elle est médecin et qu’elle sauve des vies. Alors qu’elle est généraliste et qu’elle prescrit surtout des antibiotiques aux petits vieux qui font des complications après la grippe ou de l’insuline aux diabétiques.

Les tristes sires qui estiment que s’enfiler une fois de plus la fondue chinoise (soyons francs, la dinde aux marrons, ça fait longtemps qu’elle ne lasse plus personne, elle a été abandonnée au mitan des années 80), ce sera une fois de trop, parce que franchement la sauce mayo-curry industrielle qui va avec, c’est bon, on a donné. Et on ne vous parle pas des cadeaux, qu’on voit – quand on est dans cette spirale dépressivo-contestataire de son adolescence (elle dure longtemps, chez certains, l’adolescence) – comme un culte au veau d’or du capitalisme triomphant panaché d’une forte dose d’hypocrisie, parce que ces gens, on les a pas choisis, les présents, on les a jamais demandés, donc on ne voit pas bien pourquoi on devrait se sentir redevables.

Avoir la chance de fêter Noël

Bref, vous voyez comment, nous avons tous été comme ça aussi un jour. Et puis on vieillit et on réalise que ces rituels ont leurs petits défauts et de grandes qualités. Notamment celle d’exister.

Parce qu’il y a des gens qui ne peuvent pas se payer le luxe de vilipender les Fêtes, d’être fatigués de l’hystérie des petits-neveux ou des préjugés du Marcel. De famille, ils n’en ont pas, ou plus, et les Noëls, ils aimeraient bien eux aussi faire semblant d’être au-dessus de ça. Si seulement ils en avaient un. Petite pensée émue pour eux.

A vous tous, Chères lectrices et Chers lecteurs, la rédaction de Femina souhaite un très Joyeux Noël!

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