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Je ne peux m’empêcher de penser que si la tour Eiffel était une femme, elle porterait certainement des collants résilles… Et il n’existe pas de plus grande dame, n’est-ce pas?» Quand Cristina Cordula se met à la page et se livre dans un bel ouvrage – qui vient de sortir aux Editions Larousse – ses mots se drapent de fantaisie et de glamour. Deux attributs qui lui vont comme un gant et nous rappellent de quelle étoffe est faite la vie de cette tornade brune qui conjugue élégance et sexytude avec flamboyance et classe. Peu encline à se déboutonner en public – normal, pour qui passe son temps à nous rhabiller – l’ex top-modèle devenue conseillère en image s’est prêtée au jeu des confessions par une voie dérobée. En se dévoilant par bribes et touches. En mettant en scène et en prose ses trois amours: son pays (le Brésil), la mode et Paris. Mais aussi en émaillant ses dires de souvenirs heureux d’une enfance qui rime avec soleil, mer et mère, goût du sel sur les lèvres. Balade poétique et photographique au gré des rues de la Ville Lumière, «Style & allures» explore les cent pièces incontournables du vestiaire féminin et nous donne à voir Cristina sous toutes ses coutures. Enjouée, espiègle, envoûtante et «magnifaïïïque», pour reprendre une des expressions cultes de l’exubérante modeuse à l’accent chantant!

Au départ, l’aventure devait s’écrire tout autrement. Du moins dans l’esprit de la belle, jusque-là habituée à distiller ses leçons de style dans des guides pratiques. «Après quatre publications, je voulais me lancer dans une série de conseils pour les hommes. Mais quand on m’a parlé d’un livre d’art, d’un bouquin nettement plus personnel, je me suis laissé convaincre», explique-t-elle, tout en nous avouant avoir trouvé l’expérience plus périlleuse qu’à l’accoutumée. Car la dame aux cheveux charbon n’ignore pas que le mystère est une arme de séduction massive à manier avec dextérité. D’autant que cette année, sa notoriété s’est faite galopante. Forte de quatre rendez-vous cathodiques – «Nouveau look pour une nouvelle vie», «Les reines du shopping» et «Cousu main» (sur M6), ainsi que «Magnifique by Cristina» (sur Teva) – elle est devenue la coqueluche du groupe M6. Si cet engouement soudain la laisse un rien perplexe, elle ose pourtant une analyse: «Le secret de mes émissions? Elles sont gentilles, évitent la critique destructive et tirent les personnes vers le haut.»

Le goût d’embellir l’autre

Cette empathie pour autrui, ce goût d’embellir l’autre pour qu’il rayonne enfin et cette façon qu’elle a de lancer à tout va des «ma chériiie» afin de réconforter son petit monde puisent leur origine dans ses racines sud-américaines, dans son ADN. Née à Rio en 1964, la petite Maria Cristina (son vrai prénom) a grandi sous l’œil bienveillant d’un chef d’entreprise et d’une sociologue qui se muera, par la suite, en critique d’art. «Mon père était un homme humble, souriant, toujours de bonne humeur. Et surtout un très bon orateur. Mon aptitude à parler facilement, je l’ai héritée de lui. Le côté sociable, extraverti, je le dois plutôt à maman. Elle adorait recevoir.» Ravissante blonde aux yeux verts, Miss à ses heures, cette mère aimante et protectrice a joué un rôle capital dans les choix de Cristina. Personnage phare, elle n’a eu de cesse d’éclairer son chemin. «Ma passion pour la mode, c’est elle qui me l’a insufflée. Elle a été mon miroir, mon exemple de féminité. Alors que je me tenais à peine debout, je m’accrochais déjà au lavabo pour assister à ses séances de maquillage. J’étais émerveillée, je l’admirais énormément», raconte-t-elle, nous permettant ainsi de vérifier que la fièvre du beau s’est emparée d’elle aux aurores. Pour ne plus la quitter.

Enchaînant les anecdotes en rafale, comme les interviews, d’ailleurs, car Cristina est une femme pressée à l’agenda hyperbooké et au timing millimétré, elle ajoute: «Petite, une couturière venait à la maison afin de me confectionner vêtements et petites robes. Quand j’aimais bien quelque chose, ma mère me le faisait faire. C’est très sud-américain.» Et de souligner: «Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours voulu être mannequin. Et ce même si maman a tenu à m’ouvrir d’autres horizons. J’ai pratiqué le ballet, la peinture, le théâtre, plein d’activités différentes.» Car il faut savoir que chez les Cordula l’art était omniprésent. «J’ai baigné là-dedans. Mon oncle est un artiste peintre très connu dans mon pays, plusieurs de mes cousins évoluent dans ce milieu-là». Nous confiant avoir tenté de manier les pinceaux, mais avec gaucherie, elle conclut: «En vérité, je ne suis pas du tout manuelle.»

On la veut, on la réclame

Enfant disciplinée, bûcheuse en classe, plutôt bon petit soldat mais pas prête à finir en plomb, la fillette n’est pas de celles qui, nourries de romances, attendent qu’une bonne étoile s’agite et chamboule leur destin. Quand elle a une idée fixe, elle fonce et s’en donne les moyens. «A l’adolescence, j’ai eu un passage à vide. Rien de grave, je me sentais mal dans ma peau. J’étais très grande; or, au Brésil, pour être considérée comme jolie, il fallait être petite. En plus, j’étais un peu enrobée. J’ai donc demandé à mon père de m’emmener chez un diététicien. Je n’ai pas eu à suivre de régime, j’ai juste appris à manger autrement. Du coup, j’ai pas mal maigri et j’ai pu m’inscrire dans une école de mannequinat, tout en poursuivant, en parallèle, mes cours de journalisme et de communication.»

