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Pour une fois, on va paraphraser Johnny: «Cette fille-là, elle est terrible!» Ces mots tirés d’un titre du chanteur préféré des Français résument bien notre personnage… y insufflant un petit air rock’n’roll très à propos. Docteure en psychologie, chercheuse en neurosciences et spécialiste de la dynamique cérébrale fonctionnelle, telle est la profession de Julie, 41 ans. Pourtant pas de blouse blanche à l’horizon: T-shirt rebelle, Perfecto, jean slim, bottes compensées, barrette tête-de-mort et coccinelle dans les cheveux, voici la doctoresse Julie…

D’elle, on ne saura que le prénom. Discrétion professionnelle oblige. Pour ce qui est de sa voix, nombre de Romands la connaissent. Chaque jour sur Couleur 3, vers 11 h 35, sous le pseudo de Docteur Jeanpierre, elle anime Radiocéphale. Cette chronique occupe une dizaine de minutes de l’émission de Duja Que de la radio. «On cause de thèmes liés au comportement humain, avec une connotation neuroscientifique», explique Julie. Sérieuse mais ponctuée des remarques drôlissimes de Duja, sa chronique se clôt par des morceaux délirants, issus de sa collection. Car Julie est aussi spécialiste en musique brute: «On parle de musique brute en référence à l’art brut. Celle de gens qui n’ont pas de but lucratif ni critères esthétiques, des malades psychiatriques, des membres de secte, etc.» La folie, les gens «pas intégrés»… voilà qui passionne Julie, qui en a fait son métier, et l’a poussée, peut-être, à s’inventer un double alternatif.

Petite et sage, grande et déjantée

Julie naît et grandit à Bienne. Attirée par les matières scientifiques, elle est une bonne élève. «J’étais calme, je ne disais rien mais n’en pensais pas moins. Je n’ouvrais la bouche que pour manger, j’adorais ça!» A l’adolescence, elle se rebelle. «J’étais hypercomplexée, j’avais des kilos en trop et aussi des problèmes de peau.» Sa matu en poche, elle entame des études d’infirmière pour bosser en psychiatrie. Trois mois avant son diplôme, elle laisse tomber et s’inscrit à l’Université de Lyon où elle obtiendra une maîtrise de psychologie, option neurosciences.

De retour en Suisse, elle se lance dans un doctorat, à Genève, et connaît la galère: «Je cumulais les petits boulots la nuit. Je ne mangeais rien. Le point positif, c’est que j’ai vite perdu mes kilos en trop.» Passionnée de musique, elle fréquente le milieu alternatif et, riche d’une belle collection de disques, se met à mixer sous le nom de Docteur Jeanpierre. Pourquoi ce surnom? «Je suis une accro du tricot, quand je m’y mets la nuit, j’entre en transe, je peux faire trois bonnets d’un coup. Mais ils sont importables. Un jour, on m’a proposé de les exposer dans une galerie d’art. J’avais envie d’un nom à l’opposé de ce que l’on attend d’une nana qui fait du tricot. J’ai trouvé que Jeanpierre, ça faisait assez loser.»

Aujourd’hui docteure en psycho et chercheuse sous son vrai nom, DJ, chroniqueuse radio, chanteuse et musicienne dans un groupe de pop rock expérimental sous celui de Jeanpierre, la jeune femme célibataire et sans enfants avoue avoir une existence peu en phase avec celle des gens de son âge. Mais plus intéressante que celle qu’elle avait imaginée. Une vie où la folie n’est jamais bien loin.

Chronique du Docteurr Jeanpierre

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