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Passionnée de couleurs, la créatrice américaine se réjouit de pouvoir enfin distribuer sa marque dans le monde entier. Rencontre exclusive.

Chaleureuse, spontanée, carrément irrésistible lorsqu’elle parle avec enthousiasme de ses vernis qu’elle considère comme ses «bébés» – des enfants qui, chacun, auraient leur propre personnalité, unique – Essie Weingarten a débuté sa carrière dans la mode. Formée au prestigieux Fashion Institute of Technology de New York, elle rejoint dans les années 70, la maison Henri Bendel, alors N° 1 en matière de luxe, où elle s’initie aux matières et aux couleurs. S’ensuit une incursion dans le monde de la lingerie. Elle a l’œil et une irrésistible envie de créer. Les vernis ne sont-ils pas, comme les bas, un accessoire incontournable de la féminité? Elle le pense et se tourne vers des spécialistes: des chimistes à qui elle confie ses envies. Désir de vernis très colorés, soyeux, résistants comme du métal, brillants, avec un aspect un peu mouillé et qui durent. En 1981, le challenge est de taille. Elle trouvera pourtant «le» spécialiste indispensable à la création d’une formule «idéale» et va, petit à petit, fixer les standards de qualité. «J’ai passé des années à perfectionner une formule anti-écaillement qui puisse durer 7 à 10 jours», précise-t-elle.

FEMINA La légende veut que vous ayez commencé à vous intéresser au sujet dès l’âge de trois ans. Etonnant…
ESSIE WEINGARTEN J’étais le petit diable de la famille, impossible à canaliser. Ma mère, qui suivait la mode jusqu’au bout des ongles, avait trouvé un moyen pour me calmer. Elle m’emmenait avec elle au salon de beauté pour faire une manucure. Le temps que le vernis sèche, elle arrivait à me faire tenir tranquille. Je prenais cela aussi comme un moment de plaisir. J’étais très fière de mes ongles. Ensuite, je n’ai jamais cessé de fréquenter ces endroits, tout en regrettant qu’il n’y ait pas davantage de couleurs.

Est-ce justement cet argument qui vous a donné envie de créer des vernis?
J’ai tendance à voir le monde par le prisme de la couleur et j’ai beaucoup appris auprès de Geraldine Stutz, présidente d’Henri Bendel. La couleur traverse les frontières et surtout je voulais une palette de vernis qui permettent d’en changer, comme on le fait avec un vêtement, en fonction de l’humeur. Cette passion m’a menée aux quatre coins du globe dans une quête de nouvelles teintes susceptibles de séduire. Retrouver la perfection d’un jaune safran découvert en Inde, du rose délicat d’un chausson de danseuse, d’un blanc pur… Je peux dire que les pigments m’obsèdent. Il y avait aussi un vide à combler: les nails bars n’existaient pas encore. Aujourd’hui, alors qu’à New York ou Londres, il y en a à tous les coins de rue et nous y proposons plus de 250 tons. Au détail, nous en vendons une centaine, plus quatre collections exclusives de 6 couleurs en édition limitée pour mes nailistas. Ma première collection, en 1981, comptait 12 coloris. Le nouveau partenariat avec L’Oréal me permet d’étendre le «monde d’essie» au monde entier.

Ces éditions limitées tiennent-elles compte des palettes de la mode? Travaillez-vous avec des bureaux de style?
L’inspiration est vraiment partout. J’ai la chance d’avoir ce talent. Bien sûr, j’ai toujours un œil sur les défilés (New York, Paris, Milan), mais tout m’inspire: mes voyages, la rue, une œuvre d’art, un accessoire… Et je suis encouragée. Soutenue par Anna Wintour (rédactrice en chef du magazine Vogue) par exemple. Des personnalités célèbres me font le plaisir de porter mes vernis. Un jour, j’ai reçu une lettre au sceau du coiffeur de la reine d’Angleterre me disant que la reine aimerait avoir le ton Ballet Slippers, un rose avec une sous-teinte un peu blanchâtre. J’étais même prête à aller lui livrer en personne! Kate Middleton aussi en porte.

Les noms ne sont jamais choisis au hasard, non?
Le vernis c’est comme un enfant, chacun a sa personnalité et je crois que certaines femmes tombent autant amoureuses d’un nom que d’une teinte. A-list, par exemple, un rouge, porte ce nom car il a foulé le tapis rouge plus souvent que Jennifer Aston. Mademoiselle ne fait pas allusion à Coco Chanel, comme on pourrait le croire, mais à Mademoiselle Essie. Ballet Slippers, né en 1982, que je porte aujourd’hui se réfère aux chaussons d’une danseuse étoile. After sex, 2004, inspiré par un de mes chocolats favoris, est un clin d’œil, tout comme Size Matters évoque une pierre précieuse rare ou Bangle Jungle, couleur lavande, de très fins bracelets sertis. Créée en 1996, Buy Me a Cameo est la couleur favorite d’Oprah Winfrey (animatrice et productrice américaine). Je pense aussi que ces noms correspondent à des époques: les femmes se souviennent de la couleur qu’elles portaient à l’adolescence, lors de leurs débuts dans la vie professionnelle, à leur mariage…

Comment expliquez-vous que les Européennes se soient intéressées à la beauté de leurs ongles bien après les Américaines?
Mon mari est italien, on avait donc l’habitude d’aller dans ce pays au moins deux fois par an et cela m’intriguait de voir ces femmes très élégantes, si bien maquillées, portant de beaux accessoires avec des mains presque négligées. J’ai donc proposé à la directrice de mon hôtel, de déposer dans chaque chambre des vernis. «Vous n’y pensez pas», m’a-t-elle répondu. En Italie, la plupart des hommes pensent qu’une femme qui porte du vernis de couleur est une femme de mauvaise vie! En France, c’était pour une autre raison. Les femmes allaient chez le coiffeur et certaines en profitaient pour se faire faire une manucure vite fait, bien fait. Mais tout a bien évolué.

Essie sera disponible en Suisse dès le 1er janvier 2012. Prix: 19 Sfr. 90. Base: 24 Sfr. 90. Masque mains: 29 Sfr. 90. La gamme de soins devrait être disponible prochainement.

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