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Les confettis jonchent le sol, les coupes de champagne se sont envolées, les titres endiablés savamment mixés par le DJ ne sont plus que de vagues souvenirs. La fête est finie… Et voilà que loin du petit nuage dont elles avaient rêvé, c’est le wedding blues qui saisit certaines jeunes mariées. Elles sombrent alors dans cette déprime qui survient quelques heures après le «oui, je le veux».

«Je me suis mariée religieusement le 18 août 2013, se souvient Natacha, blogueuse de 36 ans. Le retour à la réalité s’est fait environ dix jours plus tard, le temps de rentrer de notre lune de miel. Je suis devenue agressive et irritable, je m’en prenais souvent à mon mari et je n’avais rien envie de faire. J’en voulais à la terre entière parce que j’étais devenue soudain transparente. Je ne supportais pas d’avoir perdu mon très précieux statut de «bride to be». Je me sentais démunie et, étrangement, très seule.»

Déprime, fatigue, ennui, tels sont les symptômes d’une jeune mariée souffrant de wedding blues. «Les victimes éprouvent un sentiment de vide, voire même de solitude, tout en ayant pourtant leurs proches et leur bien-aimé autour d’elles, commente la doctoresse Katharina Auberjonois, responsable de la consultation des couples et des familles aux HUG. Elles ont alors envie de se retirer, de s’enfermer sur elles-mêmes.»

Ce spleen postmariage s’apparente au retombé du soufflé, à l’instar du babyblues qui peut surgir après la naissance d’un enfant. «Les conjoints se retrouvent seuls devant quelque chose de terminé, les noces, et doivent faire face à la réalité du mariage, analyse Anne-Dominique Spertini, conseillère conjugale à la Fondation Profa. Le wedding blues survient lorsque toutes les attentes se focalisent sur la fête au détriment de sa signification.» Parfois, le réel n’est pas à la hauteur des attentes et le décalage tellement immense qu’il peut provoquer une profonde déception, voire une déprime passagère.

Flashs et projecteurs

«Le mariage semble remplir de plus en plus une fonction de rite de passage, avec une impressionnante mise en scène du couple, poursuit Katharina Auberjonois. Les préparatifs durent parfois une année, voire plus! Certains vont jusqu’à s’endetter pour pouvoir donner une fête ˈà la hauteurˈ». Outre le fait de célébrer l’amour qui unit deux personnes, les noces servent de signe de réussite sociale. Loin de marquer le début d’une vie commune comme ce fut le cas durant des siècles, le mariage est aujourd’hui vécu d’abord comme un aboutissement. La décoration est pensée dans les moindres détails, les lieux sont réservés de nombreux mois à l’avance, les couleurs des dragées méticuleusement étudiées. Rien n’est laissé au hasard! Pour Katharina Auberjonois, «plus les futurs mariés cèdent à la tentation narcissique d’un spectacle, et plus ils risquent de se sentir vidés après la fête.»

Pour sa part, Natacha a consacré deux ans à la préparation de son mariage: «J’ai pris à bras-le-corps l’organisation de cet événement, c’est moi qui ai tout assumé et dirigé. Et j’ai extrêmement mal vécu le retour à la routine. Notre vie de couple n’avait pas été transformée par le mariage... elle restait la même qu’auparavant. Pendant deux ans, on ne pense qu’à ce jour si spécial, on dort, on mange mariage et, tout à coup, on se réveille et il n’y a plus rien.»

Pleurs et priorités

L’organisation du jour J peut conduire le couple à s’oublier quelque peu dans ce projet. «De nos jours, les noces ne sont plus le rite de passage permettant aux amoureux de s’engager dans une vie de couple, elles ont davantage tendance à devenir un «event» et ne sont, en soi, pas une transformation de quoi que ce soit», rappelle Anne-Dominique Spertini. Ni la fin de quelque chose ni le début d’autre chose, il n’exprime donc plus un passage... Pour la conseillère, il est dès lors impératif de se poser la question: «Et après?», de nourrir «le plaisir quotidien d’être ensemble, la dimension conjugale sous toutes ses formes et d’établir de nouveaux projets à deux».

La déprime postnuptiale de Natacha a duré trois mois. «Je passais mon temps à pleurer, c’était les montagnes russes, se souvient-elle. Mon mari, qui est bien plus terre à terre que moi, ne comprenait pas mon attitude. Nous avons eu un gros clash, ce qui a remis les priorités à leurs places. Je me suis également tournée vers un spécialiste, car je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Très vite, je me suis rendu compte que ce n’était «que» cela, et le fait de mettre un nom sur ce mal-être m’a beaucoup aidée.»

Posts contre tabou

La jeune femme a alors ressenti le besoin de partager son expérience sur son blog: «Cela a terminé d’exorciser ma déprime, et dans mon cas ça a été salvateur. Mes posts ont permis à d’autres mariées de déculpabiliser et de se sentir moins seules. Il y a de nombreuses femmes qui vivent un wedding blues sans même le savoir. J’ai reçu plusieurs témoignages attachants de jeunes mariées qui se sont retrouvées dans mon expérience et se sont ainsi senties moins égoïstes.»

«Le wedding blues est quelque chose qui existe, il faut sortir cette réalité du tabou, conclut Anne-Dominique Spertini. Pour l’éviter, il est nécessaire de préparer ce qui se passera après et de penser au lendemain.» Et, une fois les noces passées et les colombes envolées, de savoir se tourner vers son conjoint. Car si le mariage n’est pas la fin d’un conte de fées, il est bel et bien le début d’une histoire qui s’inscrit dans le temps.

Le blog de Natacha: http://lecompteareboursdechacha.com

Les meilleures façons d’éviter le wedding blues

Fuyez le syndrome Kate Middleton Le mariage parfait, ça n’existe pas, point barre.

Délestez-vous de tout esprit de compétition Votre jour J ne doit pas à tout prix être plus émouvant-majestueux-pailleté que celui de votre cousine; et vous ne participez pas à l’émission «Quatre mariages pour une lune de miel» (du moins on l’espère).

Associez votre conjoint Ne lui demandez pas seulement son avis sur la typo des faire-part, mais donnez-lui l’opportunité de mettre pleinement la main à la pâte.

Déléguez au maximum Spécialiste, sœurs-oncles-nièces, peu importe: confiez le plus de corvées et de responsabilités possibles à vos proches.

Portez une fois encore votre belle robe Bookez un «Trash the Dress», une séance photo à réaliser à deux pour en faire voir de toutes les couleurs à vos vêtements. Dans l’eau, en l’air, sous des flashs colorés: soyez imaginatifs, tout est permis.

Inventez-vous des projets à deux Repeindre le mur du salon, créer une entreprise (non, pas devenir weddingplanner!), planifier un long voyage: foncez!

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