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L'édito de Géraldine Savary: «La falaise de verre donne sur la Tamise»

Géraldine Savary rédactrice en chef Femina éditorial

«On peut se demander si Liz Truss n’est pas la candidate élue pour surmonter la "falaise de verre", un phénomène qui consiste à choisir une femme parce qu’il y a crise.»

© ANOUSH ABRAR

Nous précisons que l'édito du magazine Femina du dimanche 11 septembre 2022 a été rédigé et imprimé juste avant le décès de la reine Elizabeth II.

Le 5 septembre 2022, Liz Truss a été désignée cheffe du Parti conservateur britannique par 140'000 membres et confirmée le lendemain comme Première Ministre par la reine Elizabeth II. Elle devrait occuper la fonction au moins jusqu’aux prochaines élections générales, agendées en janvier 2025. La politicienne de 47 ans arrive dans un des contextes les plus difficiles de ces dernières années. L’Angleterre traverse une crise économique violente, qui voit les gens devoir choisir entre payer les factures d’électricité pour être chauffés ou y renoncer pour pouvoir manger. Les grèves se multiplient, les discussions autour du Brexit sont enlisées, l’inflation galope, les rapports avec l’Irlande et l’Écosse se détériorent, les pénuries se multiplient.

Elle vient d’arriver, et déjà on se demande quand elle va tomber. «Un parcours respectable mais peu remarquable», «une inconnue des électrices et électeurs», peut-on lire dans la presse anglaise et internationale. Le regard mi-admiratif, mi-condescendant qu’elle suscite évoque la situation en presque tous points identiques de Theresa May, une des prédécesseures de Liz Truss: elle remplaçait un homme, David Cameron démissionnaire, après le vote populaire en faveur du Brexit, dans un pays divisé, sonné par le résultat des urnes.

Élues en temps de crise

L’arrivée de Truss et de May à Downing Street n’est pas sans rappeler l’accession de Margaret Thatcher au poste de premier ministre, en 1979. Le Parti conservateur était à terre après deux défaites, «l’hiver du mécontentement» avait paralysé le pays, qui subissait grèves, fermetures d’écoles, pénuries de soins de santé, coupures d’électricité.

On pourrait dire «c’est la faute à pas de chance». Ou alors se demander si Liz Truss n’est pas la candidate élue pour surmonter la «falaise de verre», un phénomène qui consiste à choisir une femme parce qu’il y a crise. Si elle réussit, elle rétablit la situation et puis s’en va après avoir fait le ménage et nettoyé les casseroles; si elle échoue, elle s’en va aussi mais la tête baissée, accompagnée par les critiques puis vite oubliée.

Theresa May a été dégagée après trois ans, ne survivant pas aux duretés de la falaise, Margaret Thatcher les a piétinées, en même temps que les syndicats et les travaillistes, influençant durablement la politique du Royaume-Uni. Liz Truss a deux ans pour montrer si elle est de verre, ou de fer. 

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