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Les acteurs

Christine Lagarde, 55 ans, F rançaise. Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI).
Le FMI a été créé en 1944 quand de nouvelles règles monétaires sont établies. Son rôle: les faire respecter. En 1976, le système est aboli, c’est le marché qui fixe le cours des changes. Le FMI se mue en pompier: il fournit des prêts aux pays en crise (Asie, Amérique latine, Afrique) en échange de cures d’austérité et de libéralisation. Aujourd’hui, il est sur le front européen.
Siège: Washington.

Ben Bernanke, 58 ans, Américain, président de la Réserve fédérale des Etats-Unis (FED) depuis 2006.
La FED a été fondée en 1913. Elle décide de la politique monétaire du pays (elle peut par exemple mettre des dollars sur le marché pour relancer l’économie), vise la stabilité des prix et le plein-emploi, surveille le système bancaire américain et peut prêter des fonds.
Siège: Washington.

Jean-Claude Trichet, 69 ans, Français, président de la Banque centrale européenne (BCE).
Fondée en 1998, la sphère d’influence de la BCE est la zone euro (17 pays) qui partage la même monnaie, mais n’a toujours pas de politique économique commune. Rôle principal: contenir l’inflation. Tout comme la FED, elle est indépendante mais elle a en fait beaucoup moins de pouvoirs.
Siège: Francfort.

Philipp Hildbrand, 48 ans, Suisse, président de la Banque nationale suisse (BNS).
La BNS, indépendante du pouvoir politique, a été instituée en 1907. Elle émet la monnaie nationale – le franc – veille à la stabilité des prix et peut intervenir quand la valeur du franc suisse ne correspond plus à la réalité économique. Ce fut, par exemple, le cas en 1978 face au deutsche mark. Ou, comme actuellement, face à l’euro et au dollar.
Sièges: Berne et Zurich.

Les marchés
Au sens économique, ce sont les lieux de rencontre, virtuels ou réels, où l’on vend et où l’on achète. Très puissants dans notre système économique, mais dotés d’un psychisme plutôt fragile. Depuis 2007, ils sont «anxieux», «nerveux», «tendus», voire «déprimés». Raison pour laquelle il faut tout le temps les rassurer. Ils peuvent aussi être «euphoriques», mais cela n’est pas arrivé depuis longtemps.

Les maîtres du jeu

Standard and Poor’s (SP), Moody’s, Fitch Ratings… Trois noms qui font trembler. Si ces agences estiment que la dette d’un Etat n’est pas digne de confiance, sa note (de AAA pour les meilleurs à D) baissera. Conséquence: le pays paiera plus cher l’argent qu’il emprunte. Début août, les Etats-Unis ont été sanctionnés pour la première fois par SP. A leur création, pourtant, rien ne prédestinait ces sociétés privées américaines, nées avec la conquête de l’Ouest, à détenir un tel pouvoir. A l’époque, les compagnies de chemin de fer ont besoin d’énormément de capitaux. Peut-on s’y fier? Avant de dégainer des fonds, les investisseurs voudraient bien le savoir. Les agences de notation sont nées. Leur montée en puissance coïncide avec la libéralisation, la mondialisation et la nécessité de prendre des décisions de plus en plus rapides. Les Etats y contribuent: le système de notation est inscrit dans les lois américaines et européennes. Si les collectivités publiques (chez nous, les cantons et les villes) se soumettent à ces évaluations permanentes, c’est qu’elles dépendent toujours plus des marchés financiers pour obtenir des capitaux, baisse des impôts oblige. Problème: les agences ne donnent qu’un avis, elles peuvent se tromper (les sociétés à l’origine des subprimes collectionnaient les AAA!) et sont rémunérées par ceux qu’elles évaluent (les emprunteurs), pas par les créditeurs. La crise secoue donc aussi le système mondial de notation. Faut-il créer des agences publiques? Ouvrir ce marché à d’autres acteurs, commel’agence chinoise Dagong, fondée en 1994? L’an dernier, elle avait déjà dégradé la dette des Etats-Unis dont la Chine, son plus grand créditeur étranger, détient déjà 10%.