Soudain plus laconique quand on tente d’aborder le chapitre zones d’ombre de l’existence, elle se dérobe: «J’ai traversé des moments tristes, mais ni plus ni moins que tout un chacun.» Puis se ravise: «Quand le mariage de mon père et de ma mère a volé en éclats, c’était le choc. En classe, dans les années 70, j’étais la première fille de parents séparés. Pour mon frère et moi, c’était la honte de devoir le confesser. Je n’avais que 14 ans et lui 13.» Autre blessure, autre perte cruelle, celle de Claudio, son cadet. «Il est mort à 18 ans dans un accident de voiture. Je suis partie pour l’Europe peu après ce coup dur.»

L’Europe, nous y voilà! C’est en faisant ce grand saut que Cristina commence à toucher du doigt le rêve qui la hante. «Une agence espagnole m’a recrutée. J’ai dit à mon père que je m’offrais une année sabbatique. Je ne suis jamais rentrée.» En terrain ibère, les événements ne prennent pas la tournure espérée. Sa carrière décolle doucement. Pas assez vite à son goût. Elle met alors le cap sur Milan; mais là encore le succès se fait timide. Quand elle pose, c’est le plus souvent pour des catalogues. Qu’à cela ne tienne, elle débarque à Paris, change de tête et adopte une coupe à la garçonne. Bingo! A elle, Chanel, Dior, Yves Saint Laurent… On la veut, on la réclame: elle défile pour les griffes les plus prestigieuses. Elle est au top et tutoie les podiums jusqu’à la naissance d’Enzo en 1994. Rideau. Elle lâche tout pour se consacrer à son fils, un an durant. «En devenant maman, j’ai découvert l’amour inconditionnel. Un enfant, c’est ce qu’on a de plus intime, de plus cher, un miracle. A ce moment précis, ma vie a pris tout son sens et je me suis sentie vraiment femme.»

Joyeux anniversaire!

La suite? Après avoir tâté un peu d’import-export, Cristina se réinvente, ouvre l’une des premières agences parisiennes de relooking en 2002. Et de fil en (talons) aiguille s’impose à la télé et y brille en tant que bonne fée prête à sauver les Cendrillons en bisbille avec leur garde-robe... Enfin, toute dernière chose: jeudi 30 octobre, la divine fête ses cinq fois dix ans. Alors ce jour-là, les filles, on se pique d’éviter tout fashion faux pas. On vise le «sublaïïïme»!

Curriculum vitae

1964 Le 30 octobre, naissance de Maria Cristina Cordula à Rio de Janeiro (Brésil).

1994 Le 26 octobre, naissance d’Enzo, son fils unique, l’amour de sa vie. Cristina Cordula met alors un terme au mannequinat.

2004 Elle décroche sa première émission sur M6, «Nouveau look pour une nouvelle vie». Suivront «Les reines du shopping» dès 2013, «Cousu main» en 2014…

Questions d’enfance

Votre héroïneJ’étais fan de Wonder Woman. Pour moi, avec son diadème, ses bracelets manchettes, sa tenue supersexy, elle était la plus belle des superhéroïnes. En plus, elle cumulait toutes les vertus: elle faisait le bien, elle était très courageuse, énergique…

Une odeur d’enfanceLa lavande. C’était un genre d’eau de Cologne très fraîche et fort agréable dont je m’aspergeais après le bain.

Votre premier amourIl y a eu Luis, quand j’étais adolescente: une histoire platonique. Et le premier amour-amour-amour, qui remonte à mes 18 ans. Je voulais même l’épouser. Heureusement que j’y ai renoncé, puisque j’ai quitté le Brésil à 20 ans…

Un jouet féticheMon père m’avait rapporté d’un voyage une poupée américaine. Je l’adorais. Lorsqu’un jour l’un de mes cousins s’est attaqué à elle, la gribouillant complètement au stylo, j’en ai été inconsolable. Et j’ai détesté mon cousin.

Votre bonbon préféréC’était les «Frutele», qui ressemblent un peu aux petits Krema. Tendres et fondants, avec une saveur un peu différente, bien sûr. Aujourd’hui encore, même si je touche peu à ce genre de sucreries, il m’arrive de craquer.

Vos premières vacancesJe ne m’en souviens pas. Je me rappelle en revanche qu’avec ma mère on se rendait tous les jours à la plage. C’était notre rituel. On arrivait vers 7 heures, on profitait des bonnes heures de soleil puis on rentrait à la maison à 9 heures et demie; et je me préparais à aller en classe l’après-midi. C’était comme des vacances, mais quotidiennes.

Un vêtement dont vous étiez fièreDes petites robes qui m’étaient chères, j’en ai eu beaucoup… Celle qui était de loin ma préférée était jaune doré. Une vraie tenue de princesse! Je devais avoir 5 ans quand j’ai participé à un défilé pour une boutique: c’est là que j’ai eu la chance de la porter. Le rêve, pour une fillette!

Cristina Cordula sera à Genève (Hôtel Le Richemond) le mercredi 29 octobre 2014 afin d'animer un déjeûner «mode». Elle sera également au magasin Fnac de Genève (rue de la Rive) pour signer son dernier livre le mardi 28 octobre 2014 à 17h30.

Vicente de Paulo
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