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Impliquée de longue date dans le caritatif, elle s’engage aujourd’hui pour le microcrédit. Un soutien de prestige à l’autonomie des femmes, qui composent 88% des bénéficiaires de ce système.

Ce fut l’une des meilleures scènes du Festival de Cannes 2011, qui ne figurait pourtant dans aucun film en compétition. Et pour cause. La piquante prestation de Carole Bouquet avait lieu en dehors des salles obscures, dans l’une de ces arènes dorées de la Croisette où grosses fortunes du CAC 40 et personnalités du grand écran se confondent en un étrange flou artistique. Répondant à l’invitation de Jacques Attali, son ami depuis l’âge de 15 ans, l’actrice animait la première soirée de charité de PlaNet Finance, une ONG vouée au microcrédit fondée par l’économiste et écrivain en 1998. Le but de l’opération? Faire vibrer la corde générosité de ce gratin pour réunir le maximum de fonds. Avec le charme et la puissance de feu à la fois oculaire et verbale qui a construit sa légende, la maîtresse de cérémonie a accroché son auditoire de privilégiés. Parmi les parures de luxe, elle a proposé aux enchères une bouteille de son propre vignoble, à déguster en tête-à-tête avec elle… Les prix ont fusé sans convaincre la commissaire-priseur improvisée. «Pour 5000 euros, Messieurs, je ne dîne pas» fit-elle claquer au-dessus des tables dont la réservation à elle seule valait le double, avant de prendre définitivement dans ses filets un célèbre milliardaire, assis dans la salle: «Monsieur, je suis venue un jour dans votre bureau et ça ne vous a rien coûté…»

Repartis du temple du cinéma avec 300 000 euros pour la fondation, les deux copains ont remis ça en mai 2012. Défendre la cause de la microfinance, qui concerne d’abord les moins bien lotis de ce monde, au cœur d’un événement où arriver en Lamborghini est le minimum requis, il fallait oser. Même si cette démarche inspire aujourd’hui à la comédienne un sentiment mitigé: «Je ne suis pas persuadée que Cannes soit le meilleur endroit pour parler du microcrédit. C’était surtout l’envie de Jacques, qui désirait s’inspirer de ce que réalise chaque année au festival l’amfAR, la fondation américaine pour la recherche sur le sida, avec la présence de Sharon Stone. Je trouve l’idée un peu compliquée, mais j’ai accompli mon travail avec plaisir.» Raison pour laquelle la comédienne de 54 ans ne s’est pas cantonnée au rôle de people faisant la quête dans les bruyantes messes médiatiques. Parallèlement à la tenue de l’édition 2012 du festival, elle a ainsi fait paraître une tribune dans Le Nouvel Observateur. On y lit une véritable confession de foi pour la microfinance qui ne surprend pas venant d’une femme si soucieuse des autres.

Solidarité sans artifices

Depuis maintenant vingt-sept ans, celle qui devint une star mondiale en prêtant son regard minéral à Melina Havelock, la James Bond girl du bien nommé Rien que pour vos yeux, est la porte-parole de La Voix de l’Enfant, une association fédérative venant en aide aux bouts de choux de toute la planète. Si elle s’implique dans cette aventure, c’est par conviction et colère, révoltée contre un climat économique qui semble oublier les desseins des plus faibles. «Les banques ne prêtent pas, ou très rarement, aux petits projets. Si vous n’avez pas de garanties à donner, on ne vous cédera rien. Ici, ce sont des sommes minimes qui font boule de neige et permettent d’irriguer économiquement des villages entiers et même des régions. L’ironie de la chose, c’est que les bénéficiaires de microcrédit n’ont pas de problèmes de remboursement. Ce sont plutôt les riches qui ne remboursent jamais pour les pauvres!»

A l’origine de cette prise de conscience, la complicité avec Jacques Attali, dont la fondation était voisine des bureaux de La Voix de l’Enfant. «J’ai suivi les débuts de la microfinance avec lui. Il y a une quinzaine d’années, il me racontait ce qui était en train de se passer en Inde. J’étais enthousiaste, car cette démarche m’apparaissait comme une manière intelligente de participer au développement des peuples les plus fragiles, et de donner de vrais coups de pouce aux entrepreneurs peu favorisés des pays riches.»

L’espoir par le karité

Ni marraine ni ambassadrice de l’ONG, Carole Bouquet a tout de même voulu voir ça de plus près. Au début de l’année, elle entame un voyage qui la mène des tapis rouges cannois aux latérites orangées du Ghana pour rencontrer des productrices de beurre de karité. Toutes bénéficient de l’aide de PlaNet Finance. «Lorsqu’on me parlait de microcrédit, je trouvais déjà l’idée extraordinaire, mais après m’être rendue sur place et avoir vécu plusieurs jours avec ces gens, ma vision n’est plus la même. D’ailleurs, les moments où je suis le plus efficace pour La Voix de l’Enfant, c’est quand je vais sur le terrain, car là je sais vraiment de quoi je parle. Là-bas, j’ai vu 4500 femmes qui vivent toutes de la microfinance et leur niveau de vie a augmenté de 30% en un an. C’est énorme!

Les prêts accordés leur ont permis d’acheter des équipements de pointe, comme des téléphones portables pour suivre le cours de la bourse. Désormais, elles savent vendre au bon moment et ne se font plus avoir. Elles ont également acquis des moulins électriques qui les dispensent d’avoir à tout moudre à la main. Vous vous rendez compte que dans notre cuisine on a douze appareils ménagers! Elles, vous leur donnez un mixeur et ça révolutionne l’économie d’un village… Et puis, maintenant, les filles peuvent aller à l’école. Une belle revanche pour celles qui n’avaient jusqu’ici pas le droit à l’instruction.»

En dépit de son agenda chargé, conjuguant associatif, tournages et gestion de son vignoble en Sicile, l’actrice promet de repartir bientôt pour PlaNet Finance et de se faire le témoin des bienfaits du microcrédit. Une semaine cet hiver, pourquoi pas, si Jacques Attali le lui propose. En attendant, la voilà qui retourne se plonger dans Médée, un projet théâtral au long cours. Quant au prochain dîner de charité sur la Croisette, les VIP un peu pingres sont avertis, car avec tout ce qu’elle a vu, la maîtresse de cérémonie aura encore affûté ses répliques...

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