Les mots de la crise

Krach Baisse subite et très importante – perte de l’ordre de 20% – de la Bourse. Un krach peut survenir en une journée ou se poursuivre pendant plusieurs séances. Le plus dramatique, celui de 1929, s’est étalé sur une semaine. Le plus récent a eu lieu le 19 octobre 1987 aux Etats-Unis, avec une dégringolade de 22,6% en un jour.

Récession Ralentissement passager de l’activité économique et de la croissance. S’accompagne d’une hausse du chômage.

Dépression Une récession qui s’installe dans la durée. «La Grande Dépression», qui a succédé au krach de 1929, a marqué les années 1930. Elle ne s’est vraiment achevée qu’avec la Deuxième Guerre mondiale.

Dette «souveraine» Argent dû par un Etat à ses créditeurs (comme les banques, les assurances, le FMI etc.). Comme toute autre dette, elle doit être remboursée avec intérêts. Plus la situation financière de l’emprunteur inquiète, plus leurs taux sont élevés.

Inflation Le pouvoir d’achat de la monnaie diminue, du coup les prix augmentent de manière durable. Il ne s’agit pas simplement d’une hausse du coût de la vie, le phénomène affecte toute l’économie. Seul effet positif: les dettes (privées et publiques) diminuent.

Déflation Le contraire de l’inflation. Le pouvoir d’achat de la monnaie augmente. Du coup,les prix baissent durablement. Effet négatif: la valeur des dettes, elle, augmente.

L’avenir en deux scnéarios

1. De quoi désespérer…

Rien à faire, malgré la mise à disposition de flots de capitaux, l’économie américaine ne redémarre pas. L’Europe ne se porte pas mieux. De nombreux Etats sont incapables de freiner la spirale de l’endettement, malgré des plans d’austérité dont les effets sont dévastateurs sur la majorité de la population. Leurs créanciers (comme les banques et les assurances) font à nouveau appel aux banques centrales et aux Etats encore solides, mais les sauvetages à répétition ont vidé les caisses. Les pays émergents souffrent aussi. Notamment la Chine. Son boom économique reposait encore principalement sur les marchandises qu’elle exportait, mais comme l’Occident ne les lui achète plus… Là-bas aussi le chômage est massif, les tensions sociales augmentent et les troubles se multiplient. La zone euro a volé en éclats. Logique, l’heure est au chacun pour soi, pour les Etats comme les individus. Fin brutale de la société de consommation sans alternative crédible en vue. Avec, en prime, une crise de l’environnement non résolue, parce que quand notre système économique a commencé à craquer de toutes parts, on a paré au plus pressé, le nez dans les chiffres et les statistiques, sans plus se préoccuper de l’avenir. L’écologie? Franchement, ce n’est pas le moment…

2. Des raisons d’espérer…

Après des années passées à colmater en toute hâte les brèches au fur et à mesure qu’elles apparaissaient, l’évidence s’est imposée: cela ne suffit pas. Seule solution, changer profondément notre système économique qui est devenu celui de la planète entière. Vertigineux! Pourtant, certains ont déjà posé des jalons. Prenez l’Américain Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie 2001. Pour lui, il n’y a qu’un moyen de mettre un terme à la crise actuelle qui a démarré en 2007. Il affirme que, pour mettre un terme à «La Grande Récession» comme il l’appelle, il faut définitivement clore le chapitre du capitalisme débridé apparu à la fin des années 1970 aux Etats-Unis. Trop injuste, inégal et… risqué. Comme d’autres, Joseph Stiglitz appelle à une réponse globale face à la première crise globale. C’est la mobilisation générale: Etats, monde économique, société civile, l’effort est commun. Ce n’est pas facile, il y a des ratés et cela va prendre beaucoup de temps. Eh oui, il faut s’habituer à ne plus privilégier la vitesse et le court terme. De nouvelles règles économiques, valables dans le monde entier, ont été élaborées au cours de réunions internationales. L’économie a redémarré grâce à des plans de relance mondiaux qui privilégient les secteurs améliorant la qualité de vie de tous les habitants de la planète. Quant à la protection de l’environnement, elle est une priorité car elle bénéficie de la gouvernance commune qui a dû se mettre en place pour réussir à sortir de la crise.

http://www.deniskormann.com/
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